X

Recherches fréquentes

La ville numérisée

Les cités intelligentes sont bien davantage que la somme de leurs capteurs et de leurs applications. Au Japon, le colosse de l’électronique Panasonic a conçu un centre urbain qui donne une idée de la Smart City du futur.

PHOTO
PANASONIC, DR
02 décembre 2019

Londres fait partie du cercle des Smart Cities (villes intelligentes), à l’instar de New York, Amsterdam et Vienne. Il est toutefois difficile d’établir un classement des cités sur la base du degré de numérisation. Car à ce jour, il n’a pas été possible de s’entendre sur une définition précise de la Smart City.

Fujisawa SST (Sustainable Smart Town), la ville modèle planifiée au Japon par Panasonic, permet d’imaginer ce concept urbain futuriste. Selon l’entreprise nippone, Fujisawa SST réduirait les émissions de gaz carbonique de 70% et la consommation d’eau et d’électricité de 30% par rapport à une métropole conventionnelle. Toutes les habitations sont interconnectées. Equipées de capteurs, elles autorégulent leur consommation. L’administration ressemble à un centre de données qui sait ce qu’il advient dans les rues. Les résidants profitent d’espaces de rencontres verts et de nombreuses possibilités de formation.

Améliorer la qualité de vie

Une Smart City est davantage que la somme de ses capteurs. Une économie durable, des concepts de mobilité réfléchis, une gestion intelligente et un urbanisme orienté sur l’humain permettent d’améliorer la qualité de vie. De la scolarisation aux transports, tous les secteurs sont concernés. Si «smart» ne signifie pas que tout doit être virtualisé, la numérisation reste un élément clé.

Dressons le scénario du quotidien tel qu’il pourrait se présenter dans une ville intelligente: dès que vous quittez la maison le matin, votre logement réduit le chauffage. Une application vous propose le meilleur moyen de transport pour vous rendre au travail. L’e-bus est déjà plein à craquer et le voisin, propriétaire d’une voiture électrique, déjà parti: vous enfourcherez donc votre vélo. Une application vous demande si vous souhaitez récupérer un colis au retour ou si vous préférez que le coursier (à vélo!) le dépose à domicile. Des projets existent déjà: des villes comme San Francisco, Copenhague ou Londres sont connues pour leurs solutions de mobilité électrique. Cependant, en termes de gouvernance, les bilans sont mi-figue mi-raisin. La seule exception concerne Vienne, considérée comme un exemple: un organisme central y coordonne l’ensemble des projets.

Pour des mégapoles de plusieurs millions d’habitants, qui ne sont pas, comme Fujisawa (3000 âmes), sorties d’une planche à dessin, la tâche est autrement plus difficile. Les rues ne se muent pas en un coup de baguette magique en espaces verts, et de nombreuses problématiques ne se résument pas à une question de budget ou de technologie. Un lampadaire servant de borne wifi et surveillant la rue est une chose. Un logement avertissant l’administration en cas de comportements suspects en est une autre.

Avec l’arrivée d’une série d’objets connectés, toute une catégorie d’appareils au sein des foyers sont encore confrontés à des problèmes de sécurité. En outre, les avis des habitants divergent de plus en plus sur le fait de savoir si les caméras et les capteurs les protègent ou les menacent. En revanche, l’entraide et l’intégration sociale passent pour les clés d’une bonne qualité de vie.