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Plantes alpines

Cueillette médicinale

Les principes actifs des plantes alpines sont de plus en plus prisés pour notre bien-être. Rencontre avec une cultivatrice au savoir infini.

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Nicolas de Neve
15 juillet 2019

Isabelle Gabioud (à dr.) explique à Philippe Meuwly, fondateur de Pharmalp, et à Maude Mathys, championne d'Europe de course de montagne, l'importance des horaires de cueillette. Ici à Commeire près d'Orsières (VS). 

Sur les pentes valaisannes se joue un ballet complexe orchestré par Dame Nature. Celui des interactions entre la terre mère, les plantes alpines et les insectes. Mais pas seulement. Car dans cette danse incessante dont les circonvolutions nous échappent en partie, les plantes aromatiques et médicinales tiennent une place de choix.

«Il y a vingt ans, ces plantes intéressaient peu de monde»

Isabelle Gabioud, cultivatrice

D’ailleurs, selon les chiffres 2018 de l’Office fédéral de la statistique, sur les 437 cultivateurs de ces plantes spécifiques recensés dans le pays, 39 se situent en Valais. Au total, quelque 335 hectares sont dédiés à ces cultures en Suisse. Avec ses 39 hectares, le canton du Valais est le second plus grand producteur, après celui de Berne.

Des principes actifs pour tous

Rhodiola, thym citronné, mélisse, mais aussi edelweiss, sauge, échinacée, les espèces cultivées à l’intention du grand public ne cessent de se développer. En cause? «Un retour à la proximité et une sensibilisation aux remèdes naturels», sourit Isabelle Gabioud (50 ans), cultivatrice dans le val de Bagnes. Il faut dire que celle que de nombreux professionnels considèrent comme la papesse des plantes en Valais connaît son sujet. Voilà plus de vingt ans que cette puriste du monde végétal se consacre à la culture, aux soins et à la cueillette manuelle de plantes.

«Il y a vingt ans, cela intéressait peu de monde. C’était une activité très marginalisée. Depuis quelques années, un nouvel engouement se fait sentir sur ces capacités qu’ont les plantes alpines à nous soulager et même à soigner», note Isabelle Gabioud.

«Je prends souvent l’exemple de l’impératoire qui possède des vertus cicatrisantes. Aujourd’hui encore les paysans l’utilisent pour soigner les bobos de leurs vaches, mais peu pour la famille», observe-t-elle. «Elle est cicatrisante, que ce soit pour un animal ou un être humain. Ce sont toutes ces notions que les gens, mais aussi certaines entreprises, souhaitent réapprendre.»

De nombreuses plantes alpines peuvent se préparer en infusion.

Des plantes pour le bien-être

C’est le cas de Pharmalp SA, dont le fondateur Philippe Meuwly, docteur en biologie, n’a pas hésité à se lancer dans l’aventure. Après douze ans de recherche en biologie végétale et quinze ans à œuvrer dans l’industrie pharmaceutique, ce spécialiste a décidé de se consacrer uniquement aux plantes utiles pour notre bien-être. «Nous transformons entre 3 et 5 tonnes de plantes par année», souligne-t-il. A la question de connaître la raison de ce choix spécifique de plantes suisses, notre interlocuteur sourit: «Les conditions ici sont idéales, la pollution peu ou pas présente en altitude par rapport à d’autres pays d’Europe et une récolte entièrement manuelle est indispensable. Alors certes, c’est plus onéreux à l’achat, mais une très grande qualité est au rendez-vous.» Récolter les plantes à la bonne saison, le bon jour et même à la bonne heure est primordial. «Les propriétés moléculaires des principes actifs diffèrent même selon les horaires de récolte de la journée, et selon chaque plante», conclut Isabelle Gabioud en nous tendant un petit sachet en papier. «Je vous conseille de prendre un peu de sauge, de thym citronné et de mélisse pour faire une infusion. A cette période, elles sont parfaites.»

Lecture: Un guide à étudier

Si vous voulez en savoir plus: «Plantes médicinales et plantes toxiques des Alpes – Les reconnaître, les utiliser correctement, ne pas les confondre», Dr Kurt Hostettmann, Editions Favre.