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Chronique

Bâle silencieuse

11 mars 2019

La nuit avant l’aurore, le silence du peuple. Plus de lumières dans la ville. C’est un moment sacré, le Morgen­streich, un culte du silence, ville noire et muette. Une tension palpable, une incroyable ferveur sans mots. Mais sans dieux, c’est l’instant de l’émergence des siècles de tradition intelligente.

Les émotions me coulent aux yeux, la vie et l’ancienneté me sautent aux mirettes. Bouleversé par ces fifres qui m’auraient paru insupportables en d’autres temps. L’heure sonne à tous les clochers et s’allument les lanternes immenses, les cliques jouent dans un culte profane et déambulent d’un pas lent dans les rues.

L’humanité sait aussi se réunir dans le profane sans clamer, réclamer, cependant fustiger bellement. Avec une dignité qui nous serre la gorge. Il m’est évident que je vis un moment exemplaire que l’homme perpétue et conserve vivant avec foi. Bâle avec silencieux est une arme qui m’a avisé le cœur.