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INTERVIEW
JAMIE DORNAN

«Mon père est un de mes héros»

Sex-symbol malgré lui avec la trilogie «Cinquante Nuances», Jamie Dornan se frotte à la légende de Robin des Bois. L’acteur irlandais évoque le mythe, son héros de père, ses valeurs. Et sa vie de famille à la campagne.

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Getty Images | Ascot Elite Entertainment
26 novembre 2018

Il a été mannequin et musicien: l'acteur Jamie Dornan (36 ans) est à l'affiche de «Robin des Bois».

Dans la trilogie «Cinquante Nuances», il a fait fantasmer des millions de femmes en incarnant le riche et pervers Christian Grey. Jamie Dornan laisse désormais sa cravache au vestiaire et passe à autre chose. L’acteur irlandais de 36 ans se frotte au film d’action avec «Robin des Bois», en salle le 28 novembre. Dans cette adaptation moderne et musclée de la légende anglo-saxonne, il interprète le rival du justicier encapuchonné (Taron Egerton) qui vole aux riches à coups d’arc pour donner aux pauvres. Lors de notre rencontre à Londres, le beau gosse a l’ongle d’un doigt d’une main peint en pourpre. «C’est ma couleur préférée. Et l’œuvre de ma fille», explique le fier papa de Dulcie (4 ans) et Elva (2 ans). Son épouse, l’actrice et chanteuse Amelia Warner, attend un troisième enfant.

Quelle place occupe Robin des Bois dans vos souvenirs d’enfant?

Lorsque je jouais dans mon jardin, l’histoire de Robin des Bois se glissait toujours dans mes jeux sous une forme ou une autre. J’ai aimé toutes les versions cinématographiques que j’ai vues. J’adore l’aspect théâtral et kitsch du film d’Errol Flynn. L’un de mes meilleurs souvenirs au cinéma, c’est «Robin des Bois, prince des voleurs» avec Kevin Costner (ndlr: sorti en 1991). Ce conte fait partie de ton ADN lorsque tu viens d’ici. Tout le monde connaît une version de la légende donc c’est réjouissant de participer à une nouvelle adaptation.

Pourquoi le public aime-t-il autant voir l’homme du peuple lutter contre l’injustice et la corruption du gouvernement?

Parce que ce sont des choses auxquelles nous sommes confrontés quotidiennement et pratiquement partout. La notion d’injustice et le fait que les riches continuent de s’enrichir font partie de la vie. Quand on montre un personnage et sa bande en train d’essayer de lutter contre cette réalité, les gens peuvent s’y identifier. Et si on arrive à s’amuser en même temps et rendre ça divertissant, c’est cool. Mais le message reste très clair: Robin des Bois répare des injustices. Ça parlera toujours aux gens.

Jamie Dornan est Will Scarlet dans le «Robin des Bois» d'Otto Bathurst.

Comment décririez-vous votre personnage, Will Scarlet?

Lui et Robin, c’est un peu le yin et le yang. Will est un homme du peuple qui lutte pour sa cause et puis, cet autre gars débarque et affirme que c’est lui qui lutte pour le peuple. Will ne réagit pas très bien à ça. En plus, il y a un triangle amoureux entre lui, Robin et Marianne. Si on a la chance de tourner une suite, l’évolution de Will Scarlet promet d’être très excitante. A la fin de ce film, on voit mon personnage opérer une volte-face complète.

Qui sont à vos yeux les héros qui contribuent à changer la société aujourd’hui?

Il y en a tellement. On vit une période très propice au changement. Je vois des campagnes formidables dans tous les domaines pour qu’un changement nécessaire se produise dans la politique à grande et petite échelle. Je suis en faveur de toute personne qui se rebelle contre le système et essaie de changer les choses et des croyances archaïques. Par exemple, là d’où je viens, en Irlande et Irlande du Nord, on s’efforce de changer les lois sur l’avortement. Mon père milite passionnément pour le droit à l’avortement chez nous. Donc je dirais que mon père est sûrement un de mes héros.

Mais encore?

Il y a aussi un grand désir de changement dans mon industrie qui est totalement nécessaire. Et c’est réjouissant d’être témoin de cela. J’ai deux filles et je pense que tous les changements qu’on opère en ce moment pour soutenir les femmes dans toutes les industries sont une bonne chose et auraient dû se produire il y a longtemps. Mais je veux que mes filles grandissent dans un monde où elles seront plus respectées que les femmes ne l’ont été jusqu’à présent, pas seulement dans l’industrie bizarre où je bosse mais dans tous les lieux de travail.

Comment pouvez-vous contribuer à promouvoir ce changement?

Je me dis toujours que tout commence avec notre propre comportement. Etre gentil, ce n’est pas difficile. Je peux accorder mon soutien à n’importe quelle cause mais je crois que souvent la manière de vraiment changer les choses est de le faire de l’intérieur de mon industrie. J’ai été élevé de façon à traiter tout le monde de la même manière: homme, femme, enfant, Noir, Blanc, tout le monde. Je défends cette idée et cet esprit. La plupart des plateaux de tournage sont comme ça. On tombe parfois sur des brebis galeuses mais la plupart des tournages sont des environnements généreux et justes. Cela dit, on peut absolument en faire plus pour éliminer les inégalités de traitement et de salaires.

«Le message est très clair: Robin des Bois répare des injustices»

 

Vous dites ne pas aimer la célébrité. Et en faire usage pour une bonne cause?

Je viens juste de devenir le parrain d’une nouvelle organisation caritative qui signifie beaucoup pour moi (ndlr: Pancreatic Cancer UK, qui vient en aide à ceux qui souffrent d’un cancer du pancréas. Sa mère en est décédée). Si je peux apporter mon soutien à une cause en laquelle je crois, alors oui, c’est une bonne chose.

Etes-vous à l’aise avec la notoriété mondiale que vous a apportée la trilogie «Cinquante Nuances»?

J’essaie de l’ignorer, pour être tout à fait honnête. Ma famille et moi vivons à plein temps à la campagne, loin de tout. Je dois parfois venir à Londres et souvent aller à Los Angeles mais nous avons pris la décision de ne pas exploiter le fait que les gens me reconnaissent parce que c’est un aspect de mon job que je n’aime pas particulièrement. Et parce que je veux protéger ma famille et plus particulièrement mes enfants autant que je le peux. J’ai l’impression d’avoir bénéficié du fait que je suis devenu célèbre à la trentaine parce que j’avais déjà de bonnes bases. J’ai le même groupe d’amis depuis l’âge de 10 ans et j’en connais même certains depuis mes 4 ans. Ils s’en fichent éperdument de mon boulot. Si j’avais déménagé à Hollywood à 20 ans et décroché tout de suite un rôle dans un blockbuster, les choses auraient peut-être tourné différemment, parce qu’on est très impressionnable à cet âge-là.

Pour revenir à Robin des Bois, croyez-vous au romantisme du film avec Kevin Costner et de sa chanson originale, «(Everything I Do) I Do It For You»?

Hum, non. OK, c’est une belle idée et je pense que l’amour tel qu’il est représenté dans le film est important. C’est bien que les gens puissent imaginer que l’amour est fort et il l’est.

J’ai découvert cela dans ma propre vie. Je ne pourrais pas être plus heureux dans ma situation amoureuse mais je trouve que c’est dangereux de dire aux gens qu’il n’existe qu’une seule personne pour nous. C’est un message dangereux et très répandu!

Possédez-vous le single de Bryan Adams, sorti en 1991?

Mon Dieu, j’avais 9 ans! Non, le premier single que j’ai acheté a été «Do The Bartman», de Bart Simpson.

Le single de Bryan Adams a été numéro un pendant seize semaines ici. Je pense que c’est contre ça qu’on lutte avec ce film. Il y a plein de gens qui demandent à quoi sert un nouveau film de Robin des Bois justement à cause de cette chanson et du fait que cette version-là a été un succès monstrueux. Tout le monde la connaît. Ça me rend encore plus déterminé à offrir quelque chose de neuf aux gens et à essayer de leur faire sortir cette chanson de Bryan Adams de la tête!