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Chronique

Le cours de Casimir

31 mars 2019

A quelle mémoire heureuse reviennent ces heures, dans cette salle de classe où entre deux cours les voix grimpaient dans l’air de nos dix-huit ans, dans le frottoir que l’on tapait sur le tableau noir et dans ces bouffées blanches de craie où se disséminaient les chiffres et les formules… La sonnerie tout à coup scalpait nos humeurs de potache. Et dans la lumière de ces matins, c’était cours de français avec Casimir Reynaud. Ce jeune maître d’alors, que dans la cour nous appelions Caso, allait révolutionner nos regards et nous confronter aux seuls textes (il nous avait tendu en incipit le «Salut» de Mallarmé, «Rien, cette écume, vierge vers…»), le voici qui dans l’heure de sa retraite mais dans une passion toujours neuve, qui publie, sous couverture rouge, une synthèse de son parcours. De son questionnement. Sur la langue, l’écriture, le texte. Le monde qui s’y construit. «A mes étudiantes et étudiants qui, sans le savoir, ont été, souvent, mes maîtres.» Tout un programme. Un discours œuvre, trace son cours.

«De la littérature et de son enseignement», Casimir Reynaud, Association Belzédicts, Editeur