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Fier de ses racines

Portrait Le champion de 400m haies Kariem Hussein a du succès. Pas seulement dans le sport. Le futur médecin s'est acheté une maison et est prêt pour les Jeux de Rio. Aussi grâce à sa mère Vreni!

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Christoph Kaminski, Keystone
25 juillet 2016

Kariem Hussein se promène avec sa maman Vreni au bord du Rhin à Gottlieben (TG).


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Kariem Hussein (27 ans) a plus d'une corde à son arc: il y a deux ans, il s'est propulsé sur le devant de la scène sportive lors des Championnats d'Europe d'athlétisme à Zurich en remportant la médaille d'or sur 400 mètres haies. Il a refait parler de lui ce mois-ci en décrochant le bronze à Amsterdam. Au contraire de certains athlètes qui se consacrent exclusivement à leur sport, Kariem Hussein, né d'un père égyptien et d'une mère suisse, fait des études de médecine «à côté». Il entamera en septembre sa sixième et dernière année universitaire. Et ce n'est pas tout! «Du jour au lendemain, tu pourrais aussi aisément gagner ta vie en tant que mannequin», lui dit le photographe lors de notre rencontre dans son village natal de Tägerwilen, en Thurgovie. C'est ici, au bord du lac de Constance, qu'il a grandi et récemment acheté une maison. «Elle a 100 ans, mais j'y suis attaché», explique-t-il, «c'est la maison familiale de ma mère, où ma grand-mère a vécu pendant près de huit décennies.» La mère de Kariem Hussein, Vreni, est heureuse que la maison dans laquelle elle a tant de souvenirs reste dans la famille, même s'il ne subsistera plus grand-chose du bâtiment initial, à part les murs extérieurs, après la transformation. «C'est une rénovation complète», précise Kariem. Fenêtres, portes et cloisons, tout va être changé et déplacé en fonction de ses préférences. «J'aurais certainement pu participer aux plans si je l'avais voulu», remarque Vreni, «mais je lui fais entièrement confiance. Ça me plaît.»

Je peux bien m'imaginer retourner vivre un jour en Thurgovie»

Kariem Hussein (27 ans), champion de 400 m haies

Attaché à son canton d'origine

L'achat de la maison à Tägerwilen, un regard tourné vers la campagne? «Dans une certaine mesure, oui», répond Kariem qui, en tant que sportif de haut niveau, parcourt le monde entier pour les compétitions. «Tant que je m'entraîne et que je continue mes études, Zurich demeure mon port d'attache, mais je peux aisément imaginer retourner vivre un jour en Thurgovie.»
Quand? Seul l'avenir le dira, mais rien n'est sûr. Sa carrière d'athlète est à l'image de ses nombreux talents: extraordinaire. «Mon entraîneur dit qu'il faut une dizaine d'années pour intégrer les bases du 400 mètres haies.» Pourtant, Kariem ne s'est mis à l'athlétisme qu'à l'âge de 20 ans. Avant, il faisait du football et il était plutôt doué pour cette discipline. À 16 ans, il jouait déjà en 2e ligue: «Je n'étais pas le plus mauvais», dit-il avec une certaine modestie.

Kariem Hussein a remporté le bronze aux Championnats d'Europe, à Amsterdam.

Une ascension fulgurante

C'est surtout pendant ses années de foot que sa mère a joué son rôle de bonne fée. «À l'époque, je ne m'en rendais pas compte», avoue Kariem. «Quand je rentrais de l'entraînement, le repas était prêt et mes habits étaient toujours lavés.» Sa mère, amatrice de marche nordique, et son père, joueur de volley professionnel, ne lui ont jamais mis la pression. «Mais ils me soutenaient autant que possible.» C'est toujours le cas aujourd'hui.
Le passage du football à l'athlétisme n'était pas tout à fait spontané: «Je voulais continuer à pratiquer un sport de compétition parallèlement à mes études», explique Kariem Hussein. Toutefois, le cursus de médecine n'était pas vraiment compatible avec le calendrier d'entraînement de l'équipe de football. «Je me suis donc mis à l'athlétisme.»
Le résultat, on le connaît: une médaille d'or aux Championnats d'Europe après cinq ans d'entraînement. «Je ne sais pas du tout où j'en serais si j'avais commencé à 10 ans, voire même avant», remarque-t-il. Il ne serait pas nécessairement plus rapide: «Peut-être n'aurais-je plus l'énergie, ni l'envie ou la motivation.»
Ce n'est toutefois pas le cas, vraiment pas. Les Jeux olympiques de Rio se profilent maintenant à l'horizon (course de qualification le 15 août). L'objectif de Kariem Hussein: rejoindre les huit meilleurs en finale le 18 août. En 2015, lors des Championnats du monde à Pékin, il avait échoué à 0,05 s de la finale. Cette année, il est 9e au classement mondial de sa discipline. «Dès que tu arrives en finale, tout est possible», explique-t-il, «mais ça dépend aussi de ta forme ce jour-là!»

Kariem Hussein et sa mère Vreni sont actuellement les ambassadeurs suisses de la campagne «Merci Maman» de Procter & Gamble. C'est la troisième année consécutive que la multinationale valorise le rôle des mères qui accompagnent et soutiennent leurs enfants dans leurs efforts sportifs.

Avec sa mère lors de la rénovation de sa maison à Tägerwilen, en Thurgovie.

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