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Mon rêve de gosse

Zep

L’auteur genevois de BD, créateur du fameux personnage de Titeuf, a la chance d’avoir fait de sa passion d’enfance son métier.

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Patrick Gilliéron Lopreno
02 septembre 2019

«Quand j’étais petit, la bande dessinée était extrêmement populaire. Dans ma classe, presque tous mes camarades en lisaient, et aussi tous les membres de ma famille. La profession de dessinateur de BD me faisait rêver. Pendant des années, j’ai pratiqué la BD de manière très enfantine: je dessinais sur des feuilles, je les agrafais ensemble, je faisais des couvertures collées sur du carton pour que cela ressemble le plus possible à un vrai livre.»

Sourd aux moqueries

Après la scolarité obligatoire, Zep, de son vrai nom Philippe Chappuis, est entré à l’Ecole des arts décoratifs, puis a eu la formidable carrière que l’on connaît. Mais avant cela, il a dû faire face à l’incrédulité que sa vocation suscitait. «A l’école, quand je disais que je voulais être dessinateur de BD, les profs me répondaient que c’était impossible et que je devais choisir un vrai métier. C’était un discours de résignation qu’ils avaient pour beaucoup d’enfants. J’ai grandi dans une cité où l’horizon professionnel n’était pas très large. Quand j’ai commencé, vers 13-14 ans, à aller dans les rédactions présenter mes dessins, il est arrivé que l’on me dise: «Arrête de rêver! On a plein de gens qui font de la BD, on n’a pas besoin de toi!» Ces paroles n’étaient pas acceptables pour moi, car j’étais sûr que j’y arriverais. Cette espèce de rébellion par rapport à la résignation que l’on me demandait a été un moteur. J’avais envie de réussir parce que dessinateur était le métier que j’aimais, et aussi pour montrer à ces personnes qu’elles avaient tort.»