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«Toutes les mères sont courageuses et incroyables»

Interview La star au sourire légendaire fait merveille en mère courage dans «Wonder», son nouveau film coup de cœur. Rencontre avec l'éternelle «Pretty Woman».

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Dale Robinette, Getty Images
18 décembre 2017

Julia Roberts dans Wonder, qui sort le 20 décembre sur les écrans romands. Elle interprète Isabel, la mère dAuggie, né avec une malformation faciale.


Interview

Le temps a manifestement peu d'emprise sur l'éternelle Pretty Woman de 50 ans, qui a par ailleurs été élue pour la cinquième fois cette année «la plus belle femme du monde» par le magazine People. Son secret de beauté, c'est peut-être le bonheur. «La vie est belle», aime à répéter la comédienne dans la publicité pour le parfum dont elle est l'égérie.

Épouse depuis 15 ans du caméraman Daniel Moder, elle a eu trois enfants avec lui: les jumeaux Phinnaeus et Hazel, âgés de 13 ans, et Henry, qui a 10 ans. Très sélective quant aux choix de ses films, l'actrice oscarisée a eu un vrai coup de cœur pour Wonder qui cartonne outre-Atlantique et sort le 20 décembre dans les salles de Suisse romande.

Avant de devenir un drame touchant et drôle à l'écran, ce best-seller jeunesse écrit par R.J. Palacio avait emballé l'Américaine qui l'avait lu à ses enfants. Puis, elle avait fait savoir à son agent qu'elle souhaitait participer à son adaptation au cinéma. C'est l'histoire d'Auggie Pullman (Jacob Tremblay), un petit garçon né avec une malformation du visage due à une maladie génétique. Préférant éviter les
regards, il se promène partout avec un casque d'astronaute sur la tête. Sa mère, Isabel (jouée par Julia Roberts), lui dévoue toute son attention et l'élève à la maison, entourée de son mari (Owen Wilson) et de sa fille. Jusqu'au jour où, malgré ses appréhensions, elle se décide à envoyer son fils à l'école.

Conçu par son auteur comme une réflexion sur la bonté, Wonder est autant une ode à la différence qu'un plaidoyer pour l'empathie et la tolérance. Un «feel good movie», comme on dit en anglais, soit un film qui fait du bien. Et dans lequel l'actrice fait merveille en mère courage.

Bonjour Julia…
Bonjour Miguel, de Suisse. Voilà quelque chose que je n'entends pas tous les jours. Êtes-vous vraiment Suisse?

Oui, de Suisse romande. Parlez-vous français?
No français…

Vous savez quand même dire «La vie est belle»…
Ah oui, c'est tout le français dont j'ai besoin! (Elle éclate de rire)

Félicitations pour ce beau film. Vous aviez adoré le livre et souhaitiez vraiment jouer dans cette adaptation. Qu'est-ce qui vous a le plus touchée dans cette histoire?
Quand j'ai commencé à lire le livre, j'ai découvert Auggie en train de se décrire, de présenter son univers et sa famille et de raconter différentes histoires sur son clan.
Puis, j'ai tourné la page et le nouveau chapitre était intitulé «Via», le prénom de sa sœur, ma fille dans le film. Et tout à coup, j'ai découvert ses expériences et ses histoires qui se chevauchent avec celles d'Auggie. J'ai fait mieux connaissance avec elle et avec sa famille mais de sa perspective. J'ai trouvé que cela était une façon divinement intelligente de susciter l'empathie, sans pour autant l'exagérer.
Juste en nous faisant partager le point de vue de Via et en laissant les gens réaliser: «Oh, en fait, elle n'est pas une méchante sœur. Via voulait passer une soirée seule avec sa mère parce qu'elle avait un problème dont elle souhaitait parler.»
J'ai trouvé ça tellement fin, tellement beau.

Vous incarnez une mère très courageuse et dévouée. Vous identifiez-vous à Isabel? Dans la vie, êtes-vous plutôt stricte, cool, mère poule?
Je suis plutôt stricte. Je ne pense pas que je surprotège mes enfants mais je suis assez sévère. Je crois que mon mari et moi créons un bon équilibre. Il a tendance à dire: «Non, grimpe un peu plus haut» et moi, je me cramponne au bras de mon époux en pensant: «Oh, est-ce que c'est OK?»
Mais je trouve que toutes les mères sont courageuses et incroyables. On doit être courageuse pour guider une jeune personne dans le monde.

Comment pensez-vous que ce film peut aider les enfants qui sont victimes d'harcèlement à l'école?
Vous savez, le harcèlement est un sujet tellement compliqué. J'ai trois enfants et c'est quelque chose dont nous parlons à la maison. Je pense que ce film est un formidable objet de discussion pour la famille.
L'objectif qui, je l'espère sincèrement, est atteignable c'est que tout enfant se sentant harcelé parle à un adulte et
ne garde pas ça pour lui. Je crois qu'il s'agit du premier pas pour résoudre le problème, le comprendre, guérir et avancer. L'enfant doit parler à ses parents ou un instituteur, à un adulte qui puisse servir de médiateur dans la situation.

La vie peut basculer en un instant. Alors il faut serrer les siens un peu plus fort et les aimer »

Quels conseils donneriez-vous aux parents se trouvant dans une situation semblable à celle de votre personnage dans le film, c'est-à-dire avec un enfant qui n'est pas comme les autres?
Je dirais qu'il existe une centaine de personnes qui leur donneraient de meilleurs conseils qu'une actrice américaine. Mais je pense que toutes les familles sont différentes et certaines doivent s'occuper de membres qui exigent une attention toute particulière.
Je ne peux pas imaginer ce que c'est de se retrouver dans cette situation. Chaque famille tente de faire de son mieux avec les connaissances à sa disposition et de donner à chacun de ses membres autant d'amour que possible au quotidien.
Et ce que je trouve dur dans le monde actuel, même si j'essaie d'y voir un aspect positif, c'est que, tristement, on réalise quasiment tous les jours comme la vie peut basculer en un instant. Alors il faut serrer les siens un peu plus fort et aimer sa famille un peu plus vigoureusement parce que les jours sont courts.

Quand avez-vous eu l'idée de réunir votre famille pour lire des livres à haute voix?
Ce n'est pas mon invention. Je ne peux pas m'en attribuer le mérite. Petite, mon père nous lisait déjà des histoires au lit avant de nous endormir. C'était l'heure des câlins, un moment spécial et douillet. Écouter le son de la voix de nos parents est une jolie façon de tomber dans les bras de Morphée. Sauf que quand mes enfants m'ont dit: «Maman, arrête de prendre des voix différentes. Contente-toi de lire l'histoire», j'étais vraiment déçue!

Curieusement, il existe un lien entre «Wonder» et «Pretty Woman», non?
Oui, le producteur David Hoberman. Il avait produit Pretty Woman. Nous ne nous étions plus revus depuis l'époque. Quand j'ai appelé mon agent pour offrir mes services à celui qui réaliserait Wonder, il m'a informé par la suite que David était l'un des producteurs du film.
Je me suis dit: «Quoi?» Nous sommes donc allés déjeuner ensemble et avons arrangé tout ça.

Quels conseils donneriez-vous aujourd'hui à la jeune femme que vous étiez à l'époque de «Pretty Woman»?
Je ne crois pas que j'avais besoin de conseils. Je pense que j'avais la tête bien sur les épaules. Et puis j'ai eu tellement de chance d'être dans les mains et les bras de Garry Marshall (ndlr: le réalisateur de Pretty Woman, décédé l'an dernier). Il n'y a absolument rien que je changerais chez cette fille.

Puisque «Wonder» sort au cinéma le 20 décembre en Suisse romande, que représente Noël pour vous et comment le fêtez-vous?
Noël est pour moi synonyme de famille. C'est aussi génial pour les cadeaux!
Mon truc préféré, ce sont les bas de laine de Noël. Et puis c'est une occasion en or de faire bonne chère.

Le sourire contagieux de Julia Roberts: «Noël est pour moi synonyme de famille. C'est aussi génial pour les cadeaux!»

Née le 28 octobre 1967 en Géorgie (États-Unis), Julia Roberts se fait rapidement remarquer à Hollywood où son frère Eric est déjà un acteur connu. Le monde entier tombe sous le charme de la star dans le film «Pretty Woman» (1990). Elle restera longtemps l'actrice hollywoodienne la plus populaire au box-office et la mieux rétribuée. Irrésistible dans des comédies romantiques comme «Coup de foudre à Notting Hill» (1999), la comédienne a été oscarisée pour son rôle dans «Erin Brockovich» (2000).

Aujourd'hui, Julia Roberts tourne en moyenne un film par an pour mieux se consacrer à sa famille. Elle est mariée depuis juillet 2002 au caméraman Daniel Moder, avec lequel elle a eu trois enfants.

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