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Réussir ses floraisons

L’épinard ou la salade qui montent en fleur avant la récolte, c’est aussi désolant qu’un rosier qui ne fleurit jamais. Zoom sur les mécanismes qui règlent la floraison chez les plantes, pour mieux les comprendre et donc les dompter.

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Alamy | Beatrice Thommen-Stöckli
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Geoffrey Raposo
12 août 2019

Le point de départ d’une mise à fleur est souvent un choc. Qu’il soit provoqué par un coup de sec, de chaleur ou de froid, ce changement brusque, ce stress pousse la plante à préparer sa sexualité (fleur) et sa descendance (fruit et graine). Elle cherche à se reproduire.

Encore faut-il que le végétal se trouve au stade (adulte) lui permettant de mettre en place ce mécanisme de survie et de propagation. La pivoine lambine trois ans avant de s’y mettre, la tomate doit d’abord construire 13 entre-nœuds et certains noyers mettent plus d’une vingtaine d’années avant de connaître les joies de la sexualité. Et l’on ne parle pas ici des impénitents du sécateur qui épluchent leurs fruitiers chaque année, ne laissant aux nouvelles pousses en croissance aucune chance de passer au développement, donc à la floraison. Dans le même esprit, vous ne verrez jamais de fruits sur les platanes émondés, leur état juvénile étant maintenu par la suppression des rameaux sur les «têtes chat».

Du côté du potager, le repiquage des légumes représente lui aussi un choc. La petite motte sortie de la barquette doit être bien trempée et bien suivie en son apport d’eau les jours après la plantation. Carotte, céleri, oignon et betterave détestent un petit coup de froid à l’état de plantule et réagissent en préparant une ombelle de fleurs. C’est l’inverse chez les salades, épinards et radis qui craignent les nuits chaudes et apprécient des arrosages rafraîchissants à ce moment. Indiqués sur les emballages de semences, les notions de printemps, d’automne, précoce accompagnant le nom de la variété jouent un rôle primordial. Au risque de se retrouver sinon avec des salades qui montent en graine.

Quand les salades décident de fleurir plutôt que de donner des feuilles...

Annuelle ou vivace

Tagètes, cosmos, capucines, zinnias nous fascinent chaque été avec leur généreuse floraison. A l’inverse, iris, pivoines, centaurées et hostas s’épanouissent une fois l’an, puis s’arrêtent. Les premières font partie du groupe des annuelles. Le peu de racines fabriquées les met en danger permanent. Réponse de sauvegarde: un maximum de fleurs, histoire de produire des graines pour envisager de survivre l’année suivante. Les vivaces – second cas – prennent le temps d’installer une kyrielle de belles racines (capables d’hiverner) avant de se mettre à fleurir. Pas de stress, donc moins de fleurs, c’est logique!

Un terrain riche favorise aussi la croissance au détriment de la floraison. Mais la cause la plus fréquente de la mé-­floraison d’un rosier ou d’un arbre fruitier est une taille excessive ou mal appliquée. L’intervention devrait donc se limiter à ôter le vieux bois ou à supprimer quelques rameaux en excès. Ne pas chercher à raccourcir ou à donner une forme. Laisser une saison la scie et le sécateur dans l’armoire à outils peut montrer des résultats très positifs…

Astuces de pro

Choix variétal

Bien respecter la période de semis indiquée sur le sachet de graines, pour profiter des meilleures conditions.

Par temps froid, couvrir les carottes

En période frisquette, les semis de carotte, céleri et radis gagnent à être protégés d’une natte géotextile.

Stresser l’arbre fruitier

Etrangler d’un tour de fil de fer le tronc ou la branche d’un arbre fruitier en juillet, s’il refuse de fleurir, et l’ôter à la mi-août.

Fleurs au jardin: le dahlia

Plantes à bulbes, les dahlias fleurissent de juin à octobre. Elles sont originaires du Mexique. Pensez à retirer régulièrement les fleurs fanées pour encourager la plante à refleurir. 14 fr. 95 chez Coop brico+loisirs

Retrouvez les autres astuces de jardinage de Bernard Messerli, comme ces conseils pour réussir son compost