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FAMILLE
LA REINE DES NEIGES 2

Voix de princesses

Les deux Françaises Charlotte Hervieux et Emmylou Homs prêtent leurs voix à Elsa et Anna. Retour sur le doublage de «La Reine des neiges 2».

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© Disney, DR
25 novembre 2019

Combien de temps avez-vous travaillé sur ce film?

EM – Trois à quatre jours chacune.

Seulement? Comment vous êtes-vous préparées?

CH – Ça a été tellement vite que je n’ai pas eu le temps de faire d’insomnies là-dessus. (Rires) Mon téléphone a sonné, on m’a dit: «Voilà c’est vous. Vous commencez dans quatre jours. Bienvenue en studio!» Aaaaah!

EM – Dans le doublage, on fait tout dans l’instant. On découvre le scénario et les chansons le jour même. On voit la scène en anglais, puis on la rejoue en français. On nous projette la scène avec la bande rythmo.

Charlotte Hervieux (30 ans) est la nouvelle voix de la reine Elsa. Maîtresse des écoles, elle s'est lancée dans la comédie musicale il y a dix ans et a appris le métier sur le tas.

La bande rythmo?

EM – C’est une bande blanche sur laquelle défile le texte synchronisé avec les mouvements de la bouche du personnage. Une barre rouge indique les mots à dire au bon rythme.

Vous demande-t-on d’imiter les voix originales?

EM – Non. Nous sommes vocalement très loin des voix anglophones d’Elsa et Anna (ndlr: Idina Menzel et Kristen Bell). Nous avons pu nous approprier les rôles et leur donner vie un peu différemment. C’est une adaptation.

CH – La directrice artistique nous a expliqué l’intrigue et les personnages. Ensuite, nous n’avons eu qu’à nous laisser porter par leurs émotions et ce qu’ils traversent, par leur quête. On a suivi le mouvement en quelque sorte.

Emmylou Homs (25 ans) était déjà la voix d'Anna dans le premier volet. Elle a débuté le doublage à 6 ans, et a aussi un groupe de country folk.

Vos proches vous ont-ils reconnues?

CH – En écoutant le teaser, des amis m’ont dit: «Tu as menti, ce n’est pas toi!» J’ai dû me défendre: «Mais si je vous jure!» (Rires)

EM – Je fais aussi des voix pour des jeux vidéo. Quand certains amis découvrent que c’est moi, ils ne voient plus leur jeu de la même façon! (Rires)

Ce n’est donc pas votre «vraie» voix que l’on entend?

EM – Ce n’est jamais la même. On se projette dans les rôles. Un comédien peut faire les voix de différents personnages sans qu’on le reconnaisse.

CH – Je n’ai pas modifié mon timbre, juste mon phrasé. Le sien est plus étiré. Ça suffit pour ne pas le reconnaître.

Avez-vous enregistré ensemble?

EM – Non. J’ai été opérée du genou pendant que Charlotte enregistrait. Trois jours après ma sortie d’hôpital, je suis allée en studio. J’ai enregistré assise, la jambe dans une attelle.

CH – C’était un challenge. Sur l’écran, je voyais défiler la phrase de «ma sœur» et devais y répondre. J’imaginais comment Emmylou allait la dire. Heureusement que je te connais un petit peu!

Quel personnage préférez-vous dans cette saga?

EM – Moi c’est le renne Sven. J’adore sa relation avec Kristoff.

CH – Et moi Olaf, le bonhomme de neige. Il est tellement drôle!

EM – Tous sont attachants. Il y a un vrai équilibre entre eux.

Comment expliquez-vous le succès du personnage d’Elsa?

EM – Elle a un truc magnétique…

CH – Mystérieux…

EM – Elle a des pouvoirs, des robes, une prestance… Le côté «je peux créer un palais de glace, je fais comme ça» (elle mime). On la voit aussi dans ses failles, sa fragilité… Elle a des pouvoirs mais elle est très accessible et humaine.

CH – Les petites filles se sont axées sur une héroïne qui n’est pas la princesse parfaite. Elsa est une femme, pas une princesse qui cherche le prince charmant. Elle a une quête personnelle. C’est un message important dans la société actuelle. On est fières d’incarner des héroïnes très fortes.

Et Anna, un rôle secondaire?

EM – Non, elles sont complémentaires. Anna, c’est la princesse parfaite, mais qui a des défauts. Elle se réveille le matin avec les cheveux hirsutes, elle bave, ronfle… C’est le côté comique et naturel, pieds dans le plat et boulettes.

CH – Je pense qu’il y a autant de petites filles qui se sont attachées à Elsa qu’à Anna. Chacune a sa préférée et parfois change de l’une à l’autre.

EM – Moi aussi j’ai eu des héroïnes différentes: Pocahontas, la Petite Sirène… Elles y sont toutes passées! Ici il y en a deux d’un coup.

Est-ce frustrant de ne pas connaître la célébrité de vos personnages?

EM – Notre récompense c’est de voir comment les gens sont embarqués par le film. On donne vie aux personnages, mais on reste anonymes. C’est précieux pour notre vie privée.

CH – Personne ne nous reconnaît quand on achète des légumes dans un magasin! «Allô, allô… La reine des neiges mange des légumes… Je répète…» (Rires)

Le doublage est-il votre activité principale?

EM – Oui. A côté je suis auteure-compositrice-interprète de country folk. Je chante sous mon nom.

CH – Trop classe! J’ai trop hâte de découvrir. Moi je fais de la comédie musicale.

«A 20 ans, je me suis dit: Et si je tentais quelque chose de fou?»

Charlotte Hervieux, 30 ans, comédienne

Venez-vous de familles d’artistes?

CH – Pas du tout: de sportifs et professeur des écoles.

EM – Moi oui: mon père est parolier et écrivain. Il a écrit pour Florent Pagny, Hélène Ségara… Ma mère fait du doublage de voix et est comédienne.

Et comment êtes-vous arrivées à faire du doublage?

EM – C’est une vocation. Je fais du doublage depuis que j’ai 5-6 ans et me suis toujours sentie à ma place. Je suis passionnée!

CH – C’est beau ce que tu dis! (Rires) J’ai eu mon diplôme de maîtresse des écoles à 20 ans. Avant d’entrer dans la vie active, je me suis dit: «Je suis jeune. Et si c’était le moment de tenter quelque chose de fou?» J’ai passé une audition pour entrer dans une école de comédie musicale à Paris. Et ça a marché. Quelques mois plus tard, j’ai fait ma première audition pour un rôle. J’étais tellement stressée que j’ai vomi partout. Mais j’ai été prise, et tout s’est enchaîné. J’ai appris sur le tas. C’est que ça devait être mon univers. 

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