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EDITO

Quand la neige devient précieuse

09 décembre 2019

Je me souviens d’un poème gag, sur les bancs d’école: «Le flocon, il tombe, il fond, quel con!» C’était il y a longtemps. Aujourd’hui, voir tomber la neige me détend. La neige est silence, calme et repos. Son manteau blanc transforme un simple paysage en authentique merveille de la nature. Elle est or blanc que les pauvres peuvent toucher et que les riches ne peuvent garder. Grâce à elle, nous restons d’éternels enfants, à s’étonner lorsqu’elle arrive. Oh, il neige! J’aime la voir tomber en ville aussi. A Noël surtout.

La neige fait partie de l’ADN helvétique. Telle une évidence, elle marque de son empreinte les cartes postales hivernales du pays. Une évidence qui l’est pourtant de moins en moins. Une Suisse sans neige? Pas de panique, ce n’est pas pour demain. Mais un jour peut-être, oui. Plusieurs indicateurs vont dans ce sens. Les données du professeur Grégory Giuliani, de l’Université de Genève, montrent que la neige est en recul en Suisse. Les statistiques de l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches, à Davos, révèlent de leur côté que le nombre de jours de neige en plaine a diminué de moitié en 50 ans. L’or blanc se fait ainsi de plus en plus rare. Stations de ski et professionnels du tourisme le savent et travaillent au changement de paradigme. Il serait donc dommage de perdre notre émerveillement à la tombée des flocons, même s’il faut peller ou mettre les pneus d’hiver. Même si un flocon, à la fin, ça fond. Y aura-t-il de la neige à Noël?