Adepte de mode lolita et d'un style de vie "kawaii" | Coopération
X

Recherches fréquentes

LES GENS
PORTRAIT

Adepte de mode lolita et d'un style de vie "kawaii"

Elle porte la mode lolita en Suisse, un style né au Japon. Rencontre avec Joëlle Krummenacher, une Vaudoise qui encourage les gens à oser porter les vêtements qu’ils veulent mais aussi à plus de tolérance. 

PHOTO
Valentin Flauraud
20 décembre 2019

Les murs sont pastel, les meubles roses et la pièce rappelle une maison de poupée. Dans le studio de Joëlle Krumme­nacher (alias Fluffy Kawaii) un espace semble s’ouvrir à la fantaisie. Faisant fi des conventions, la Vaudoise aime s’habiller en lolita: le nom d’une mode née au Japon, mais qui a conquis le cœur d’adeptes de froufrous jusqu’en Suisse. Il s’agit d’une interprétation nippone de robes rococo et victoriennes. Port du jupon et dentelles sont de mise!

«Ce n’est pas un costume, en portant ces vêtements on ne joue pas un rôle. C’est une mode alternative, comme le style gothique ou punk», précise Joëlle. Cheveux roses et lunettes, la geek de 37 ans, qui a un master en informatique et une licence en égyptologie, nous reçoit dans son appartement de Renens, habillée d’un simple jean avec un pull. Derrière elle, une impressionnante collection de poupées – roses aussi – peuplent une étagère et semblent nous observer.

Place à la transformation en lolita, qui passe par le choix de la robe, qui peut coûter plusieurs centaines de francs, les étapes maquillage, faux-cils, perruque, mais aussi de multiples accessoires. Une boîte en renferme un arc-en-ciel. Tout l’art du lolita repose sur la coordination de la tenue.

 

«C'est magique de se transformer», confie la lolita suisse Joëlle Krummenacher .


Porter la mode lolita dans les rues de Suisse

«Je fais très souvent des sorties à Lausanne avec mes amies, habillées en lolita. Dans la rue, on ne passe pas inaperçues. On doit être prêtes à prendre des photos avec les gens et à répondre aux questions! La plupart sont intrigués.» Comment énerver une lolita? Croire qu’elle et ses copines fêtent un enterrement de vie de jeune fille. «Cela me fait tellement mal au cœur qu’ils pensent qu’on est habillées comme ça pour avoir l’air ridicules!»

Cette mode lui a permis d’améliorer sa confiance en elle, tout comme ses années à mener une équipe de cheerleading (gymnastique acrobatique). «A la base, je suis un vrai garçon manqué qui ne se maquille pas. Je n’ai jamais été du style à suivre les tendances», ajoute Joëlle. «Avec le lolita, j’ai l’impression de m’habiller en princesse, je me sens belle. Je suis aussi plus à l’aise dans mes habits de tous les jours et surtout, j’ai trouvé une passion qui me transporte!»

 

 Grâce au lolita, Joëlle Krummenacher se sent aussi plus à l'aise dans ses habits de tous les jours.


Pas pour le regard des hommes

Entrepreneuse, Joëlle vit de sa marque de robes et d’accessoires kawaii (mignon, en japonais) et de la création de jeux virtuels. Elle participe à des conventions, des conférences, des défilés autour de la culture japonaise en Suisse mais aussi à l’étranger. L’occasion de voyager et de rencontrer des adeptes d’autres horizons. Quand on parle de lolita, attention à la confusion avec une jeune fille aguicheuse, autre acception du mot. Ce n’est pas cela du tout. «On s’habille ainsi pour se faire plaisir à soi-même. Pas pour le regard des autres, et surtout pas celui des hommes.» Ni décolleté, ni jambes nues: ce n’est pas un style vestimentaire qui se veut sexy.

Le message qu’elle veut faire passer dans ses vidéos sur Youtube, c’est d’oser. «Les gens seraient plus heureux s’ils ne se donnaient pas d’excuses sur les choses qu’ils pensent pouvoir faire ou pas. Que ce soit pour la mode ou dans d’autres domaines.» Son credo: peu importe son âge ou sa morphologie, tout le monde (femmes, et hommes!) peut porter du lolita. «Ces robes flattent toutes les silhouettes. Et j’ai aussi un message de tolérance pour accepter le style des autres.» 

 

C'est dans son studio que "Fluffy Kawaii Jo" filme des vidéos pour sa chaîne Youtube.