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Virus

23 septembre 2019

 

Le langage est gravement contaminé par un virus «anti-vaccin» qui se propage dans le français: en fait. En radio ça donne: «J’étais debout dans la rue en fait et j’ai en fait entendu une détonation en fait.» J’arrête, même de l’écrire car ça me gonfle. D’où vient ce tic? Pour remplacer: en réalité, en vrai, ou pour remplir de «non rien de rien» les mots des témoignages? Ça m’irrite. L’autre jour j’assistais devant mon magasin préféré à une rencontre fortuite entre deux ex-amis depuis longtemps pas revus. L’un racontait et l’autre ponctuait, force cool. Cool, cool, cool, cooooool enthousiaste. N’y aurait-il pas: en effet, oui je suis content pour toi, c’est génial, ce serait en français avec peut-être encore une autre équivalence: m’en fiche en fait. Mon texte n’est pas coooooool. Je ne le veux pas agressif mais il nous dit les dérives des expressions qui ne concernent pas l’Académie. Je ne fais pas le ménage mais j’ai envie de dire où le français me gratte. Ce ne sont pas les anglicismes qui – souvent – sont irremplaçables. Mais malheur aux tics de langage. Nos petits-enfants en sont affectés. En fait. Pas cool. Docteur? Pour moi un vaccin anti-rageole?