« Le public américain est très réceptif » Bastian Baker | Coopération
X

Recherches fréquentes

Les gens

« Le public américain est très réceptif » Bastian Baker

Bastian Baker est en tournée mondiale avec Shania Twain. Il nous parle de sa relation avec la star, de ce qu'il vit en Amérique, du rêve qu'il réalise. Et de la Suisse, où il reviendra avec un nouvel album, le quatrième, cet automne.

PHOTO
Christoph Kaminski
02 juillet 2018
Bastian Baker, 27 ans, joue en première partie dans la tournée mondiale de Shania Twain, durant 6 mois et pour plus de 80 dates.

Bastian Baker, 27 ans, joue en première partie dans la tournée mondiale de Shania Twain, durant 6 mois et pour plus de 80 dates.


Vous êtes depuis près de deux mois en tournée avec Shania Twain. Comment le public américain réagit-il à la première partie du concert où vous avez la scène pendant une demi-heure?
Tout se passe pour le mieux! Le public semble ravi tous les soirs, ainsi que la presse! Certains fans m'écrivent à l'avance maintenant pour savoir quelles chansons je jouerai dans leur ville, pour les apprendre par cœur.

Dites-nous comment vous vous sentez avant les concerts et au moment où vous chantez devant des milliers de personnes?
Avant le concert il y a de l'excitation surtout, j'essaie de me distraire en visitant les villes où nous sommes, les restos, les rues typiques, pour ne pas trop penser à ce qui m'attend le soir! Une fois sur scène, c'est uniquement du plaisir! Le public américain, ou au moins celui de Shania Twain, est très réceptif et je m'éclate!

Vous avez été souvent invité à des émissions TV. Mais qu'est-ce qui est différent en Amérique?
J'ai fait de la télé un peu partout, de la Suisse à la Thaïlande en passant par la Belgique et la France. Ce n'est donc pas trop «nouveau» pour moi, même si effectivement c'est un autre niveau «d'entertainment». Je me suis préparé aux interviews télé avec une coach à Nashville. Ici, pas le droit à l'erreur!

Bastian Baker, un Suisse dans la cour des grands et une carrière qui décolle…

Vous avez vécu des rencontres importantes?
Je rencontre surtout des grands noms du business de la musique, comme Rob Light, l'un des CEO de l'agence CAA, une des plus prestigieuses agences de booking. Forcément que toutes ces rencontres m'aident à positionner mon nom sur la carte nord-américaine. Shania Twain et moi avons un ami commun, le comédien Carrot Top (ndlr: de son vrai nom Scott Thompson) qui est une célébrité aux USA. Il est venu nous rendre visite au show à Tampa en Floride. 

Vous êtes maintenant au Québec. On s'y intéresse particulièrement à vous parce que vous parlez français?
J'ai déjà joué plusieurs fois au Québec et j'adore ça! Je parle français entre les morceaux, et puis chante mes chansons en anglais, ce public bilingue est vraiment l'un de mes favoris!

Il y a des fans romands qui vous suivent dans cette tournée?
Pour l'instant, un seul de mes amis de Suisse a pu voir le show. Je ne suis pas au courant de la présence de fans ayant fait le déplacement spécialement pour me voir, mais j'ai aperçu des drapeaux suisses dans la salle, notamment à Fort Lauderdale. Plusieurs spectateurs, surtout suisses allemands, se sont déjà manifestés pendant mes premières parties.

Dans la rue ou dans les médias, les Romands réagissent différemment des Alémaniques?
Je ne réfléchis pas vraiment à ces choses. La langue change évidemment, et je suis heureux de pouvoir passer du français au suisse allemand aisément. Mais sinon pour moi il n'y a jamais eu de röstigraben, je reçois simplement énormément de soutien et d'amour de la part des deux côtés de la Sarine.

J'ai aperçu des drapeaux suisses dans la salle, en Floride»

Bastian Baker, chanteur

Qu'est-ce qui vous manque le plus de Lausanne?
C'est surtout les amis et la famille. Et avec l'été, je regrette de ne pas pouvoir me rendre à tel ou tel BBQ, ou à un après-midi sur le lac. Mais en même temps, la fête est encore plus belle quand je rentre au bercail quelques jours. Je ne peux pas me plaindre d'être en tournée mondiale, de jouer dans des stades tous les jours, c'était mon rêve et je le vis!

Justement, comment est née l'idée de faire la première partie de Shania Twain?
Ça ne s'est pas fait du jour au lendemain. Avant tout, il faut dire que nous sommes de bons amis. J'ai fait la connaissance de Shania il y a six ans au Montreux Jazz Festival. Au cours d'un repas au chalet de Claude Nobs, nous étions assis à la même table. Par la suite, elle est venue me voir en concert à Paléo avec sa famille.

Elle s'était prise d'affection pour vous?
Shania s'intéressait vraiment à ma musique. Elle m'a même donné quelques conseils. Lorsqu'elle a décidé de repartir en tournée, je lui ai dit que si elle avait besoin de quelqu'un pour assurer sa première partie, je serais enchanté de le faire. Bien entendu, je n'étais pas le seul sur les rangs! S'en sont suivies de longues discussions avec son manager et l'organisateur de la tournée et, au final, elle a jeté son dévolu sur moi.

Et comment se déroulent les concerts?
J'interprète quelques chansons en m'accompagnant à la guitare et ensuite, nous chantons en duo «Party For Two». Elle souhaite me présenter chaque soir à son public en précisant que je suis un ami proche et l'un de ses artistes préférés. C'est déjà un sacré compliment! Son mari (ndlr: Frédéric Thiébaud, cadre chez Nestlé) est aussi très sympathique. Il ne cesse de mettre au point de nouvelles stratégies pour doper ma carrière.

Qu'admirez-vous tout particulièrement chez Shania Twain?
Avec ses 90 millions d'albums vendus et ses cinq Grammys, Shania est incontestablement une artiste exceptionnelle. Mais j'ai tendance à l'oublier lorsque je vais la voir chez elle et que je la vois assise sur son canapé en jogging, avec une casquette de baseball vissée sur la tête. Ce n'est que lorsque nous nous rendons à des cérémonies officielles que je réalise à nouveau qu'elle est une superstar. Sa vie mouvementée est vraiment digne d'un scénario hollywoodien! (rires)

C'est elle qui vous a ouvert les portes de Nashville, où vous avez enregistré votre dernier CD?
Elle m'a organisé une rencontre avec Jacquire King, le producteur de quatre titres de son dernier album. Comme c'est plutôt cher de travailler avec quelqu'un comme lui, je me suis dit qu'il ne produirait qu'une seule de mes chansons et que grâce à son travail et à son nom, ce titre deviendrait un tube. Mais il se trouve que mes chansons lui ont plu et qu'il m'a trouvé sympa. Du coup, pour le même prix, il a décidé de produire trois morceaux de mon album. Cette collaboration a notamment donné naissance à mes deux derniers singles «Love On Fire» et «All Around Us».

C'est dans ce titre «All Around Us» que se trouve cette phrase «Let the love be great again» qui ressemble étrangement au slogan de Trump – si ce n'était son contenu…
Vous êtes le premier à le remarquer! Cela m'étonne que personne ne m'en ait encore parlé. Au départ, nous avions écrit «Make love great again», puis nous avons modifié cette phrase en raison de sa connotation trop négative. Aujourd'hui, je me réjouis déjà à l'idée que les fans chantent ce refrain à tue-tête avec moi!

Vous aurez la possibilité de revenir chez vous pendant cette tournée avec Shania?
Oui, bien sûr. En août, j'ai bien l'intention de me la couler douce, par exemple au bord du lac…

Site officiel de Bastian Baker

-

Bastian Baker dans sa tournée de Shania Twain

-

Visionnez et écoutez le teaser de «Love On Fire»

-

Ecoutez «All Around Us»

-

Une video de Bastian Baker interviewé au Texas lors de la tournée de Shania Twain et de sa première partie (en anglais)

-