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Mon rêve de gosse

Lionel Baier

Lionel Baier Le réalisateur a toujours été un grand rêveur, qui a rapidement fait des films, mais tout d’abord dans sa tête.

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Keystone
21 octobre 2019

«En rêvant, on a l’impression de vivre plusieurs vies», confie le cinéaste.

Petit, le Lausannois avait déjà l’imagination fertile, au point de se créer un monde fictif. «Avec mes parents, on allait toujours deux semaines en octobre à Sète, dans le sud de la France. J’imaginais que c’était mon lieu de résidence et que le reste de l’année j’étais en déplacement ou en vacances en Suisse. Je me convainquais de cela alors que c’était faux. A l’école, je pensais à Sète, à la lumière du Sud, au bord de la mer et à son odeur. En Suisse, les montagnes clôturent le ciel, le rendent plus étroit, j’avais besoin de la mer. J’ai grandi à une époque où il n’y avait pas toujours des choses à faire, je me suis souvent ennuyé, cela a nourri beaucoup de rêveries.»

Des songes toujours

Aujourd’hui encore, Lionel Baier (43 ans) s’imagine d’autres vies: «Il y a plein de moments où je me vois à la campagne, exerçant un métier plus manuel. J’aurais voulu être bûcheron pour passer mes journées en forêt. Je laisse ma pensée partir facilement dans la fiction, même quand je suis dans les transports publics ou que je marche.»

Sa tendance précoce à rêver l’a mené à son métier, dans lequel il n’a jamais douté de pouvoir réussir: «J’avais une forme de naïveté vis- à-vis du cinéma qui m’a permis de ne pas me dire qu’être réalisateur était impossible, explique-t-il. J’ai commencé très tôt à créer des petits films avec des copains, j’avais déjà l’impression d’être dans le cinéma, je ne voyais pas la différence avec les grands films professionnels. Et je continue de ne pas prendre trop au sérieux le monde du cinéma.»