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PORTRAIT
PILOTE D'HéLICOS

Rêves aériens

Lyne Dumoulin est la plus jeune pilote professionnelle d’hélicoptère en Suisse. A 20 ans, la Valaisanne ne rêve que de voler en pilotant ses machines préférées. Portrait dans les airs.

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Valentin Flauraud
03 décembre 2018

C'est aux commandes d'hélicoptères que la jeune Valaisanne Lyne Dumoulin trouve son bonheur.

Sur le tarmac de l’aéroport de Sion qui est un peu son jardin, Lyne Dumoulin tire seule «son» hélico qu’elle a sorti du hangar. Un modèle R22 petit et très maniable aux commandes duquel elle a appris à piloter. «Je demande le moins d’aide possible à mes collègues masculins, car sinon je me décrédibilise.» En juin passé, elle est devenue la plus jeune pilote professionnelle d’hélicoptère en Suisse dans un univers presque exclusivement masculin. Son compteur personnel affiche déjà 250 heures de vol, dont 150 sur sa machine de formation.

Mais le dernier décollage date d’il y a un mois et une légère frustration se lit sur le visage de la jeune femme, qui travaille comme collaboratrice aux opérations pour une compagnie de vols d’hélicoptères basée à Sion. Un emploi de l’ombre de planification de vols qu’elle apprécie mais qui la contraint à rester au sol. Car les places au soleil sont chères, surtout pour les jeunes pilotes. «Mon tour viendra!», relativise-t-elle. Née à Lourtier dans le val de Bagnes (VS), Lyne Dumoulin a survolé les étapes sans se brûler les ailes. Bien avant de pouvoir conduire, à 15 ans, elle pilote pour la première fois un hélico, «le 13 juin 2014», précise-t-elle en levant les yeux vers le ciel. «Un moment magique!» Elle finit sa formation théorique de pilote en 3 mois, au lieu des 18 habituellement requis. Sa maturité en maths et physique et sa bonne maîtrise de l’anglais combinées à sa (sur)motivation expliquent cette rapidité. «Vers la fin, je bossais 20 heures par jour!» Elle a aussi eu la chance de pouvoir compter sur un membre de sa famille pour emprunter 100000 francs, soit le coût de l’onéreuse formation de pilote.

 Lyne Dumoulin pose devant "son hélico", celui aux commandes duquel elle a appris à piloter. 

Atterrissages périlleux

Avant le décollage, l’examen de la machine est minutieux. «Je suis quelqu’un de calme, ça aide, même si j’ai toujours une petite adrénaline.» Lyne Dumoulin contrôle la check-list pendant que le moteur de l’hélico se met à chauffer. «Départ à convenance!», répète la pilote à la tour de contrôle. Nous sommes très vite à plusieurs mètres au-dessus du sol. Aux commandes, plus sereine que son passager, Lyne Dumoulin se confie. «J’ai toujours rêvé de voler, mais j’adore surtout piloter.» Soudain, elle décide de poser l’appareil un peu plus loin sur l’aéroport, «juste pour s’entraîner un peu». Elle apprécie les atterrissages plus périlleux que l’hélicoptère rend possibles, «dans des trous de vallée par exemple, quand ça devient technique c’est sympa». Pour son premier mandat de pilote qu’elle a débuté le lendemain de l’obtention de son diplôme, elle a été servie. «A bord, un photographe prenait des clichés de bateaux de luxe pour de riches clients sur la Côte d’Azur. Je volais parfois à 2 mètres de l’eau, c’était assez fou!» Mais survoler Sion en cette journée printanière (20 degrès à la mi-novembre) a aussi son charme et la jeune pilote apprécie d’être de retour en Valais.

Un cadeau plutôt original

Son premier souvenir avec les oiseaux d’acier remonte à l’enfance, lorsqu’elle embarquait avec son père, qui faisait parfois appel aux hélicos pour du transport de matériel sur des chantiers en montagne. L’été de ses 14 ans, elle se prend définitivement de passion pour ces machines en les observant depuis son job d’été dans une cabane. «Ça me paraissait impossible de pouvoir un jour les piloter.» Aujourd’hui, ce rêve est bien réel et sa passion est devenue son métier. Chaque fois qu’elle le peut, environ 2 ou 3 heures par mois, elle prend les commandes pour garder la main. «Ça fait aussi une idée de cadeau sympa pour mes potes», rigole-t-elle.

L’heure est déjà venue de revenir sur terre. Un jour, elle en est convaincue, elle trouvera une place de pilote. «Peu importe le type de vol, je prendrai ce qui vient à moi.» En attendant, cette sportive amateur qui pratique le ski, la peau de phoque, la course à pied et l’équitation, prend son mal en patience. De retour du shooting photo, dans le hangar, des collègues la charrient. Mais la jeune femme a du répondant. Autour de son cou, un pendentif en motif d’hélicoptère lui rappelle son objectif. «Imaginez, être payée pour voler!»

Mini-Questionnaire

Votre plat préféré? Brocoliiiis avec quatre «i»
Si vous étiez un animal, lequel seriez-vous? Un chat
A part vous-même, une personnalité que vous auriez aimé être? Bob l’éponge
Le don de la nature que vous voudriez avoir? Voler
Que feriez-vous s’il ne vous restait plus que six mois à vivre? La même chose qu’aujourd’hui

Un jour, un mois, une année

Aujourd’hui: je vis le moment présent.
Mars: pour les oiseaux qui chantent.
1997: je ne m’en souviens pas (ndlr: elle est née en 1998).