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PORTRAIT
PILOTE D'ENDURANCE

Prodige au volant

Le Vaudois Lucas Légeret est pilote d’endurance. A 17 ans, il conduit des bolides qui tutoient les 300 km/h. Portrait d’un jeune homme qui a la tête dans le volant mais les pieds sur terre.

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Darrin Vanselow
11 mars 2019

Lucas Légeret est un gymnasien vaudois presque comme les autres qui rentre des cours à vélo ou en bus. A 17 ans, il n’a pas le permis de conduire. Pourtant, il pilote déjà des bolides qui tutoient les 300 km/h. Le Vaudois vient de terminer en 2018 sa seconde saison dans le Championnat d’endurance European Le Mans Series (ELMS), l’équivalent d’un Championnat d’Europe d’endurance. Avec l’objectif de participer un jour aux 24 heures du Mans, la course mythique de sa discipline. Dans les courses d’endurance, trois pilotes (deux jeunes et un plus expérimenté) font équipe tout au long de la saison et la sienne a terminé à la dixième place du championnat. «Le bilan est mitigé, on aurait pu faire mieux vu nos qualités, analyse Lucas Légeret. Ce qui me plaît, c’est aussi le facteur humain, on dépend des autres et on travaille ensemble.»

Lucas Légeret (17 ans) va attaquer une nouvelle saison en endurance. Et aussi passer son permis de conduire.

Pas encore majeur, le Vaudois parle en vieux briscard. C’est qu’il côtoie depuis longtemps les circuits. Son père, ancien pilote de rallye, l’a installé dans son premier kart alors qu’il n’avait pas encore 5 ans, dans la cour de la maison. «J’ai foncé contre un mur à pleine vitesse, j’ai eu peur mais ça ne m’a pas freiné», se rappelle-t-il en souriant, confortablement assis sur le canapé de l’appartement dans lequel il vit avec sa mère à La Tour-de-Peilz. «Il a toujours aimé la vitesse. Petit, il adorait les tyroliennes alors qu’il avait à peine l’âge, nous confie-t-elle, mais il fait les choses toujours de manière réfléchie.» Le jeune pilote enchaîne les tours de circuits de karting et devient l’un des meilleurs mondiaux. A 14 ans, il s’installe au volant d’une Formule Renault, «une F1 en beaucoup moins puissant», précise-t-il.

Freiné par sa taille

Sa progression fulgurante est freinée par sa… taille. L’adolescent mesure 1 m 92. Un gabarit qui le handicape, puisqu’il ne rentre plus dans une Formule Renault. C’est à ce moment-là qu’il découvre le championnat d’endurance, «le cockpit y est plus spacieux». Après la taille, c’est l’âge qui ralentit sa progression puisqu’il doit attendre son 16e anniversaire avant d’obtenir une licence et de pouvoir disputer son premier départ officiel. «La première fois, j’ai piloté sous la pluie. La voiture pèse une tonne et disons que le moteur de 500 chevaux change de celui d’un kart, lâche-t-il en riant. J’étais quand même un peu tendu!»

Sa passion coûte plusieurs centaines de milliers de francs. Alors, le collégien qui a le statut de semi-professionnel, ne manque pas d’ingéniosité pour trouver des sponsors. Il crée des vidéos publiées sur Youtube en caméra embarquée (voir des extraits dans la vidéo sur notre site), qu’il monte et commente lui-même et il organise un repas de soutien annuel. «Il faut négocier son contrat qui s’étale sur deux à trois ans. Mais à long terme, on peut bien en vivre.»

Bientôt le permis

Lucas Légeret s’est fixé de devenir professionnel dans un ou deux ans. Et la F1, y pense-t-il? «Forcément, ça fait rêver, mais c’est impossible d’avoir un volant, il y a trop de business.» Le Vaudois a la tête sur les épaules et un plan de carrière déjà tout tracé. En juin prochain, il devrait obtenir sa maturité, puis faire une année d’armée avant d’entamer des études à l’EPFL en microtechnique et pourquoi pas devenir ingénieur automobile ou dans la robotique. Afin d’assouvir une autre passion, celle du modélisme. «J’achète des pièces détachées, construis des hélicoptères et des drones, ça me permet de déconnecter de l’automobile.» Mais sa prochaine échéance est l’examen pratique du permis de conduire, auquel il est inscrit pour mai. «Ça devrait passer, sourit-il. Je me réjouis de ne plus dépendre de ma mère pour aller faire des courses.» 

 


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