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Mon rêve de gosse

Anne-Sophie Pic

Magicienne de la gastronomie, la cheffe française, originaire de la Drôme, y est venue tardivement, même si elle est née dans cet univers.

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F. Mallet | Anthony blake
30 septembre 2019

Les Pic sont cuisiniers depuis quatre générations, le père d’Anne-­Sophie avait, comme sa fille, trois étoiles à Valence. «Je ne pouvais pas rêver de ça, puisque c’était mon quotidien», confie la cheffe, à la tête de plusieurs établissements dans le monde, dont un deux-étoiles au Beau-Rivage Palace de Lausanne.

«Grande rêveuse» étant enfant, elle a eu de nombreux autres intérêts. Prenant la parole dans chaque manifestation scolaire, elle a caressé l’envie d’être speakerine. «Ma mère était très cultivée, c’était important pour elle d’avoir une bonne expression.»

Elle a aussi aimé le piano et la danse classique, sans les pratiquer: «Mes parents n’ont pas voulu que je suive des cours, je me demande encore pourquoi. La danse a peut-être été mon plus grand rêve et ma plus grande frustration.»

Le déclic par hasard

Adolescente, Anne-Sophie Pic a sérieusement pensé devenir créatrice de haute couture: «J’étais attirée par le luxe, pour son côté artisanal, pour l’esthétique, le travail bien fait, que l’on retrouve dans la cuisine. Ma grand-tante cousait, on faisait des patrons ensemble, j’en rêvais la nuit tellement j’aimais ça.» Se trouvant peu douée en dessin et sans réseau, elle a suivi une école de commerce. Un stage chez une marque de champagne a scellé son destin: «J’ai participé à l’assemblage d’une cuvée. L’alchimie des saveurs a été une révélation, à laquelle je n’avais pas réfléchi chez mon père; cela m’a conduite directement à la cuisine.»