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LIFESTYLE
SHIFFRIN VS FEDERER

Duo de choc

Un échange de balles d’un genre très particulier: Roger Federer et la vedette du ski Mikaela Shiffrin évoquent pêle-mêle déboires culinaires, gueules de bois et âge de la retraite.

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Contrasto | Lorenzo Cicconi Massi
30 septembre 2019

Deux superstars fans des super-héros: Mikaela Shiffrin et Roger Federer, heureux vainqueur avec le Team Europe de la Laver Cup à Genève.

Face au petit groupe de journalistes présents à l’hôtel La Réserve, à Genève, Mikaela Shiffrin (24 ans) montre quelques signes de nervosité en attendant la personne qu’elle doit interviewer. Car pour la première fois, la skieuse américaine se retrouve de l’autre côté. C’est elle qui va poser les questions, et non pas les reporters. Son interlocuteur n’est autre que la «légende» du tennis Roger Federer (38 ans), qui vient de remporter avec le Team Europe la 3e édition de la Laver Cup à Palexpo (GE). Les deux sportifs sont les ambassadeurs actuels de la marque de pâtes italienne Barilla, organisatrice de ce rendez-vous. Au menu de la rencontre des pâtes, mais pas seulement!

Mikaela Shiffrin: OK, on y va. J’ai des millions de questions. Racontes-tu des histoires à tes enfants au moment du coucher?

Roger Federer: Pas plus tard qu’hier soir.

De quel livre? «Harry Potter»?

Oh non, c’est encore trop effrayant pour eux. Ils pourraient faire des cauchemars et débarquer dans notre chambre en pleine nuit parce qu’ils n’arrivent pas à dormir. Voyons voir... Que leur ai-je raconté hier? Ah oui, Boucle d’or et les Trois Ours. J’ai tenté une feinte en disant: Boucle d’or et les Deux Ours. Mes fils m’ont regardé, puis ils ont rectifié: «Mais il y a trois ours!» Et j’ai répondu: «Ah oui? Attendez, faisons le compte. OK, il y a bien trois ours...» (rires)

A quoi ressemble un dimanche idéal pour toi? Je veux dire, sans tennis.

Quand je ne joue pas, j’aime bien ne rien planifier. S’il fait beau, nous allons à la montagne – ou à la plage. Si je prends en compte le tennis, j’aurais bien évidemment aimé remporter la finale de Wimbledon cette année… C’était aussi un dimanche. Quel désastre… (rires)

Quelles sont les trois choses qui  ne te manqueront pas quand tu te retireras du circuit?

Sans doute les nombreux déplacements. Même si j’aime voyager dans le monde entier. Mais pouvoir choisir sa destination en tant que touriste, c’est autre chose que de suivre l’agenda des tournois. Cela vaut également pour la pression que l’on ressent en tant que joueur de tennis. Encore une chose qui ne va sans doute pas me manquer, même s’il m’arrivera certainement de penser que j’ai vécu de très beaux moments, lorsque je savais qu’il me fallait être à la hauteur des défis qui se présentaient. Mais ce qui va me manquer à coup sûr, ce sont les autres joueurs. Ce sera quand même bizarre de ne plus faire partie de cette famille du jour au lendemain. 

Roger Federer lors de la Laver Cup 2019

Y a-t-il une partie du monde que tu n’as encore jamais vue et que tu aimerais découvrir – en tant que touriste bien sûr?

Oh oui, il y en a plein. J’aimerais mieux connaître l’Afrique et je vais essayer d’aller visiter l’Amérique du Sud encore cette année. J’adore également voyager à travers l’Asie, mais je préfèrerais me déplacer encore plus en voiture. On voit plus de choses, on prend son temps. Après Wimbledon, nous sommes partis sur les routes de Suisse en camping-car, c’était amusant. 

Quels endroits en Amérique du Sud aimerais-tu mieux connaître?

J’espère avoir plus de temps pour visiter que la dernière fois. Je suis déjà allé en Amérique du Sud en 2012. Espérons que, cette fois, on pourra ajouter quelques pays au programme. Mais comme il y a des journalistes ici, je n’en dirai pas plus. Les contrats ne sont pas encore signés, et je ne voudrais pas m’attirer des problèmes. 

Shiffrin: J’aimerais beaucoup voyager en Asie moi aussi. Je suis seulement allée en Corée du Sud pour les Jeux olympiques il y a quelques années. Les prochains Jeux d’hiver se dérouleront à Pékin (ndlr: en 2022); du coup, nous allons bientôt nous rendre sur place pour le Testevent (compétition préolympique). Mais je voudrais aller en Asie, sans avoir à faire de ski. En fait, j’ai envie de revoir tous les endroits où je suis allée en tant qu’athlète – et simplement visiter. 

Federer: Moi aussi. Retourner là-bas en tant que touriste en quelque sorte. 

Shiffrin: Exactement. De nombreuses personnes viennent me dire que j’ai beaucoup de chance de pouvoir voyager autant. C’est sûr, mais je n’ai pas vraiment l’occasion de découvrir grand-chose une fois sur place.

T’es-tu déjà demandé si tu assisterais à des matchs de tennis en simple spectateur?

Bonne question. Je pense que oui. Car j’imagine que je ne supporterais pas vraiment de me retirer totalement. J’aime beaucoup trop le tennis pour ça. Bien sûr que ce ne sera pas évident pour moi au début. Juste être assis dans les tribunes et ne plus avoir aucune influence sur le jeu. Surtout dans un stade, où les gens te regardent et où tu apparais en gros plan sur l’écran géant... Pas facile. 

«Tout le monde sait que je suis très émotif. Mais je m’améliore»

Roger Federer

Ressens-tu une émotion particulière lorsque tu revois tes propres matchs?

Oui, ça peut arriver, surtout quand ils sont diffusés avec un fond musical; dans ce cas-là, ça monte très vite. Lorsque j’ai gagné l’Open d’Australie en 2017, il y a eu tellement de vidéos! Je me disais: «Arrêtez de m’envoyer ces vidéos!» (il fait semblant d’être au bord des larmes) Tout le monde sait que je suis très émotif. Mais je m’améliore (rires). 

OK, continuons. Quels sont tes trois films préférés?

Oh mon Dieu!

Shiffrin: Je sais… je serais moi-même incapable de répondre à cette question.

Federer: Bon, alors j’aime bien les super-héros. 

Shiffrin: Marvel?

Federer: Tout à fait, ou Aquaman. 

Shiffrin: C’est drôle, je viens de le regarder dans l’avion. 

Federer: Je le trouve super.  

Shiffrin: Oui, moi aussi. 

Federer: Je viens de regarder «Avengers: Endgame» et je me suis gardé les vingt dernières minutes pour plus tard. Raté, car ma fille voulait tout le temps parler avec moi. 

Shiffrin: Tu n’as pas vu la fin?

Federer: Non.

Shiffrin: Oh, mon Dieu, quoi?!  

Mikaela Shiffrin a quand même le trac au moment d'interviewer Roger Federer. La skieuse s'en tire comme une championne.

Et quel est ton plat préféré? Quelque chose que tu pourrais manger tous les jours.

J’aime la variété. Mais si je devais n’en choisir qu’un seul, ce serait les spaghettis à la sauce tomate. Un classique. Bon, j’aime aussi les carbonara, mais tous les jours... c’est trop consistant.

As-tu déjà confectionné des pâtes toi-même? Je veux dire des pâtes fraîches.

Oui, mais ça fait longtemps déjà, et ce n’était pas vraiment une réussite. Je ne suis pas bon cuisinier. C’est pourquoi je suis toujours content quand ma femme ou ma mère sont là. Elles s’occupent de la cuisine et me disent: «On sait que ce n’est pas ton point fort. Occupe-toi plutôt des enfants ou mets la table.»

Comment ça se passe chez les Federer lorsque ta femme Mirka n’est pas là et que les quatre enfants ont faim?

Il arrive que mes filles assurent la partie cuisine, et elles s’en sortent plutôt bien. Bien sûr, il y a parfois quelques petits couacs. Lors de l’US Open à New York, elles m’ont préparé du porridge pour le petit-déjeuner. Mais il a brûlé dans la poêle. Cela n’a pas vraiment fait rire ma femme, car la poêle était perdue.

Y a-t-il quelque chose que tu ne peux absolument pas manger? Des escargots, par exemple?

A vrai dire, mes enfants ont justement goûté des escargots récemment. A leur demande.

Shiffrin: Quoi?! Tes enfants ont demandé à manger des escargots? Tu plaisantes? Dans ce cas, il va falloir les faire examiner…

Federer: (Rires) Oui, tu as sans doute raison. Mais revenons-en à ta question. Si je suis dans un bon restaurant, je mange quasiment tout. J’ai même déjà goûté des oursins. Dès lors qu’il y a une bonne sauce, on est prêt à tester les trucs les plus fous. Et toi, qu’est-ce que l’on ne trouvera jamais dans ton assiette?

Shiffrin: Je n’ai encore jamais essayé les escargots. Et je ne suis pas non plus fan d’huîtres.

Que manges-tu avant et après un entraînement ou un match?

Généralement de la salade et des pâtes. Cela m’a plutôt réussi jusqu’à présent. Ce menu m’a accompagné durant toute ma carrière. Toutefois, dans les premiers temps, j’en laissais toujours un tiers dans mon assiette car la nervosité m’empêchait de tout finir. Mais ces dix dernières années, je n’ai eu aucun problème avec ça. Et qu’en est-il pour toi?

Shiffrin: Je connais ça. J’ai aussi un estomac sensible au stress.

Federer: Ça ira mieux quand tu auras mon âge (rires).

La saison 2018/2019 de Mikaela Shiffrin

A la question suivante, Mikaela Shiffrin s’arrête net.

Oh... là je ne me sens pas très à l’aise de te poser cette question. Je préfère que tu la lises toi-même.

Ouh là, c’est à ce point difficile? OK, je te la lis à haute voix: «Quel petit-déjeuner préfères-tu quand tu as bu trop d’alcool la veille et as-tu déjà été complètement ivre?» Bien sûr que ça m’est déjà arrivé! La pire cuite de ma vie, c’est après ma victoire à l’US Open en 2008. Là, il m’a fallu trois jours entiers pour me sentir de nouveau plus ou moins bien. Au petit-déjeuner, j’ai juste tenté tant bien que mal de compenser. Mais je ne savais pas du tout si j’allais pouvoir avaler quoi que ce soit.

Shiffrin: Wow!

Federer: Mais nous avons tous vécu ça une fois ou l’autre, non?

Shiffrin: Hum, j’y travaille encore.

Federer: Remporte une fois l’US Open et tu y arriveras (il pouffe de rire).

Et la randonnée? Tu vas marcher?

Oui, j’adore ça même. Eh, n’oublie pas que c’est une sorte de sport national en Suisse. Un peu comme le football américain chez vous.

Et tu fais ça avec ces bâtons de marche nordique?

Certainement pas. Ce n’est pas mon truc. Les bâtons, c’est pour faire griller de bonnes saucisses. J’aime bien les faire rôtir au-dessus du feu avec mes enfants.

Shiffrin: OK, du coup, tu as répondu à la question suivante: «Que manges-tu en randonnée?» Griller des saucisses. 

Quand as-tu pleuré pour la dernière fois? Moi par exemple, c’était hier. Ça m’arrive chaque fois que je vois le film «Quatre filles et un jean».

Je ne me souviens pas. 

Shiffrin: C’est plutôt bon signe, non?

Federer: J’ai peut-être écrasé une petite larme à Wimbledon, mais je n’ai pas vraiment pleuré.

Shiffrin: Tu t’es vraiment bien ressaisi. 

Federer: Sur le court, oui. Ensuite, quelqu’un est venu vers moi et m’a dit: «Oh, quel dommage, c’était tellement serré.» J’ai sans doute réussi à retenir mes larmes, mais je ne sais plus très bien. 

Quel modèle souhaites-tu être pour tes enfants et pour les prochaines générations?

Tout le monde ne doit pas forcément être un modèle. Bien sûr, c’est génial de se rendre compte que l’on est peut-être un modèle pour certains. Pour certains, cela se fait tout naturellement mais pour d’autres, c’est moins évident. De mon côté, j’essaie d’enseigner à mes enfants la légèreté, le respect, le fair-play, la camaraderie, etc. J’aime l’idée de leur transmettre ces valeurs. Chaque jour, je leur demande d’être gentils les uns envers les autres, de dire bonjour, de serrer la main, de regarder les gens dans les yeux; certes, c’est fatigant, mais ça en vaut la peine. J’espère qu’ils deviendront un jour de bons citoyens, c’est mon vœu le plus cher. En revanche, quand je vois d’autres sportifs refusant d’être des modèles, je peux le comprendre. Ce n’est pas parce que l’on rêve d’être un grand sportif que l’on veut forcément devenir une idole. Le rêve, c’est de gagner, de vivre ce moment où l’on brandit le trophée. C’est pourquoi il ne faut pas se sentir obligé d’être un exemple. Le plus important, c’est d’être soi-même. 

Shiffrin: Exactement. Avant, lorsque je voyais mes idoles en ski, je ne m’en rendais pas compte. C’est au moment où la caméra s’est soudain tournée vers moi que j’en ai pris conscience: … ah mais… attends… on ne m’avait jamais dit ça. 

Federer: C’est comme ça. Je n’avais pas non plus réalisé à quel point j’allais attirer l’attention des médias. Même si l’on pense savoir, on peut difficilement se l’imaginer. Quand je suis devenu numéro 1 mondial, les journalistes se sont subitement mis à m’interroger sur les sujets les plus divers. Avant, on me posait des questions sur mon coup droit et soudain, on m’emmenait sur le terrain de la politique. Et je me disais: «Mais… à quoi ça rime? Je suis un joueur de tennis. Qui a envie de connaître mon avis sur tel ou tel sujet?»

Shiffrin: Et puis si tu réponds, les gens vont dire que ton opinion ne les intéresse pas et que ce qu’ils veulent, c’est te voir jouer au tennis et rien d’autre.

Federer: Exactement. Il vaut mieux laisser ça à d’autres.

Y a-t-il une personne que tu aimerais tout particulièrement rencontrer –  un personnage historique, une légende ou une icône de la pop culture?

Federer: Plus jeune, j’espérais avoir un jour la chance de rencontrer mes idoles du sport, Pete Sampras, Stefan Edberg ou Michael Jordan. Du coup, c’était vraiment étrange de pouvoir soudain me retrouver face à des musiciens ou des acteurs, je ne m’étais jamais imaginé que cela pourrait arriver. Je suis même allé voir le pape à Rome, je n’arrivais pas à y croire. J’aurais également beaucoup aimé rencontrer Nelson Mandela, cela aurait été inspirant à bien des niveaux, c’était un grand homme. Mais en fait, je savoure chaque rencontre, du moment que je passe un bon moment en discutant. Je ressens comme un privilège rare que de pouvoir faire la connaissance de tant de personnalités extraordinaires. Et pour toi, comment ça se passe?

Shiffrin: Pour moi c’est la même chose, actrices et acteurs ou grands sportifs. Je trouve génial de t’avoir rencontré. OK désolée, on va supprimer ça. 

Federer: Arrête!

Shiffrin: Mais c’est vrai! Il y a des gens que l’on n’imaginait jamais pouvoir rencontrer, même en rêve, et soudain l’opportunité se présente et l’on se dit «oh wow», c’est donc possible. 

Federer: Toutefois, il est parfois préférable de ne pas croiser ces personnes.

Shiffrin: Des fois, oui.

Federer: Sinon on risque d’être déçu. C’est le pire. Ça m’est déjà arrivé aussi.

Shiffrin: Moi ça m’arrive souvent.

Federer: Oh, alors nous nous sommes déjà rencontrés et nous nous revoyons aujourd’hui, donc…

Shiffrin: Non, avec toi c’est cool, tu es fidèle à ton image. (ils rient ensemble) 

Quel genre de cadeau d’anniversaire ou de surprise te fait le plus plaisir?

Je n’ai pas besoin de cadeaux et je n’aime pas les surprises. Mais je sais que je ne vais pas pouvoir y échapper pour mes 
40 ans car j’ai organisé une grande fête d’anniversaire pour ma femme. Nous en avons justement parlé hier. Je lui ai dit que je préférais fêter en petit comité, avec éventuellement six amis. Mais j’imagine que cela ne va pas se passer comme ça. Pour ce qui est des cadeaux, j’aime bien quand mes enfants font preuve de créativité et qu’ils m’offrent un dessin ou un bricolage. Bien entendu, je ne dis pas non à un gentil cadeau de qui que ce soit. Mais je préfère offrir. Voir les autres gens heureux me rend heureux.

Shiffrin: Un classique.

Federer: C’est vrai. Mais je devrais gâter encore plus ma femme. Je le sais, et elle le sait également.  

Shiffrin: OK, nous avons encore le temps pour une dernière question. Est-ce que ça t’agace quand on te demande sans cesse quand tu vas mettre un terme à ta carrière ou quand on t’interroge sur ton âge?

Plus du tout. Il y a dix ans, je trouvais ça bizarre. Lors du tournoi de Roland-Garros, on m’avait posé la question alors que je n’avais que 28 ans. A l’époque, je pensais que je jouerais encore jusqu’à 32-33 ans. Puis j’ai traversé une phase où j’étais fatigué de toutes ces questions, mais j’y ai toujours répondu. Aujourd’hui, nous en sommes au point où les gens doivent me la poser à chaque interview, car il se pourrait en effet que je lâche le morceau à ce moment-là. Mais je ne le fais pas. (rires) Je ne le sais pas moi-même. Je ne cesse de le dire, j’aimerais le savoir. A quel âge les skieurs prennent-ils leur retraite?

«Oui, on m’a aussi déjà demandé quand j’allais m’arrêter»

Mikaela Shiffrin

Shiffrin: Pour le slalom, entre 29 et 32 ans. Mais bon nombre partent plus tôt. Pour le ski de descente, la retraite intervient autour de 35 ans. Oui, on m’a aussi  déjà demandé quand j’allais m’arrêter. Et j’ai 24 ans. 

Federer: Certains joueurs de tennis s’arrêtent aussi à cet âge-là. Puis ils reviennent dix ans plus tard. On a appris que Kim Clijsters (ndlr: ex-numéro un mondiale, 36 ans) est de retour, c’est génial. J’aime ça. Lorsqu’on s’accorde une pause, on peut revenir si on a le mental pour. J’y crois dur comme fer. 


Talent d’Exception

De la descente au slalom

Mikaela Shiffrin affiche déjà, à 24 ans, l’un des plus beaux palmarès de tous les temps. A l’âge de 16 ans, la skieuse monte pour la première fois de sa carrière sur un podium de Coupe du monde en remportant la 3e place au slalom de Lienz (A). L’Américaine a décroché jusqu’à présent trois médailles olympiques (dont deux fois l’or) et cinq titres mondiaux. Dans sa discipline de prédilection, le slalom, elle détient même un record avec 40 victoires au total en Coupe du monde. Elle est également la seule athlète à avoir remporté des victoires en Coupe du monde de ski dans six disciplines différentes.