X

Recherches fréquentes

L'édition des jeunes
Sport

Serein avec et sans skis

Thibault Hale-Woods, jeune freerideur vaudois, est le fils du fondateur du Freeride World Tour. Portrait d’un jeune qui a la tête sur les épaules.

PHOTO
Darrin Vanselow
05 novembre 2018

Thibault Hale-Woods commence le ski à 4 ans et découvre le freeride à l’âge de 8 ou 9 ans. «Avec mes potes, on allait à côté des pistes sauter des petits rochers.» Il a choisi ce sport grâce à un environnement suisse adapté. Sa maman valaisanne et son papa freerideur les ont directement plongés, lui et son petit frère Victor (16 ans), dans l’univers de la montagne.

Aujourd’hui âgé de 18 ans, Thibault est compétiteur de freeride et va débuter cet hiver sa première saison chez les élites. Le jeune Vaudois, étudiant à l’Université de Lausanne en économie et droit, voit ce sport plus comme un hobby. «Pour le moment, je ne vois pas mon avenir là- dedans, c’est plus comme un plaisir», raconte le jeune homme décontracté dans un parc lausannois, sous le soleil d’été.

Son papa Nicolas Hale-Woods est d’origine anglaise et le fondateur du Freeride World Tour. S’il n’a pas obligé son fils à pratiquer ce sport, les sorties de ski en famille depuis leur chalet à Verbier (VS) − «un terrain de jeu énorme pour ce sport extrême» − ont quand même eu une influence. «Ma maman suit gentiment, on descend des couloirs l’un après l’autre, on est rarement sur les pistes.» Lors de ses compétitions, la maman est toujours angoissée de voir son fils dévaler les pistes. «Elle a des petites attaques cardiaques quand je descends», raconte-t-il en rigolant. Heureusement, il n’a pas encore eu d’accident, malgré une chute aux Championnats du monde juniors en Autriche la saison passée. Le jeune homme est prudent et ne prend aucun risque. «Quand j’ai de l’appréhension, je n’y vais pas!» En compétition, être le fils du fondateur et directeur du Freeride World Tour n’est pas forcément un avantage et Thibault raconte que la plupart de ses amis ne savent pas ce que son papa fait. «Il n’y a pas non plus de jalousie de la part des autres concurrents et pas de favoritisme vis-à-vis des juges.»

Son papa Nicolas, qui est une vraie source d'inspiration pour lui.

Une inspiration pour le futur

Sa vie sans les skis, Thibault la passe sur les bancs de l’uni, mais le sport n’est jamais très loin. Parfois, il doit manquer quelques jours d’école pour aller sur une compétition à l’étranger. Le freeride n’est pas reconnu comme fédération et ne propose donc pas de sport-études. Ses vacances sont aussi sportives, puisqu’il pratique notamment le ski nautique et le surf. «Surtout en vacances en bord de mer, c’est plus fun et la météo est plus favorable qu’en Suisse», lâche-t-il. Après plusieurs années de rugby, il s’est lancé dans la boxe thaï. «C’est aussi un bon entraînement physique pour le ski», précise le souriant et sympathique Thibault. Comment s’entraîne-t-on en tant que freerideur? «Mon papa ne m’a jamais entraîné.» Il a un coach physique et s’entraîne au sein de la Richard Amacker Academy, avec un ancien free­rideur pro. «Je suis filmé sur la technique et je fais ensuite un débrief avec Richard.» Il est aussi formé aux risques d’avalanches, car en freeride les accidents peuvent être mortels. L’athlète partage ses connaissances avec son petit frère Victor. «C’est moi qui lui enseigne certaines techniques», confie-t-il.

Dans dix ans, Thibault se voit continuer ses études. Le métier d’avocat comme sa maman le tente, mais il hésite aussi avec l’architecture. Ce qui est certain: Thibault se donnera toujours à fond pour le freeride. Le fait que son papa lui ait parlé en anglais jusqu’à ses 5 ans l’a avantagé pour ses études et pour ses voyages à l’étranger.

Veut-il succéder à son papa? «C’est une inspiration pour le futur de voir ce qu’il a accompli. J’aimerais me donner à fond dans les études en le prenant comme modèle», répond-il avec assurance. Le free­rideur est présent sur les réseaux sociaux, surtout sur Instagram car c’est important de montrer les sponsors. Vivre des compétitions de freeride est compliqué, comme le montre l’exemple de l’ancien freerideur Jérémie Heitz. Il a quitté la compétition et a créé des films sur ce sport pour vivre de son sport. «Ça fait rêver mais ce n’est pas donné à tout le monde.»


Mini-Questionnaire

Le désir que vous aimeriez réaliser? Pouvoir voyager toute ma vie

A quelle heure vous levez-vous? 7h28

Votre bruit préféré? La neige poudreuse sous les skis

Un beau souvenir? L’ascension et la descente du Bec des Rosses en famille

Quel est votre plus vilain défaut? L’impatience

Si vous étiez un animal, lequel seriez-vous? Un léopard

Quelle est la chose qui vous irrite le plus? Le quart d’heure vaudois

Le don de la nature que vous voudriez avoir? Respirer sous l’eau

Un jour, un mois, une année

Un jour : vendredi, parce que le week-end arrive

Un mois : mai, car il recommence à faire beau et chaud

Une année : 2013, car j’ai beaucoup voyagé

Katia Codazzo (19 ans)

Apprentie gestionnaire du commerce de détail à la Coop de Maladière de Neuchâtel (NE)