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Pourquoi faites-vous une série TV?

La réalisatrice vaudoise Véronique Reymond signe en duo une série, «A livre ouvert». Elle évoque sa famille, ses projets, sa ville.

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Darrin Vanselow
01 septembre 2014

Véronique Reymond, à Lausanne sur un lieu de tournage de sa série Port dOuchy Passerelle du Grand Pont Tennis club dEpalinges Le Flon Av. Villamont, Lausanne Place de la Riponne Le Bibliobus sur le Pont Bessières François Morel, Rue Haldimand Rue de Genève Rue du Vallon, Lausanne Eglise de Vullierens Marion Duval et Baptiste Gillieron, Esplanade de la Cathédrale Hameau de Commeire, près dOrsières en Valais Rond-point de la rue Centrale, sous le pont Bessières, Lausanne Métro Délices Vue générale de Lausanne

Port dOuchy

Passerelle du Grand Pont

Tennis club dEpalinges

Le Flon

Après le théâtre et le cinéma, pourquoi vous être lancée dans la réalisation d'une série télé?
Rien n'a été calculé! Avec Stéphanie Chuat, on suit un fil invisible consistant à trouver des moyens d'expression qui nous correspondent à chaque étape de notre vie. On s'apprêtait à aller au Festival de Locarno pour présenter notre long métrage, on a vu le concours de la RTS pour une série télé. On y a participé sans trop y croire.

Avant cette aventure, vous n'aviez jamais vu de série télé. Pourquoi?
C'est vrai, ça ne m'intéressait absolument pas. J'aime les films. Car il y a la pensée et la vision d'un réalisateur, sur un laps de temps limité. Quand on va au cinéma, on entre dans un monde et on en ressort en ayant reçu quelque chose qui va nous accompagner parfois très longtemps, alors qu'avec les séries – certaines sont d'ailleurs prodigieuses – on entre dans une addiction qui me dérange parfois. Je vois le procédé technique lié à cette systématique d'addiction. Mais j'ai découvert les séries en écrivant la nôtre. C'est très intéressant comme moyen d'expression, dans le travail d'écriture qu'elles impliquent.

Autrefois genre mineur, les séries télé sont devenues un phénomène de société, un référent culturel. Un argument?
Pas du tout! C'est une suite de hasards et de rencontres qui a motivé notre choix. Et le désir d'explorer une nouvelle discipline.

La série «A livre ouvert» a pour univers une bibliothèque. Cela peut paraître sérieux.
Eh bien, ça ne l'est pas du tout! C'est plutôt un décor, qui nous fascine, qui permet l'émulation de tout un petit monde, à huis clos. Ce qui nous intéresse, ce sont les gens. Ça aurait pu se passer ailleurs. Mais la bibliothèque, même si ce n'est pas le sujet central, ouvre sur un questionnement: quel est l'avenir du livre, avec le numérique, qu'est-ce que la littérature, pour les gens?

La série est tournée à Lausanne, et votre long métrage, une histoire universelle, l'était aussi en Suisse. Est-ce un impératif? Une marque de fabrique?
Ce n'est pas un impératif, mais Lausanne est la ville que je connais le mieux. Elle regorge d'endroits très intéressants. Lausanne offre à la fois de l'urbanité et la présence de lacs et de montagnes.

Réalisatrice, vous êtes aussi comédienne, dans votre série. C'est beaucoup, non?
Ce n'était pas prévu. Il fallait une majorité d'acteurs suisses – une exigence de l'Office fédéral de la culture et de la RTS. Je me suis lancée, après avoir donné la réplique à un comédien, pour le casting. L'avenir me dira si je continuerai à travailler comme comédienne. Je mets actuellement plus d'énergie à réaliser mes projets qu'à chercher du travail comme comédienne.

Dans le duo de réalisatrices avec Stéphanie Chuat, votre amie d'enfance, quels sont les rôles?
Ils évoluent. Il y a vingt ans, on avait besoin d'égalité, dans la création, la mise en scène, et même le nombre de répliques sur scène. Aujourd'hui, Stéphanie est aussi très bonne en relations publiques. Quant à moi, je continuerai à écrire.

Une scène de «A livre ouvert»

Où trouvez-vous votre inspiration?
Partout! Comme je suis plutôt réservée et timide, j'aime davantage observer que parler. Ma famille est une immense source d'inspiration – de mes grands-mères jusqu'à maintenant. Elle a un sens de l'accueil très fort, une grande ouverture d'esprit. Ma mère était directrice d'un petit théâtre, elle est atypique et d'une générosité rare. A accueillir, écouter, prendre le temps, ne pas juger a priori une personne qu'on ne connaît pas.

Qu'est-ce qui vous fait vous lever le matin?
Bonne question. Ça dépend des saisons. Le fait de travailler avec Stéphanie chaque jour sur de nouveaux projets, chez l'une ou chez l'autre: il n'y a pas un matin où je n'ai pas envie d'y aller.

Quels sont vos prochains projets?
Un long métrage de fiction et un documentaire, Ces dames, qui nous tient très à cœur. Il s'agit du portrait de cinq ou six femmes veuves ou célibataires, à l'aube de la retraite, soit ces âges où on peut encore changer de vie, alors qu'on penserait que tout va gentiment s'éteindre. On a envie de rencontrer des femmes qui partageraient un projet de vie vécu comme un second souffle. On voudrait donner une autre image de la société qui se féminise à ces âges-là.

Que serez-vous dans dix ans?
J'espère que je serai un peu plus évoluée, que j'aurai appris et compris des choses! Et que j'aurai toujours la curiosité et l'envie de créer des projets artistiques.

1971

Naissance. Aujourd'hui comédienne et réalisatrice.

2006

Rôle dans «Les Amours d'Astrée et de Céladon», dernier film d'Eric Rohmer.

2010

Réalisation de «La petite chambre», premier long métrage, avec Michel Bouquet.

2014

Série TV «A livre ouvert». Dès le 30 août, le samedi, à 20 h 10, sur RTS Un.

Née. Le 31 mars 1971.

Lieu de résidence. Lausanne.

Cuisine. «J'aime beaucoup, ça me détend. Je ne pars pas dans des grands trucs très élaborés, mais j'aime préparer des currys, comme j'ai beaucoup voyagé en Asie, et des soupes à la citronnelle. Et j'aime tout ce qui est cuisine italienne. Ou encore faire du pain, quand j'en ai le temps, ou des muffins. Je fais tout à ma façon, je ne peux pas m'empêcher d'improviser des choses!»

Voyage. «Je rentre d'Espagne, car je n'en pouvais plus du froid, et que je voulais découvrir les châteaux de Castille.» Le prochain voyage? «J'ai envie d'aller à New York, car notre film «La petite chambre» y sortira fin septembre. J'ai vécu là-bas plusieurs mois, quand j'avais 23 ans et que j'y suivais des cours de chant, tout en assistant à des cours dans des écoles de théâtre. C'est un rêve de jeunesse que mon propre film passe dans un cinéma new-yorkais.»

Loisirs. «La peinture – j'aime beaucoup l'expressionnisme allemand. Mais j'adore aussi jardiner. Je vais aussi reprendre le yoga. J'ai beaucoup de loisirs. Ils font complètement partie de ma vie.»

Un proverbe qui lui sied. «Tout vient à point à qui sait attendre.»

http://www.chuat-reymond.com/