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L'ÉDITION DES JEUNES
PORTRAIT

Mental musclé

Boulimique et anorexique, Catherine Andrey allait au fitness par culpabilité d’avoir trop mangé. Aujourd’hui, elle y va par passion et en a fait son métier.

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Julien Chavaillaz, Heiner H. Schmitt
18 novembre 2019

L’adolescence est une période difficile. Catherine Andrey, 20 ans aujourd’hui et bien dans sa peau, n’a pas échappé à la règle. «Quand je me levais le matin, je ne supportais pas de me regarder dans le miroir. Je me voyais énorme.» Les réseaux sociaux ne l’ont pas aidée à s’aimer plus, bien au contraire. Sur Instagram, elle se comparait aux autres femmes et à leurs photos. «Je ne me rendais pas compte que ce n’était pas toujours la réalité et que les clichés sont souvent retouchés, traités, que les angles ne montrent qu’un seul aspect de ces personnes.»

A force de vouloir ressembler aux modèles qu’elle admirait, la Fribourgeoise a fait des crises d’anorexie. Elle refusait de manger ce que sa mère lui préparait par peur de grossir, et à chaque mauvais pas, allait au fitness pour se faire maigrir. «Je ne voulais plus ressembler à ce que j’étais.»

Pour vaincre son malaise, Catherine Andrey a dû passer par une expérience très difficile. C’était en octobre 2017. Agée alors de 17 ans, la jeune fille est partie pour un séjour linguistique de trois mois à Londres. Elle supportait mal la solitude et la séparation avec son petit ami. Elle devint boulimique. «Un écart alimentaire suffisait pour que je commence à manger tout ce que je pouvais trouver. Après je culpabilisais et me faisais vomir. Je faisais jusqu’à cinq heures de sport par jour pour me faire maigrir.» Après chaque crise, elle appelait son copain qui essayait de la rassurer et de la raisonner. Sa famille se faisait du souci. Elle toucha le fond.

A son retour, elle prend conscience que son comportement fait souffrir ses proches. C’est cela qui la décide de changer. Elle continue d’aller au fitness, mais avec une autre optique: celui de son bien-être. Si son but était à l’époque de maigrir, elle y va pour se dépasser et ressentir une sensation de satisfaction. «Aujourd’hui, je m’entraîne pour l’amour de la musculation, pour plus de performance et pour soulever toujours plus lourd», nous raconte la jeune femme.

Boulimique, elle passe de 54 à 71 kg

Début 2018, elle rentre en contact avec un coach de fitness diplômé qu’elle suit sur Instagram. Ce dernier est autant un soutien sportif que mental. Il lui établit un programme précis et la briefe sur son alimentation. Elle fait 5 × 1 heure de sport par semaine et reprend du poids. «Je pesais 54 kg en rentrant de Londres. Aujourd’hui j’en fais 71.» Se considère-t-elle comme guérie de son anorexie et de sa boulimie? «Je m’en suis sortie, mais je reste vigilante.» Elle mange sainement, mais sans frustration. Une fois dans la semaine, elle se permet un écart dans son alimentation et, en bonne Gruérienne, ne se prive pas de manger une fondue de temps à autre!

L’alimentation l’intéresse. Elle s’informe en lisant des livres spécialisés: «Sur Internet, il est difficile de savoir si les informations et ceux qui les donnent sont fiables. Dans les livres, on trouve des auteurs plus sérieux et reconnus. Il est important de s’informer sur les personnes qui nous donnent des conseils», explique celle qui se verrait bien un jour faire une compétition de bodybuilding «juste pour me prouver que je suis capable de le faire». Et elle en prend le chemin. Elle est aujourd’hui suivie par une nutritionniste du sport professionnelle qui l’aide à structurer son alimentation pour perdre du gras et prendre du muscle, sans mettre sa santé en jeu.

Faire du sport son métier

Fin 2018, Catherine Andrey décide de faire du sport son métier. Elle commence à travailler chez Let’s Go Fitness en tant qu’instructrice, et suit la formation de coach Fitspro, reconnue dans toute l’Europe (sauf en France). «J’aime ce métier et je ressens le besoin d’aider les personnes qui débutent dans le fitness pour leur donner de bons conseils.»

Et comment gère-t-elle les réseaux sociaux? «Ce sont de très bons outils professionnels. J’ai appris à prendre du recul et à arrêter de me comparer aux autres filles. Je publie des photos de moi et des vidéos. Je me montre telle que je suis. C’est une manière de partager mes expériences.»

Pour bien débuter dans le fitness

  • Prendre rendez-vous avec un instructeur fitness pour un planning sur mesure.
  • Suivre une alimentation saine et équilibrée.
  • Se renseigner auprès de personnes de confiance ou de livres de référence.

Mini-questionnaire

  • Votre mot préféré? Volonté
  • Votre remède quand ça va mal? Chocolat chaud
  • Un beau souvenir? Mon retour d'Angleterre
  • Ce qui vous irrite le plus? Ne pas manger
  • Le don de la nature que vous voudriez avoir? Etre chanceuse
  • Votre bruit préféré? Celui de la ville la nuit
  • Votre plat préféré? Le tartare du restaurant L'Unique à Bulle
  • Votre plus grand désir? Réussir professionnellement
  • Quel animal seriez-vous? Un tigre

Claudia Neves, 22 ans

Apprentie gestionnaire du commerce de détail chez Coop à Matran (FR)

En réalisant ce portrait, j’ai appris que pour avoir une évolution physique, il faut que le mental soit bon. Le corps suivra. Et comme j’aime moi aussi le fitness, j’ai pris conscience que je faisais certains exercices faux. Aussi je me rends compte qu’il y a des personnes qui vivent des expériences très difficiles, mais qu’elles s’en sortent. C’est un exemple à suivre.