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INTERVIEW
CINéMA

«Du cœur et de l'âme en abondance»

L’actrice et chanteuse américaine Hailee Steinfeld illumine «Bumblebee», un nouvel épisode qui relance la saga «Transformers». Rencontre avec un jeune talent qui place la barre très haut.

TEXTE
23 décembre 2018

Hailee Steinfeld (22 ans) incarne Charlie dans «Bumblebee», la voiture-robot à qui elle redonne vie et dont elle devient l'amie.

Talent précoce, Hailee Steinfeld s’est fait une place à Hollywood et dans la pop. Nommée aux Oscars à 14 ans pour son premier film (le western «True Grit», des frères Coen), la jeune actrice et chanteuse s’est illustrée depuis dans la saga musicale «Pitch Perfect» et dans les charts. On la retrouve à présent dans «Bumblebee», reboot très réussi de la saga «Transformers» qui revient sur l’histoire de l’Autobot jaune et nous replonge dans les années 1980. Elle y incarne Charlie, une ado californienne déboussolée par la mort de son père qui découvre une Coccinelle en piteux état dans une décharge. Alors qu’elle la ramène dans le garage de ses parents pour la réparer, la mécanicienne en herbe réalise qu’il ne s’agit pas d’une auto ordinaire mais d’un robot attachant avec qui elle se lie d’amitié. L’Américaine de 22 ans est épatante dans ce film de science-fiction tendre et drôle inspiré par Steven Spielberg et rythmé par une bande originale nostalgique. Rencontre dans un club privé berlinois.

Avez-vous vu les cinq volets de «Transformers»?

Oui, je suis une immense fan de la saga. Sortir d’une salle obscure avec l’impression qu’on a vécu une sacrée expérience, c’est tout le sens du cinéma pour moi. Ces films ressemblent à une virée en montagnes russes et sont super exaltants. Aller au cinéma en général est une de mes occupations favorites et j’aimerais pouvoir le faire plus souvent.

N’avez-vous pas le sentiment que la saga s’est essoufflée au fil des épisodes?

Je pense qu’on va voir ce genre de film pour se divertir et en prendre plein la vue. Ce que «Bumblebee» a de spécial, c’est qu’il a du cœur et de l’âme en abondance. Si des gens ont le sentiment que ces choses manquaient aux épisodes précédents de la saga, j’espère qu’ils les trouveront dans ce film.

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Qu’est-ce qui a vous a séduite en particulier dans ce reboot?

Il raconte l’histoire d’une jeune fille, en passe de devenir adulte, qui cherche son identité, sa place dans le monde et sa voie, pour ainsi dire. Et dans cette aventure il y a beaucoup de tendresse, de moments comiques et de chagrin.

Charlie est un garçon manqué. Est-ce que sa force vous parle?

Absolument. Je ne pense pas qu’on doive forcément être un garçon manqué pour donner l’impression d’être forte mais c’est vrai qu’elle a des goûts très particuliers et des manières garçonnières. Cela dit, je trouve que Charlie change au fil de l’histoire. Elle se découvre de plus en plus. Il serait intéressant de voir ce qui lui arrive après la fin du film.

Etes-vous à l’aise avec une boîte à outils?

Je pourrais me débrouiller, oui. Réparer des voitures n’est pas mon fort mais je suis sûre qu’en faisant appel à mon bon sens, j’arriverais à résoudre le problème!

La Coccinelle est-elle votre genre d’auto?

Je ne sais pas pourquoi mais en grandissant j’ai toujours eu envie que ma première voiture soit une Coccinelle. J’ai donc pu réaliser mon rêve pendant quelque temps en tournant ce film!

Avez-vous hésité à accepter ce rôle à cause du défi qu’il représentait? Vous n’aviez pas de robot en face de vous pendant le tournage mais le vide…

C’est drôle parce que je n’ai réalisé ça qu’après avoir dit oui. J’ai accepté le rôle immédiatement parce qu’on tuerait pour avoir une telle opportunité. Et puis quand on se préparait à tourner, j’ai eu peur de devenir folle à force de parler à une balle de tennis pendant trois mois! (Une balle de tennis accrochée à un bâton guide l’acteur pour jouer face à un personnage créé plus tard avec des effets spéciaux.) Je n’avais jamais fait ça. J’ai eu d’habitude de la chance avec mes partenaires à l’écran parce qu’ils m’ont aidé à me surpasser. Donc oui, j’ai pensé que cela n’allait pas être facile. Et je ne pouvais même pas demander à un comédien de lire les répliques de Bumblebee parce qu’il ne parle pas!

Comment vous êtes-vous préparée dans ces conditions?

J’ai créé toute une histoire du personnage dans ma tête et beaucoup discuté avec Travis Knight, le réalisateur. On a collaboré étroitement pendant le tournage parce que s’il ne m’avait pas expliqué clairement ce qui se passait dans chaque scène, je n’aurais pas su comment jouer. Il a dessiné un story-board pour chaque plan du film. Sans ça, je n’aurais pas su à quoi ce robot ressemblerait ou quelle serait sa taille. Pour la scène dans le garage où je découvre Bumblebee pour la première fois, il a fait venir un homme perché sur des échasses pour que j’aie une idée de la façon dont il bougerait autour de moi parce qu’il y a des limites à ce que je peux faire seule.

Avez-vous été surprise en voyant le résultat final à l’écran?

Dès l’instant où l’on a bouclé le tournage jusqu’au jour où j’ai vu le film, j’ai prié pour que ma performance fonctionne. Je me souviens que dans la salle de projection, j’ai eu l’impression de découvrir un film dont je n’avais jamais lu le scénario. C’était très excitant et j’ai été ravie du résultat.

La musique joue un rôle important dans ce film et dans votre vie. Celle des années 1980, c’est votre truc?

J’ai grandi en écoutant plein de genres musicaux et d’époques différentes donc les années 1980, je connais. Et chaque fois que j’ai l’occasion de plonger dans un nouvel univers musical, je m’éclate. J’ai d’ailleurs pu écrire une chanson pour la BO du film, ce qui était super cool.

Votre garde-robe sur le tournage contenait des t-shirts de Madonna et Debbie Harry. Quels ont été vos modèles en grandissant?

Madonna et Debbie Harry font partie des quelques femmes que j’admire pour leur force et leur musique aussi. Mais c’est dans ma famille proche que j’ai trouvé mes modèles: ma mère, ma grand-mère et même mon père et mon frère. Je suis le bébé de la famille, donc j’ai eu la chance d’avoir plein de gens autour de moi pour me guider et m’aider.

Elle est actrice et chanteuse: Hailee Steinfeld, née le 11 décembre 1996 à Los Angeles, a été révélée à 13 ans dans le film des frères Coen, «True Grit».

Votre père et votre oncle sont profs de fitness. Soulevez-vous de la fonte depuis toute petite?

Mon Dieu, non! Mais mon père s’entraîne avec moi et m’apprend le fitness. Il est absolument incroyable dans son job. C’est génial et vraiment inspirant d’avoir grandi en cultivant la forme et en l’observant lui et sa discipline de fer.

Comment avez-vous attrapé le virus de la comédie?

Je ne sais pas d’où ça vient. Entre 6 et 8 ans, j’ai essayé plein de types de danse et de sports différents. Je n’arrivais pas à savoir ce qui me plaisait. Puis j’ai découvert qu’un cousin tournait des spots publicitaires et vu un ami de la famille jouer dans une pièce de théâtre à l’école. Tout d’un coup, l’idée d’être sur scène ou à la télé est devenue plus réelle à cause d’eux. Je me souviens d’avoir fait irruption dans la chambre de mes parents en hurlant: «Je veux passer à la télé!» Je n’avais aucune idée de ce que cela exigeait ou signifiait. Je savais juste que j’avais vu mon cousin à la télé dans notre salon et qu’il fallait que j’y passe aussi. Ensuite, j’ai pris des cours de comédie et persévéré. J’avais abandonné tous les sports et types de danse mais je n’ai pas lâché les cours d’art dramatique.

Etre nommée aux Oscars pour votre premier film a placé la barre très haut pour vous, non?

En effet, trouver le rôle suivant a été compliqué. Même maintenant, je suis très difficile et il faut qu’il représente quelque chose pour moi. J’aime prendre mon expérience dans «True Grit» com- me référence et me demander: «Le défi est-il semblable? Aurai-je la même satisfaction avec ce rôle?» Je me sens très chanceuse d’avoir débuté à ce niveau-là.

Et Noël, c’est important pour vous?

Bien sûr. C’est ma période préférée de l’année. Avec tout ce qui se passe dans ma vie en ce moment, je suis excitée comme une puce.

 

Hailee Steinfeld et sa chanson «Most Girl»

Hailee Steinfeld et son clip «Starving»

La bande-annonce du film Bumblebee