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INTERVIEW
FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT

«Le salut ne vient pas de Messi»

Prêtre, professeur de théologie à l’Université de Fribourg, arbitre de foot, musicien – il est prof de guitare, chanteur, chef de chœur –, François-Xavier Amherdt prend la balle au bond et nous parle de l’événement de Noël, nouveau départ et renaissance.

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DARRIN VANSELOW
19 décembre 2019
L'abbé François-Xavier Amherdt (62 ans), professeur, musicien, arbitre, lançant la balle de Noël à la chapelle  St-Justin, à Fribourg.

L'abbé François-Xavier Amherdt (62 ans), professeur, musicien, arbitre, lançant la balle de Noël à la chapelle St-Justin, à Fribourg.

Prêtre, professeur, arbitre, guitariste, chanteur, chef de chœur, mais allons droit au but: qui êtes-vous François-Xavier Amherdt?

Je suis en enfant du Père, fils de Dieu et frère du Christ avec tous mes frères et sœurs en humanité. Je suis prêtre du diocèse de Sion depuis 35 ans, et chaque jour je suis heureux de l’être. J’essaie d’avancer sur mon chemin d’humanisation et de divinisation, jour après jour. Je me dis qu’être prêtre est la plus belle des vocations: donner Dieu en me donnant moi-même. Pour toutes mes vocations d’homme, de prêtre, de musicien, d’arbitre, j’essaie d’établir des ponts entre les êtres. Ce qui se dit en latin «pontifex». Je m’efforce d’être un pontife à ma mesure.

Pourquoi vous êtes-vous levé ce matin?

Pour faire avancer un peu le royaume de justice, de paix et de respect de la création tout entière. Avec les étudiants et collègues professeurs à la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg. Avec celles et ceux qu’il me serait donné de rencontrer.

Et de quelle musique est ce jour de décembre?

Une musique d’espérance et de vigilance. Espérance que l’amour l’emporte sur la haine et la violence. Vigilance face à toutes les formes d’injustice et de corruption.

François-Xavier Amherdt durant notre interview dans son bureau de l'Université de Fribourg où il est professeur de théologie pastorale.

Noël transposé sur le terrain, c’est…

Des joueurs s’encourageant mutuellement, respectant l’équipe adverse et l’arbitre. Des entraîneurs et des spectateurs unis dans une même communion, dans l’admiration du beau jeu.

Votre plus beau Noël?

Celui de 2019, en famille, à la messe de Minuit, à la cathédrale de Sion, avec mon évêque et la Schola des petits chanteurs de Notre-Dame de Valère où j’ai chanté dès l’âge de 5 ans.

Aujourd’hui, en 2019, qu’est-ce que Noël a particulièrement à nous dire?

Noël, cela signifie en latin nativitas, naissance du Fils de Dieu parmi les hommes, pour que les hommes deviennent Dieu. C’est chaque fois un nouveau départ, une renaissance. Le Noël 2019 porte un message cosmique: le Christ est le vrai soleil qui éclaire tout être créé, il nous invite à respecter la création qu’il nous a confiée, il nous pousse à nous engager contre le dérèglement climatique et la disparition de la biodiversité, ainsi que le clame l’encyclique du pape François Loué sois-tu, sur l’écologie intégrale (environnementale et spirituelle). Il nous convie à préparer les cieux nouveaux et la terre nouvelle qu’il instaurera à la fin de l’histoire.

Et que diriez-vous à quelqu’un qui n’aime pas cette période de Noël, qui la vit mal, qui s’y sent hors-jeu?

Que je le comprends, car nous avons complètement dénaturé, «macdonaldisé et kitchisé» cette belle fête de fraternité et d’échange vrai. Mais que je l’encourage à ne pas rester seul la nuit du 24 et la journée du 25 décembre. A vivre un simple partage humain avec un membre de sa famille, un proche, un(e) ami(e). A rejoindre l’une des nombreuses fêtes «Noël ensemble» pour ceux qui se sentent isolés.

Comment allez-vous fêter Noël cette année?

Selon la belle pratique de la soirée familiale, ponctuée d’un moment spirituel avec des chants de Noël que j’accompagne à la guitare. Puis l’eucharistie au milieu de la nuit dans l’église-mère du diocèse de Sion avec de nombreux frères prêtres et la chorale de mon enfance, la Schola. Et le double vin chaud sur le parvis de la cathédrale, puis avec des amis chers à mon cœur. C’est vrai que depuis que mon papa est décédé – ma maman est morte alors que j’étais au séminaire –, l’événement a perdu un peu en intensité, la famille s’est un peu éclatée. Mais je continue de m’en réjouir à chaque édition. La joie est la caractéristique distincte du pape actuel et de la Nativité. Une joie sans frontière.

Vous faites des cadeaux à vos proches?

Oui, bien sûr. Toujours des «cadeaux maison», le dernier enregistrement de l’Octuor Vocal de Sion, que je dirige depuis 44 ans, ou l’un de mes derniers ouvrages, en essayant de m’adapter aux goûts et aux attentes de chacun(e) de mes proches.

Si vous deviez constituer une équipe pour Noël, quels en seraient les principaux joueurs?

La sainte Famille, Jésus, Marie, Joseph, puis les bergers et les mages du 3e millénaire, de tous âges et continents.

Le foot, c’est aussi une religion?

Non, le salut ne vient ni de Cristiano Ronaldo, ni de Messi – malgré leurs noms et prénoms. Pour certains, les rituels sportifs ont remplacé la liturgie ecclésiale. J’apprécie le football quand il permet la rencontre vraie, par exemple récemment entre les deux Corée, et qu’il valorise le fair-play sur le terrain de l’existence.

Avec le prêtre en arbitre?

Je suis toujours prêtre dans tout ce que j’expérimente, et toujours arbitre, serviteur de la réconciliation. Je rêve du jour où Dieu sera l’arbitre des nations (c’est le titre de l’un de mes livres), sans plus de cartons jaunes ni rouges, sans VAR ni insultes racistes, où tous seront participant(e)s de vainqueurs.

Le plus beau match de votre vie?

Les victoires du FC Sion en finales de Coupe suisse.

Vos trois plus beaux buts?

Ce premier but de Paolo Rossi en finale de la Coupe du monde contre l’Allemagne en Espagne (1986) – je suis un supporter de la Squadra Azzurra.

Le récent but de Gaëtan Karlen avec Xamax contre Saint-Gall – je vais bénir son mariage en septembre 2020.

Et le but de Fernand Luisier contre GC, d’un tir de 30 mètres à Tourbillon, lorsque j’étais enfant.

Vous êtes prêtre, vous avez été ordonné par le pape Jean-Paul II il y a 35 ans, qu’est-ce qui vous porte et continue de vous porter?

Lors de l’ordination, les futurs prêtres sont couchés (prostrés) pendant que le peuple de Dieu chante la litanie des saint(e)s. Depuis, je me sens toujours porté par la communion des saint(e)s, comme nous le disons dans la foi de l’Eglise, les vivants et les défunts, cette immense foule de chercheurs de Dieu qui me précèdent et à qui je suis ordonné, tout donné.

Mais quels sont les tacles qui peuvent vous déstabiliser? Qu’est-ce qui est difficile, qu’est-ce qui est plus difficile aujourd’hui?

Je suis bien sûr déstabilisé par mes propres faiblesses et par les contre- témoignages livrés par des représentants ecclésiaux ces dernières années. Mais je sais et j’expérimente que Dieu est lui fidèle et qu’il continue de veiller sur moi et sur l’humanité. L’indifférence de bien de mes contemporain(e)s à la Bonne Nouvelle m’interpelle et me touche. Tout cela m’invite à redoubler de vérité et d’humilité dans mon propre témoignage.

S’entraîner à l’Evangile, c’est assez sport…

Oui. D’ailleurs j’ai écrit cet été un ouvrage intitulé Ce que la Bible dit du sport, qui va sortir sous peu aux Editions Nouvelle Cité. J’y montre la figure du sportif saint Paul qui nous exhorte à nous engager pour la seule couronne qui ne se flétrit pas, celle de la vie éternelle, alors même que les athlètes donnent tout pour obtenir des lauriers éphémères.

Une musique dont vous ne pourriez pas vous passer à Noël?

«Les anges dans nos campagnes, Gloria», avec la cathédrale pleine.

Et si la musique n’existait pas, qu’est-ce qui aurait changé dans votre vie?

L’ouverture à la transcendance et à la beauté se seraient faites différemment.

Qu’allez-vous souhaiter à vos amis?

La sérénité du cœur, la paix dans les familles, les groupes, le courage pour leurs engagements dans la société et le monde.

Qu’est-ce que c’est qu’une de vos journées?

Ce qu’il y a de constant, ce sont la messe et l’office des heures. Puis des cours, conférences, animations, des rencontres individuelles avec les étudiants dont j’accompagne les travaux de Bachelor, Master, licence et doctorat. Des réunions et assemblées au cœur de la vie de la Faculté de théologie et de l’Université, l’écriture d’articles de quotidiens, de revues, de livres de vulgarisation, d’ouvrages scientifiques. Des voyages pour les colloques et l’enseignement à l’étranger. Plus tous les imprévus, ces clins d’yeux (Dieu) que Dieu me fait par les personnes à travers lesquelles il se donne à rencontrer.
 
Où est-ce que vous avez rencontré le Christ ce matin?

Dans la prière matinale. Parce que je commence toutes mes journées, comme premier acte, par un temps de louange. Et il y a l’office qui s’appelle les laudes, l’office de louange et qui me permet d’entrer dans l’admiration avec toute la création et avec justement ceux et celles que je vais rencontrer et que je présente au Seigneur. Ce qui me met tout de suite en relation avec Celui qui est mon essentiel.
 
Est-ce que vous avez déjà repris une balle au bond aujourd’hui?

Chaque rencontre, c’est comme une balle qui m’est lancée et que j’essaie de shooter ou de renvoyer et qui est source d’échange. Et avec les étudiants, j’ai la chance d’avoir beaucoup d’interpellations. C’est vraiment saisir la balle au bond et parfois débusquer la question qui est derrière la question. Parce que quand un étudiant fait de la théologie, c’est souvent qu’il a une recherche personnelle.
Il y a une quête des connaissances, bibliques, dogmatiques, psychologiques et ecclésiales, et en même temps il y a un approfondissement, un chemin spirituel qui est à la source de toute étude de théologie.
 
Vous nous avez parlé de Noël transposé sur le terrain, mais votre équipe favorite, à part la Nati…

Le FC Sion malgré tout, même si je désapprouve la politique menée depuis des décennies par l’actuel président – et, encore, l’AC Milan. Pourquoi? Parce qu’y jouait, quand j’étais petit, Gianni Rivera qui pour moi est un des plus grands gentlemen du football. D’ailleurs il continue de prendre régulièrement la parole dans l’espace public et ce qu’il dit est très juste et très pertinent, très sensé. Il avait une façon de jouer en regardant toujours ses coéquipiers, en levant la tête et avec un immense respect des adversaires. Il y a eu bien d’autres joueurs – mais pour moi ça reste le demi-centre modèle et c’est pour cela que je suis favorable à l’AC Milan, aux équipes italiennes en général et à la Squadra Azzura.
 
Et comme enfant, votre plus beau Noël?

À l’âge de 5 ans – où est née ma vocation.
 
Votre enfance, votre «bouillon de culture»?

À la Schola nous chantions, nous jouions du football sur la place devant le Sacré Cœur à Sion, puis tout cela était comme rassemblé dans la célébration et porté vers Dieu. En outre juste à côté il y avait  mon école, l’école du Sacré Cœur.
Toutes mes vocations étaient comme réunies dans le même lieu: l’enseignement, la formation, le chant, la musique, il y avait le conservatoire où j’ai fait de la guitare, j’ai enseigné la guitare pendant 30 ans…
 
Et vous avez obtenu un diplôme professionnel de guitare, à 15 ans…
Mais vous avez eu, vous avez plusieurs vies!

Non, mon existence est profondément unie en Dieu.
L’apparent éclatement est profondément unifié par le souci de trouver un langage qui touche le cœur. Au fond ce qui me motive, puisque la foi c’est une relation, c’est un langage entre Dieu et chaque homme, dans son intérieur. Je pense que le langage de la musique, que ce soit de la guitare, que ce soit du chant, est au-delà des mots. Il rejoint le cœur de tout être. De plus le langage du sport et notamment du football, qui à mon avis est le sport populaire par excellence, réussit à rassembler, dans une communion exceptionnelle quand un but marqué est célébré: c’est un langage qui parle à toutes les cultures, toutes les civilisations.
Donc je m’inscris dans ces langages parce que je crois que la foi chrétienne et le message de l’évangile sont là pour toucher au plus profond de chaque être. Ainsi j’ai toujours cherché des langages universels pour essayer de transmettre tant bien que mal l’heureuse nouvelle de l’Évangile.
 
Donc ce matin, vous vous êtes aussi levé pour…
Pour faire monter une mélodie nouvelle, pour faire une passe à ceux que je vais rencontrer et tisser ainsi des relations, puis chercher le sens de notre vie, de ce que nous faisons de ce monde. C’est une quête de sens, finalement.
 
Quel est l’endroit où l’Eglise est le plus en crise aujourd’hui?
Le décalage avec le message de l’Évangile, alors que celui-ci continue d’être vécu par beaucoup d’hommes et de femmes très simples – Marguerite Bays qu’on vient de canoniser en est peut-être le meilleur exemple.
Et le contre-témoignage porté par un certain nombre de responsables ecclésiaux qui, au nom de cet évangile qu’ils devaient proclamer, annoncer, ont commis des abus de conscience, de pouvoir, voire des abus sexuels.
Ce décalage est scandaleux, et je comprends que les gens se scandalisent. Moi-même, cela me blesse et je suis conscient de mes propres faiblesses, pas besoin de regarder les autres. Je pense donc que c’est une crise d’authenticité, de vérité. Mais grâce au pape François qui, lui, vit cette unification de l’être autour de l’Évangile, nous pouvons en sortir si nous réussissons à emprunter ces chemins de conversion, nous amenant à quitter une Église qui était quand même un peu en situation de surplomb sur une société qu’elle pensait peut-être pouvoir maîtriser. Ce qui a complètement volé en éclat.
Noël nous rappelle cette simplicité d’un Dieu qui se fait enfant. C’est inimaginable, quand nous y pensons, cette petitesse : la grandeur infinie de Dieu dans la petitesse infinie d’un enfant, c’est cela le christianisme. Et souvent nous nous en sommes éloignés : je pense que c’est un chemin d’unification à travers cette identification au Christ que nous sommes invités à emprunter. Un chemin d’intériorité.
Je pense aussi : faire de l’Église un chemin, un itinéraire spirituel où chacun trouve une réponse à sa quête spirituelle. J’ai l’impression que les gens continuent de chercher, d’avoir une quête spirituelle profonde, mais peut-être que nous ne savons pas toujours y répondre. Comment faire pour que l’Église n’apparaisse pas comme une morale, comme un ensemble d’énoncés de la foi et de dogmes, ou de normes disciplinaires, mais comme un espace de sagesse et d’épanouissement spirituel, de développement personnel et spirituel, individuel et communautaire.
 
Vos étudiants sont sensibles à ce décalage?

Oui, très fortement.
Nous avons à peu près 500 étudiants à la Faculté de théologie de Fribourg, c’est la plus grande faculté de théologie en Suisse, toutes confessions confondues.
Et je suis frappé par la recherche d’authenticité, de vérité, de cohérence des étudiants. Bien sûr que nous ne les invitons d’aucune manière à se replier sur des acquis, mais au contraire à oser affronter le monde avec tous ses défis : la bioéthique, le transhumanisme, le dérèglement climatique. Nous les exhortons à affronter toutes ces remises en question du numérique, de la robotique, et au nom de la foi chrétienne à trouver de nouvelles formes de réponses à l’ensemble de ces questions anthropologiques  fondamentales –  nous sommes dans une profonde crise anthropologique et j’estime que la foi chrétienne a des réponses à apporter sur ce qu’est l’homme en vérité, ce qu’est l’homme dans sa totalité, corps, âme, esprit et cœur.
 
Et là, qu’est-ce que l’évangile et la religion catholique ont à nous dire de plus ou de différent que d’autre religions?

Aimer jusqu’au bout, et même ses ennemis. Le cœur et la pointe du message du Christ, c’est qu’il a donné sa vie par amour, et  qu’il savait en allant jusqu’au bout, en mettant les petits, les enfants, les femmes, les pauvres, les pécheurs, au premier plan, en ayant cette option préférentielle pour les pauvres et pour les délaissés, pour les laissés-de-côté,
qu’il se heurterait au système de l’époque. Comme il se serait heurté à tous les systèmes totalitaires de toutes les époques. Mais Jésus a continué, toujours en gardant cet amour absolu, jusque sur la croix : «Père pardonne-leur (c’est -à-dire à ses bourreaux),  ils ne savent pas ce qu’ils font», dit-il au Golgotha. Donc un amour qui va jusqu’à aimer ses ennemis.
«Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, tu aimeras ton prochain comme toi-même» : c’est un amour total qui nous pousse au don de nous-mêmes et qui ne fait aucune discrimination, qui est vraiment et absolument pour tous.
Alors bien sûr que nous en sommes loin, enfin moi j’en suis bien loin! Mais je crois que c’est la pointe du christianisme – et que Dieu s’est fait homme pour le vivre.
Ce que nous célébrons à Noël, c’est la caractéristique du christianisme, c’est que Dieu se soit fait homme – on ne trouve pas ça ni dans le Judaïsme, ni dans l’Islam, ni dans le Bouddhisme, ni dans l’Hindouisme.
Dans aucune des religions, dans aucune des philosophies Dieu ne se fait homme. C’est inimaginable aussi, que Dieu prenne un visage, que cet homme connaisse notre humanité, pleure, mange, souffre, sue…, et finalement aille jusqu’au bout, passe par la mort et ainsi nous ouvre la résurrection. C’est un chemin réaliste, c’est un chemin d’incarnation, c’est un chemin de plongée dans le monde et son épaisseur, et on ne retrouve pas cela chez les autres religions – si je puis me permettre…
 
Et puis une pensée pour le foot…

Parce que je suis vraiment chaque jour les résultats, je continue de me passionner – c’est clair que je regrette beaucoup que la politique mise en place par Jacques Guhl, sans faire de l’idéalisation, avec l’école de football du FC Sion, dont sont issus tant de joueurs qui ont gagné le premier titre de champion du club, ait été abandonnée. Le titre, c’était avec des joueurs valaisans, issus du club, et pas des mercenaires achetés à prix d’or un peu partout, qu’on achète et qu’on revend tels des têtes de bétail. Je suis triste que cette politique de la formation de joueurs qui ensuite deviennent membres du club, puis vont jouer ailleurs, pourquoi pas, ait été délaissée par l’actuel président. Je ne reconnais plus le FC Sion d’antan et il a perdu de son âme. Donc j’ai plus de peine à m’identifier, je suis moins touché quand Sion perd. Même la quatorzième finale, je m’attendais à ce Sion la perde, parce que je trouve qu’il y a eu une telle déperdition de ce qui faisait la spécificité du club : ce n’est plus vraiment l’expression du peuple valaisan, c’est mon sentiment…
 
 
Est-ce qu’on joue au foot au paradis?

Oui, puisque Dieu est arbitre (titre de l’un de mes ouvrages), et cela c’est déjà Isaïe qui le dit. Donc des clubs et des nations de toute origine pourront jouer ensemble, sans plus s’entredéchirer mais au fond avec la possibilité pour tous de gagner. Oui, Dieu arbitre des Nations, sur la colline de Sion, quand on aura enfin transformé les lances et les chars en faucilles et en serpes, pour que Dieu soit tout en tous et que toute l’humanité soit rassemblée. Oui, ça sera peut-être une des formes du paradis, un match sans plus de violence…
 
En enfer, on ne joue pas au foot?

En enfer, j’espère beaucoup qu’il n’y ait personne – l’Église a toujours affirmé que la possibilité existait que quelqu’un refuse jusqu’au bout, en conscience, la présence de Dieu… après, elle n’a jamais déclaré que quelqu’un serait en enfer…
L’Église a reconnu des saints mais n’a jamais dit que quelqu’un serait définitivement séparé de Dieu, donc nous pouvons espérer que l’enfer soit vide…