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Interview
Jean Bastide

Une BD intemporelle

Le nouveau «Boule & Bill» vient de sortir. Rencontre ensoleillée avec son dessinateur Jean Bastide, qui nous parle aussi bien de bande dessinée, de famille que de cuisine!

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Patrick Lopreno
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Alain Wey / Morgane Roth
12 novembre 2018

Il converse avec cet accent occitan du sud-ouest de la France qui pointe sur la ville pittoresque d’Albi, où il vit avec sa famille. Lui, c’est Jean Bastide, le dessinateur qui perpétue les aventures de «Boule & Bill» depuis 2016. Il publie ces jours son 3e album sur les personnages créés par Roba en 1959, «Y a d’la promenade dans l’air». Aussi bien en lisant la bande dessinée qu’en le rencontrant, une vague de bonne humeur vous emplit l’esprit. Alors qu’il vient de la BD dite réaliste, il a réussi avec brio à entrer en osmose avec le style gros nez franco-belge. 

Jean, vous qui êtes le dessinateur de «Boule & Bill», avez-vous un chien?
Non. Je n’ai jamais été habitué à en avoir un à la maison. Mais j’ai deux filles et c’est déjà bien engageant! Par contre, le scénariste Christophe Cazenove est un amoureux des chiens et c’est le fait d’avoir lu «Boule & Bill» durant l’enfance qui lui a donné envie d’en avoir un! 

Quel est votre personnage coup de cœur de la BD?
Ça reste Bill. C’est le plus expressif, forcément, c’est lui qui fait l’histoire et amène tout le côté exubérant et rigolo.

Mais c’est vrai que depuis quelque temps, je me suis pris d’affection pour le père. Le fait de devenir papa moi-même m’a amené une certaine filiation avec ce personnage!

Cette nouvelle BD, dites-nous-en quelques mots!
Le précédent album, «Symphonie en Bill majeur», tournait autour des thématiques qui me sont propres et donc de la musique. Cette fois-ci, on gravite vraiment autour de Bill et de ses amis chiens.

Qu’est-ce qui vous a décidé à prendre le relais des dessins de «Boule & Bill»?
C’est une conjoncture assez impressionnante. Tout s’est goupillé à merveille et c’est aussi un peu l’histoire de ma vie. Je travaillais sur la mise en couleur de la BD «Griffe blanche – tome 3», dessinée par Olivier Taduc, c’étaient mes premiers pas chez Dargaud. La responsable de cet album m’a ensuite proposé de faire un essai sur «Boule & Bill».

De quelles façons ces deux personnages influencent votre manière d’appréhender la vie?
J’ai toujours eu la tête dans les nuages;  je fais aussi ce métier pour m’évader et ne pas trop penser à ce qui se passe en France et dans le monde. C’est vrai que c’est un peu un refuge. J’ai récemment lu une interview de Roba et il parlait exactement de la même chose. Ces personnages-là, c’était une respiration pour lui, parce qu’il avait cette possibilité de se lever tous les matins et d’être dans sa petite bulle de bien-être avec ses personnages, dans ce côté bucolique et hors du temps!

Parlez-nous de ce côté hors du temps, de ces gags intemporels.
C’est une volonté de la veuve de Roba de maintenir «Boule & Bill» dans une espèce de non-temps. Il n’y a pas de smartphones. Le seul truc qui amène une
modernité, c’est la position de la femme. La maman de Boule, on l’a modernisée à travers ses vêtements, ses coiffures, sa façon de se tenir et de parler!

Quelle est votre journée type?
Je me lève aux alentours de 8 heures et je prépare ma grande fille (5 ans) pour l’amener à l’école. Ensuite, de retour à la maison, je commence à travailler. Parfois, je m’occupe aussi de la petite (2 ans) pour que ma compagne puisse se reposer, parce que les nuits sont difficiles. En gros, je me mets à bosser au maximum à 10 heures. A 13 heures, je mange rapidement et je reviens au boulot à 14 h 30 après être allé à la muscu. Dès 18 heures, je m’occupe de mes filles, j’essaie d’être un papa assez présent. Une fois qu’elles sont couchées, je me remets au boulot de 20 h 30 jusqu’à 22 heures, voire 23 heures. C’est adaptable, ça fait partie de la souplesse de notre métier!

Quel est votre plat préféré?
J’en ai plein. Je suis tout de même tenté de dire la raclette. Avec une bonne raclette, je suis bien! Le problème, c’est que j’ai des allergies aux produits laitiers. Je chope de l’eczéma et tout… Mais de temps en temps, je fais des écarts!

Et vos filles, de quoi raffolent-elles?
Comme leur père, elles kiffent le fromage!

Quelle spécialité leur cuisinez-vous?
J’ai des origines bretonnes, je suis donc un grand spécialiste des crêpes!

Vous évoquiez avant la musique parmi vos passions…
Oh oui, j’adore la musique irlandaise. Je joue de la flûte traversière, de la corne-muse irlandaise... En fait, de tout ce qui peut se jouer. Je suis hyper curieux. Je  fais aussi un peu de violon. J’apprends tout seul en me documentant!

Quelle est votre philosophie de vie?
Vivre pleinement. Je suis quelqu’un de très simple en fait. J’aime les petits bonheurs de la vie au quotidien et j’essaie de ne pas me prendre trop la tête avec des trucs matériels!

Et celle de Bill (le chien)?
Bizarrement, je serais tenté de dire la même chose. Il y a un peu de Bill en moi et de moi en Bill. C’est une BD qui est tout à fait dans cet esprit-là. J’ai beaucoup
de plaisir à y aller, parce qu’elle prône le plaisir de vivre simplement et met en évidence ce qu’il y a de bon dans l’humanité!

De topographe en construction, comment êtes-vous venu à la BD?
Depuis tout gamin, j’ai toujours voulu en faire. En fait, si ça avait été vraiment possible, je pense que je ne serais pas du tout allé à l’école! Les études que
j’ai faites, c’était contraint et forcé. J’ai trouvé la formule la plus calme, qui me permettait d’assurer le minimum. Aussi pour rassurer mes parents!

Dites donc, mais vous jouez aussi à la pétanque, non?
Oui, oui. C’est une de mes grandes passions. Je participe aux qualifications en doublette pour les championnats du Tarn (ndlr: région à l’est de Toulouse)!

Forcément avec un bédéiste, difficile de ne pas évoquer le cinéma. Quels sont donc vos films préférés?
Si je ne devais en citer qu’un – vous allez rigoler, ça serait «Retour vers le futur», la trilogie qui a bercé mon enfance!

Quels sont vos traits de caractère, forcément agréables?
Oui, je pense être quelqu’un de généreux. Mais si on pose la question à ma compagne, je ne vais pas y couper, la première chose qui viendra: «Il est gentil, mais tête en l’air!» C’est vrai que j’oublie la moitié des trucs et je ne suis jamais très concentré sur ce qu’on me dit!

Justement l’humour: avez-vous un gag à nous raconter?
Euh… non! En fait, je ne suis pas quelqu’un de très drôle! (… et il rit)

Concours

Venez participer à notre concours et tentez de gagner ses deux dessins inédits de Boule et Bill. Délai de participation: lundi 19 novembre 2018, 16 h. Il y a aussi des BD de «Boule & Bill» à gagner. 

Pour participer: www.cooperation.ch/concours