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INTERVIEW
Bastian Baker

«Une chanson peut changer la vie»

Moins d’un an après son périple en première partie de la tournée mondiale de Shania Twain, Bastian Baker reprend la route en Suisse avec une série de concerts – des billets à gagner en page 27! Rencontre avec un artiste libre pour qui jouer signifie communier.

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Darrin Vanselow
30 septembre 2019

Concours

Des places à gagner!

  • 2 x 2 billets à gagner pour le concert de Genève, à l’Alhambra, le 11 octobre 2019
  • 5 x 2 billets à gagner pour le concert de Grône (VS), le 12 octobre, à la Salle Recto-Verso

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Il y a huit ans, Bastian Baker se découvrait en chantant les bienfaits de la chance. Depuis, elle lui a tant souri. Devenu un artiste clé de la scène pop nationale, l’ex-hockeyeur surfe maintenant sur la folle opportunité qui lui a été offerte l’an dernier: assurer lors d’une tournée planétaire les premières parties de la star country Shania Twain. De cette épopée, Bastien Kaltenbacher (son vrai nom) est sorti plus fort encore. Alors que sa carrière à l’étranger s’intensifie et que son quatrième album «Bastian Baker» (2018) est toujours très apprécié, le Vaudois a choisi de partir cet automne à la rencontre de son public suisse. Des retrouvailles qu’il évoque, malicieux, depuis le confort d’un palace lausannois où il a provisoirement posé sa guitare.

Qu’est-ce qui a motivé cette nouvelle tournée suisse?

Je n’en avais pas fait depuis déjà quatre ans. A se demander où j’étais passé! (rires) Après mes concerts donnés ici au printemps et durant l’été, il y a eu une forte demande de la part des fans. J’avais envie de leur faire plaisir et d’aller une nouvelle fois à leur rencontre.

Le chanteur Bastian Baker (28 ans), ici à Lausanne où nous l'avons rencontré avant les neuf concerts qu'il donnera en Suisse, dont celui du 4 octobre à Fribourg.

A quoi doit-on s’attendre?

A du partage! Au gré des neuf dates de cette tournée, j’envisage des shows qui durent entre une heure et demie et trois heures, pourquoi pas. Je ferai la part belle au dernier album, modifiant mon répertoire chaque soir. Je vais également ménager un moment libre où je jouerai des titres à la demande du public.

Votre approche des concerts a-t-elle changé depuis votre tournée aux côtés de Shania Twain?

Je ne crois pas. Jouer live et communier avec les fans est ce que j’ai toujours préféré. En revanche, cette expérience m’a permis de me détacher du second degré que j’entretenais pour me protéger. Elle m’a aussi fait réaliser toute l’importance que j’accorde à mon métier.

Comment s’est achevée cette tournée aux quatre coins du globe?

En apothéose! Les dernières dates étaient programmées en décembre 2018 dans de grandes salles de quinze à vingt mille places en Australie et en Nouvelle-­Zélande. Le public était très «sauvage». J’ai abordé ces shows avec une profonde liberté, fort de toute l’expérience accumulée sur la route durant ces sept mois intenses.

Qu’avez-vous appris en côtoyant Shania Twain?

D’abord, qu’il faut accorder toute son attention à son public. Ensuite, qu’il est crucial de bien gérer son équipe. Enfin, qu’il est nécessaire d’être professionnel en toute circonstance. Sinon je suis resté moi-même, décontracté. Par exemple, alors que Shania a besoin de s’isoler avant un show, moi j’aime bien discuter avec les gens jusqu’à ma montée sur scène, m’éclipsant en disant: «Bon, je vais donner un petit concert et je reviens.» (rires)

Comment s’est déroulé votre retour à Lausanne?

J’étais très ému quand la tournée a pris fin. Je suis rentré pour Noël, puis il m’a fallu gérer une petite déprime passagère. Ça a pris quelques semaines avant que je reprenne mes marques.

Bastian Baker durant notre interview, à Lausanne.

Le regard du public sur vous a-t-il changé depuis cette expérience?

La tournée a été relayée par les principaux médias suisses et a suscité une vraie curiosité. Mais la plupart des gens ont du mal à réaliser l’ampleur que tout cela a représenté. En termes de durée et d’infrastructure, c’était en effet l’une des plus grandes tournées de 2018.

Etiez-vous heureux de retrouver le public suisse durant les récents festivals d’été?

J’étais même en mode rock star, incapable de m’arrêter! (rires) Défendre mon dernier disque ici a été un immense plaisir. Les arrangements que j’avais écrits pour le transposer live m’ont même permis des interactions formidables avec les gens. Chaque soir, j’étais comblé.

Les concerts acoustiques en solitaire vous manquent-ils?

J’aime autant jouer avec mon groupe qu’être seul sur scène face au public. Cet été, lors de ces festivals en Suisse, j’ai eu parfois la surprise de voir la foule reprendre «Leaving Tomorrow» dans son intégralité. Les gens ne voulaient simplement plus s’arrêter de chanter. Comment se passer de tels moments? C’est décidé: dans l’avenir, je m’engagerai dans de nouvelles tournées solo!

Le clip de «Another Day», vous montre très proche de vos fans. C’est un besoin de les rencontrer?

C’est à chaque fois une joie. Durant les concerts cet été, j’ai piqué un «truc» à Shania Twain afin de retrouver certains fans en backstage. Quand elle jette son chapeau de cow-boy au public, offrant à celui qui l’attrape de pouvoir ensuite passer un moment en sa compagnie, moi je tire depuis la scène des balles avec ma canne de hockey. Qui les attrape est ensuite convié à me retrouver (rires).

Qu’est-ce qui vous touche le plus lors de ces rencontres?

De réaliser que je fais véritablement partie de la vie des gens. Parfois, il m’arrive d’être bouleversé parce que quelqu’un vient spontanément me trouver, me remerciant simplement pour ce que je fais. Je prends ces instants comme d’immenses cadeaux.

Vous êtes-vous remis à écrire?

Oui, notamment un titre récemment composé en compagnie de Craig Walker du groupe anglais Archive. J’écris de façon très spontanée. Si quelque chose me frappe, je laisse une mélodie surgir et j’essaie de la traduire, voyant où elle va me mener. Ça donne des résultats très différents suivant mon humeur: une ballade tendre ou bien un titre plus funky.

Qu’est-ce qu’une bonne chanson?

C’est une chanson qui rassemble, que l’on peut retenir et reprendre facilement. Cette évidence est quelque chose de très difficile à atteindre. Pour y parvenir, il faut travailler dur chaque jour. Une chanson, c’est puissant: ça peut aider à changer la vie des gens!

Quels sont vos projets futurs?

Dans un premier temps, je veux renforcer ma carrière en Suisse avant de me consacrer à d’autres aventures à l’étranger. Des concerts sont déjà programmés en Angleterre, en Allemagne ou en Belgique. Je réfléchis également à une tournée aux Etats-Unis où une grande agence de booking me soutient. C’est un moment charnière de ma vie artistique qui est en train de se jouer.

Votre valeur la plus importante?

La liberté, très certainement. Je tiens à rester à bonne distance de toute astreinte. J’ai commencé à tourner à 19 ans. Aujourd’hui, j’en ai 28. Je n’ai pas connu de pause entre ces deux âges. Je n’ai ni femme, ni enfant. Je n’ai pas non plus d’appartement. Ça me servirait à quoi? Je ne suis jamais présent longtemps à Lausanne, même si j’adore cet endroit. Du coup, je préfère vivre à l’hôtel, chez mes parents ou chez ma grand-mère. J’aime répéter que je suis un voyageur qui chérit son travail plus que tout, et dont la liberté n’a pas de prix.