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Interview de Brigitte Rosset: «On peut rire de 
tout avec amour»

Brigitte Rosset est en tournée avec «Les Amis», un spectacle qu’elle a concocté avec Frédéric Recrosio. Elle nous parle de l’amitié, de sa famille et des fêtes de fin d’année qu’elle passera bien sûr avec des amis. 

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Patrick Gilliéron Lopreno
17 décembre 2018

Brigitte Rosset 
(48 ans): «J’adore mes solos, mais je n’ai jamais voulu faire que ça, c’est chouette de pouvoir partager la scène.»

Brigitte Rosset fait rire depuis des 
années, la plupart du temps dans des one-woman-shows. Sur scène, la Genevoise de 48 ans est pétulante et solaire. Elle l’est aussi lors de notre rencontre, ce caractère accentué par la veste jaune qu’elle porte. Cette couleur symbolisant l’amitié est un choix judicieux puisque son spectacle en duo s’intitule «Les Amis – misères et splendeurs du sentiment amical». En pause avant de reprendre 
la tournée en janvier, l’humoriste s’est prêtée au jeu de l’interview, forcément marrante, mais aussi profonde. 

Vous êtes toujours décontractée et marrante?
Mes trois enfants vous diront que non! (rires) Je suis plutôt une bonne nature, mais je ne suis pas tout le temps décontractée et je ne suis pas vraiment un clown. J’aime beaucoup observer aussi.

Vous êtes actuellement sur scène avec Frédéric Recrosio. Vous aimez jouer seule ou accompagnée?
J’aime les deux. L’un enrichit l’autre. J’adore mes solos, mais je n’ai jamais voulu faire que ça, c’est chouette de pouvoir partager la scène. Ce n’est d’ailleurs pas mon premier duo. On est très heureux du spectacle «Les Amis». Ce n’est pas du cabaret avec des sketchs, mais une espèce de conversation sans fin, 
qui est loin d’être sans fond!

«Je suis plutôt une bonne nature, mais 
je ne suis pas tout le temps décontractée»

 

Avez-vous connu plus de misères ou plus de splendeurs en amitié?
Plus de splendeurs, les misères s’oublient, c’est ma nature, j’oublie plus facilement ce qui est négatif. Mais il y a de 
la misère car, au fil du temps, on peut avoir des déceptions. On ne reconnaît plus certains amis, peut-être parce qu’on change aussi. D’autres partent, meurent, sont malades, ce qui est moins courant à 20 ans.

Frédéric Recrosio et vous êtes amis depuis quand?
On s’est très souvent croisés dans des festivals, mais on est devenus amis il y a une dizaine d’années en Valais lorsque nous jouions avec d’autres comédiens «Le Béret de la tortue». On a beaucoup rigolé et on s’est dit qu’on devrait faire un jour un spectacle tous les deux.

«Les Amis» a-t-il changé vos relations?
C’est un accélérateur de rapports, on se connaît mieux maintenant. Dans la création d’un spectacle, il y a des moments rigolos, et d’autres de doutes, de fâcheries, de désaccords, ce qu’on n’avait pas vraiment traversé avant.

Donc, l’amitié entre un homme 
et une femme est possible?
Nietzsche, qu’on cite au début du spectacle, dit que oui, mais il ajoute qu’il faut le concours d’une petite antipathie physique pour la maintenir. Parfois, on me demande ce que je n’aime pas chez Fred. En amitié, on ne fait pas attention aux petits défauts de l’autre, contrairement à ce qui se passe dans un couple. 

Vous avez d’autres amis dans ce milieu?
Oui, notamment Jean-Luc Barbezat, notre metteur en scène, et la comédienne 
Sibylle Blanc. J’en ai aussi dans d’autres professions. Ce qui est bien, car si on reste entre nous, on devient bêtes!

Combien de vrais amis avez-vous?
L’adage dit qu’on peut les compter sur les doigts des mains, je pense que j’ai deux mains de vrais amis.

Quelle est la plus belle preuve d’amitié que vous ayez reçue?
Peut-être quand Sibylle m’a dit que je 
devenais nulle.

Pardon?
C’était à une époque où je n’allais pas bien, où je ressassais les mêmes histoires. Elle m’a écoutée gentiment et, à un moment, elle m’a dit: «Ça suffit! Je ne te reconnais plus, tu deviens fatigante. Tu es quelqu’un de positif, de joyeux, va de l’avant.» J’ai trouvé ça formidable. Elle a pris le risque de me blesser ou de me fâcher, elle n’avait rien à gagner, à part m’ouvrir les yeux.

Sur qui pouvez-vous compter dans les moments difficiles?
Mon amoureux, ma famille et mes amis. J’ai dit cet ordre-là, mais ça dépend du souci. Je ne parlerais pas à des collègues, sauf si ce sont des amis.

La comédienne Brigitte Rosset lors de notre interview à Genève. 

Brigitte Rosset & famille

Brassens chantait «les copains d’abord», mais pour vous qui êtes maman, ce serait plutôt la famille d’abord?
Oui, mais faut-il vraiment mettre quelque chose d’abord? Imaginons que je sois à l’audition de piano de mon fils 
et que je doive sauver un copain qui 
va sauter par la fenêtre. Ce serait les 
copains d’abord. Mais si on m’appelle à l’école en me disant que ma fille vient de tomber alors que je suis sur le point de partir à Tahiti avec mon meilleur ami, 
ce serait ma fille en premier. C’est donc les priorités d’abord!

Vos enfants veulent-ils devenir comédiens?
Je ne crois pas. Mon aîné, Léon (21 ans)fait des études de jazz. Ma dernière fille, Charlotte (13 ans) disait un temps qu’elle voulait être comédienne, mais je crois qu’elle veut être Youtubeuse. Mon autre fille, Clémentine (15 ans) est passionnée par les chevaux, elle n’aime pas se mettre en avant. Leur papa, dont je suis séparée, est lui aussi comédien. Peut-être qu’ils sont saoulés par tous les spectacles qu’on les a emmenés voir.

Vous réunirez famille et amis 
à Noël?
J’irai aux Diablerets, là-bas, il y aura la famille et quelques amis, dont Jean-Luc Barbezat, qui y vit à l’année. Ce que 
je préfère à Noël, ce sont les cadeaux, pas seulement en recevoir, mais en faire. J’aime m’y prendre à l’avance, afin que 
ce ne soit pas la course à la dernière 
minute. Parfois, je les achète pendant mes vacances d’été.

Que ferez-vous à Nouvel-An?
En plus d’être à la montagne, je serai à la RTS: je présenterai l’émission (enregistrée à l’avance) qui nous fera basculer en 2019, avec Nana Mouskouri et Alexandre Jollien parmi les invités. En général, 
j’essaie de me coucher tôt le 31 pour me lever tôt le 1er janvier. C’est chouette de finir l’année en faisant la fête, mais c’est mieux de commencer la nouvelle en montant en peaux de phoque dans la neige que d’avoir la gueule de bois.

Donc, vous ne faites pas d’excès?
Ça, c’est la théorie! (rires) Ce qui est sympa le 31 décembre, c’est cuisiner toute la journée tous ensemble. Du coup, on n’a plus faim le soir parce qu’on n’a 
fait que grignoter! 

Vous aimez cuisiner?
En pâtisserie, je suis nulle parce qu’il faut respecter exactement les instructions. Par contre, en cuisine, j’adore faire des mélanges, inventer des choses, car je 
déteste lire des bouquins de recettes. C’est parfois raté. 
Quand c’est réussi, souvent je ne sais plus comment j’ai fait, donc je n’arrive pas 
à reproduire le plat! J’aime beaucoup faire à manger quand j’ai le temps et que ce n’est pas une obligation. 

 

Questions bonus à l'humoriste Brigitte Rosset

Y a-t-il des sujets que vous n’aimez pas aborder dans vos spectacles?
Si je ne les aborde pas, c’est qu’ils ne m’inspirent pas. Je pense qu’on peut rire de tout si c’est fait avec amour. Je me moque surtout de moi-même, j’ai ri de ma dépression, je me moque de l’âge, des femmes. Aujourd’hui, on ne peut plus faire de blagues misogynes, mais moi, j’ai le droit! Par contre, les gens qui balancent des trucs horribles et qui se justifient en disant «c’est de l’humour», je ne suis pas d’accord. L’humour, c’est compliqué. Si un sujet me plaît, mais qu’il peut blesser, je le laisse tomber. Avec Fred, on parle de nos amis dans le spectacle, on n’avait pas envie de les vexer, on a donc changé les noms et les situations. Si on aborde un sujet, c’est qu’il a une dimension universelle, ce n’est pas une attaque contre quelqu’un.

Qu’est-ce qui vous fait rire?

Les conversations dans les cafés, les gens dehors. L’être humain est tellement riche. Mes enfants me font hurler de rire. Ils sont adolescents, c’est drôle.

Un comique que vous appréciez particulièrement?

Louis de Funès. Sans doute parce qu’on regardait ses films en famille, je voyais mes parents rire et être contents que je rie. Quand je vois ses films avec mes enfants, je ne sais pas si je ris de ce qui se passe à l’écran ou de mes souvenirs de rires. J’aime sa méchanceté et les situations dans lesquelles il se retrouve. J’apprécie également beaucoup Pierre Richard, sa naïveté et sa maladresse. J’adore les jeux de mots, mais, en général, ils ne me font pas rire. La politique non plus, car je ne la connais pas très bien et, pour rire, il faut avoir les références.

Vous avez une journée type?

Elles sont différentes presque chaque jour, ça dépend s’il y a des répétitions, une tournée. C’est assez agréable, j’ai de la liberté avec ces horaires irréguliers. Pour les enfants, ça a parfois été un peu compliqué. Mais c’est plus dur pour les parents qui partent de la maison à 6h30 ou 7h00 et qui rentrent le soir. J’ai beaucoup de chance d’avoir du temps, ce qui me permet, comme aujourd’hui, de discuter un lundi après-midi.

Pendant que vous posiez pour notre photographe, vous avez dit que vous faisiez du Pilates (une méthode de gym douce). Vous pratiquez d’autres activités?

J’ai mal au dos parce que je fais de la course à pied, le Pilates me fait du bien. Sinon, j’aime beaucoup être dehors, marcher. Je me réjouis de faire de la randonnée à ski à peau de phoque, j’adore la montagne, j’y vais dès que je peux.

Votre compagnon a aussi des enfants. Pendant les fêtes, ce doit être animé chez vous!

Il en a quatre. Il a 53 ans, mais il est déjà grand-papa. On ne se réunit pas forcément au complet. On a des rapports formidables, mais la famille recomposée, ça ne veut rien dire pour moi. On peut s’entendre très bien, mais la compagne de papa ou le compagnon de maman n’ont pas un rôle de parents; il n’y a qu’une mère et qu’un père. Et dire «ma belle-mère», non, c’est la grand-mère de mes enfants. Les grands-parents n’ont pas demandé à ce que le conjoint ou la conjointe de leur enfant soit dans leur vie. Je vais en parler avec Alexandre Jollien, philosophiquement, c’est intéressant (rires)!

Avez-vous d’autres projets professionnels?

Au printemps, on aura une petite pause dans la tournée avant de reprendre en juin et de continuer jusqu’en novembre. Pendant ce break, je vais créer avec d’autres comédiens un spectacle de Robert Sandoz sur les migrants, «Le Dragon d’or».

Votre type de nourriture préféré?

J’aime aller dans des restaurants japonais, érythréens, libanais, coréens ou encore maghrébins. Et italiens. J’ai envie de me rendre en Italie juste pour manger, pas pour acheter des sacs!

Vous avez débuté votre carrière il y a trente ans. Quel regard portez-vous sur votre parcours?

Je ne pensais pas que c’était un vrai métier, qu’il était possible d’en vivre. A un moment, on m’a donné un salaire pour jouer sur scène. Et ça dure. C’est super et ça m’étonne. Rencontrer les bonnes personnes au bon moment a été décisif. J’ai beaucoup de chance.

Toutes les dates de la tournée «Les amis» http://www.spectacle-lesamis.ch/

 


CONCOURS

Gagner des places pour le spectacle «Les amis» : 3x2 places pour voir «Les Amis» le 24 janvier 2019 à la Salle Recto Verso de Grône, et 3x2 places pour le 6 février 2019 au Théâtre du Reflet de Vevey.

 

La bande-annonce du spectacle «Les amis» 

 

Vidéos d’anciens spectacles de Brigitte Rosset