X

Recherches fréquentes

Les gens

David Lambert, un baroudeur devenu père de famille

Avec deux amis, l'ancien pro de la glisse David Lambert a lancé la marque de snowboard West. Un défi hors norme tout comme ce passionné de montagne.

TEXTE
PHOTO
Charly Rappo/arkive.ch | SP
24 novembre 2014

Après sa carrière de snowboardeur, David Lambert sest reconverti en agent commercial pour différentes marques de sport de glisse.


Lancer une marque de snowboard en Suisse, c'est un sacré défi. Comment est née l'idée?
C'est un rêve d'adolescent. Le déclic est venu d'un investisseur qui m'a mis en rapport avec deux copains qui partageaient la même idée. Il nous a donné carte blanche pour aller de l'avant. On a pu construire des moules, payer les factures de l'usine et passer du rêve au produit concret.

Dans votre trio d'associés, chacun amène son expérience…
Que cela soit Matt Rouiller, Michel Kropf ou moi, cela fait 25 ans qu'on fait du snowboard. Matt vend des planches depuis quinze ans et s'y connaît au niveau des technicités. Il nous aiguille sur les nouvelles tendances et sur ce qui marche bien. Michel a aussi travaillé pendant quinze ans dans le business et dessiné des snowboards et des skis. Il s'occupe de la construction des modèles (moules, matériaux). Pour ma part, en tant qu'ancien snowboardeur pro et agent commercial, je suis l'ambassadeur du produit et m'occupe de tout ce qui est marketing.

Loutil de travail de lagent commercial

Comment s'est goupillée votre carrière professionnelle de boardeur?
C'est un hasard. Après mon apprentissage, j'ai travaillé dans une entreprise et cela n'a pas du tout collé en termes de relations humaines. Après deux mois, ils m'ont remercié. C'est la meilleure chose qui pouvait m'arriver puisque depuis là, j'ai fait du snowboard non-stop jusqu'en 2007.

Vos hauts faits?
À travers les compétitions, j'ai beaucoup voyagé. Principalement en Europe et en Scandinavie. Puis, dans l'hémisphère Sud: Nouvelle-Zélande, Chili et Argentine. J'ai fait mes meilleurs résultats sur des événements en Suisse. Au niveau international, j'étais dans le top 50 sur 12 000 riders. J'ai assez rapidement mis les compétitions de côté pour m'investir dans tout ce qui était photos, vidéos et événementiel. J'officiais dès lors comme snowboardeur indépendant.

En 2005, départ pour l'Amérique du Sud.
Oui, j'ai pris un billet d'avion aller simple et je suis revenu en 2007. Un baroudeur, toujours avec son snowboard. Cela m'a permis d'apprendre l'espagnol et de vivre quelque chose d'autre. J'ai fait le Chili, l'Argentine, la Bolivie et le Brésil.

Les spécificités de vos snowboards?
Notre collection est éclectique. On a décidé d'avoir un design très spécifique à chaque modèle et de travailler avec des artistes indépendants de la région. Les modèles freestyle (saut, half-pipe, snowpark), allround (polyvalent) et freeride ne semblent pas être de la même marque. C'est notre mojo: un design très accrocheur pour chaque type de clients.

Un des snowboards West: La Hache

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes qui veulent lancer leur entreprise?
Allez-y, foncez! Ces dernières années, il me semble qu'il y a quand même plus de gens qui se lancent qu'auparavant. Mais, en Suisse, on est un petit peu frileux par rapport à ça. C'est un peu dans l'état d'esprit helvétique de vouloir une sécurité et de ne pas oser vraiment faire son truc. Mieux vaut regretter de s'être loupé que d'avoir des remords de ne l'avoir jamais fait!

Un livre que tout snowboardeur doit lire?
Il faut au moins avoir lu un livre sur les risques d'avalanches.

Et une vidéo?
«Subject Haakonsen» (voir la vidéo en bas de page). Le Norvégien Terje Haakonsen est une légende du snowboard. Ce film représente le mieux l'état d'esprit du snowboard tel que nous l'aimons et nous voulons le transmettre à travers notre marque. Ce côté un petit peu outsider, hors norme.

L'état d'esprit du snowboard, selon vous?
C'est un savant mix de culture urbaine très skate, quelque peu hors-la-loi, avec la passion de la nature et de la montagne. Pour certains, cela va être plus côté urbain et pour d'autres plus 100% nature ou haute montagne. Le snowboard arrive à réunir ces gens dans la même famille.

Votre philosophie?
Juste avant de devenir père, c'était: on verra demain. Freestyle et très positif. Aujourd'hui, j'ai plus de réflexion sur ce que je fais par rapport à mes responsabilités familiales. Le jour d'aujourd'hui a commencé quand je suis devenu père!

Vous faites principalement du freeride?
J'essaie de plus en plus, mais c'est vrai que je suis tellement passionné que je vais snowboarder l'été, l'automne et, à cette période-là, on n'a pas le choix, il n'y a que les glaciers. Pour le freestyle aussi, si je veux aller faire du snowpark, je me retrouve en station. Et, avec mes enfants, je vais aussi plutôt sur les pistes qu'en poudreuse.

Et vos coups de cœur de montagne?
Là où il n'y a personne!

1979 Naît à Châtel-Saint-Denis (FR); un CFC en sérigraphie. Premiers sponsors à 16 ans.

1999 Devient snowboardeur pro (saut et half-pipe). Après deux ans en Amérique du Sud, il raccroche en 2007.

2009 Se marie avec Sarah. Ils sont parents de Jules et Lucie. Ils habitent dans un chalet à Chamby (VD).

2013 Il lance la marque West avec deux amis. Leurs snowboards sont distribués en Suisse et en Norvège.

www.westsnowboarding.com