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Genres: «l'école doit clairement se positionner»

Professeure ordinaire en sociologie de l’éducation, Farinaz Fassa se penche depuis de nombreuses années sur les questions d’égalité et de genre.

04 mars 2019

Farinaz Fassa (60 ans)

Professeure ordinaire en sociologie de l’éducation à l’Université de Lausanne (UNIL)

La Suisse est-elle spécifique dans la répartition des métiers par genre?

Les professions sont genrées dans la plupart des pays. En revanche, il est intéressant d’étudier la manière dont on hiérarchise les professions. Dans le cas de l’éducation en Suisse par exemple, les métiers de la petite enfance sont féminins, et les grandes carrières universitaires masculines. Je dirais qu’il y a surtout un croisement entre les spécialités à hautes rémunérations et les sexes. On parle du plafond de verre pour les femmes et de l’escalator de verre pour les hommes.

Le schéma conventionnel a la vie dure en Suisse?

Oui, clairement. Il faut encourager les filles à aller vers des métiers techniques et scientifiques. Mais aussi encourager les garçons à découvrir d’autres professions possibles. Ça ne va pas que dans un sens. Pourquoi les unes et pas les autres?

La sensibilisation du corps enseignant est insuffisante?

Elle est inexistante. Les préjugés sont inconscients, d’où la nécessité de former. L’école doit se positionner pour combattre ces stéréotypes. Un exemple: lorsqu’un garçon se lance dans la coiffure, il est vu comme un créateur. Une fille? Coiffeuse. La ligne de partage du sexe est difficile à franchir et quand elle l’est à de rares reprises, les femmes sont à nouveau pénalisées.

Zoom: les métiers de l'égalité