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Trois drones sous les feux de la rampe

Les drones de loisirs connaissent un engouement croissant, comme en témoigne la multiplication des modèles. Evaluation de trois appareils couvrant une large gamme. 

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Valentin Flauraud
11 novembre 2019
Valentin Flauraud 

Coucher de soleil sur les vignes de Féchy (VD): le drone permet des prises de vue spectaculaires.

Gagner les drones testés


Les drones font désormais partie de notre environnement social. Mieux, ils jouissent d’un énorme succès. Utilisés à l’origine par les militaires, ces engins volants téléguidés évoluent de nos jours sur des territoires plus pacifiques: cartographie 3D, surveillance de sites industriels, cinéma, manifestations culturelles et sportives, médias, agriculture, distribution, aide humanitaire, loisirs. Laboratoires, start-up ou encore instituts de recherche, à l’image de la «Drone Valley» de l’EPFL, imaginent l’avenir de ces aéronefs sans pilote.

A l’affût des retombées financières, les milieux économiques comptent déjà les espèces sonnantes et trébuchantes, émoustillés par les 14 milliards de dollars (13,85 milliards de francs) que devrait représenter le commerce mondial du drone à l’horizon 2026. Le marché du drone de loisirs, lui, est en plein essor depuis une quinzaine d’années. L’offre oscille entre des engins minuscules au look de joujoux et des machines professionnelles sophistiquées. Dans ce contexte, nous avons procédé au test de trois modèles représentatifs de l’éventail des produits proposés dans les points de vente du groupe Coop.


«Les drones du futur seront interconnectés»

Dario Floreano, directeur du Laboratoire des systèmes intelligents de l’EPFL, s’exprime sur le marché des aéronefs sans pilote et sur leur évolution technologique.

Quels créneaux économiques occupent les fabricants de drones?

Il faut distinguer deux secteurs: les drones de loisirs et les machines professionnelles. Celles-ci sont utilisées pour la photo professionnelle ou la récolte de données scientifiques.

Quels sont les pays leaders?

Le marché des drones de loisirs est monopolisé à 90% par l’entreprise chinoise DJI. Face à ce colosse, on trouve des sociétés comme la française Parrot.

Le professeur de l'EPFL Dario Floreano. 

Et qu’en est-il des drones à usage professionnel?

Les Européens font bonne figure. Et la Suisse occupe une place de choix, avec deux start-up notamment: SenseFly à Chesaux-sur-Lausanne (VD), fabriquant des engins pour l’agriculture et la photo professionnelle, et Flyability à Paudex (VD), qui produit des drones pour l’exploration en espaces clos (bâtiment ou ballast métallique).

Notre pays se distingue-t-il dans d’autres domaines?

Oui, la Suisse se profile sur le territoire du drone de transport. L’entreprise Matternet a été chargée, en 2018, d’acheminer, par drone, des échantillons de labo entre les hôpitaux de Tiefenau et de l’Ile à Berne (ndlr: l’expérience a été stoppée à la suite du crash d’un engin de La Poste dans la forêt de Zurich en mai 2019).      

Comment évolue le drone de loisirs sur le plan technologique?

Les aéronefs grand public affichent des performances proches de celles des drones pros. Une personne qui n’aurait jamais piloté un drone peut, entre autres, s’en remettre à l’intelligence artificielle pour stabiliser l’appareil.

Où va la recherche?

Le secteur le plus prometteur concerne le fonctionnement en réseau. La plus grande limite des drones porte sur l’autonomie: les engins achetés en magasin peuvent voler 30 minutes au plus. Pour les tâches de grande ampleur sur de longues distances, il faudra des drones interconnectés permettant une coordination inter-machines.

Comment voyez-vous la place des drones d’ici à 50 ans?

Outre leurs tâches classiques de transport ou de livraison, ils effectueront des réparations ciblées. Je pense à des opérations de soudure, aux remplacements de pièces, à des missions d’inspection sur des ponts ou des gratte-ciel. 


Les principes de base pour l’utilisation des drones

Règles à observer

  • Connaître la législation et s’y tenir.
  • Maîtriser l’appareil en toutes
  • circonstances.
  • Respecter la sphère privée (loi fédérale sur la protection des données).
  • Ne pas mettre en danger les personnes et les animaux.
  • Eviter les réserves naturelles. Posséder une couverture d’assurance adéquate.
  • S’informer sur les restrictions et les exclusions de vol auprès des autorités locales ou en consultant la carte interactive de l’Office fédéral de l’aviation civile.

Cas d’interdiction sans autorisation

  • A moins de 5 km d’un aérodrome ou d’un héliport.
  • A plus de 150 m d’altitude à l’intérieur d’une zone de contrôle.
  • Près du lieu d’intervention des secours ou de la police.
  • Au-dessus ou à moins de 100 m des foules.
  • Si le poids total de l’appareil excède 30 kg.

Nouvelle loi dès 2020

Dès juin 2020, la Suisse s’alignera sur l’Union européenne en matière de législation sur les drones. A cette date, tout détenteur d’un appareil d’un poids supérieur à 250 g devra s’enregistrer à la Confédération et passer un examen en ligne (connaissances législatives et techniques, capacités de maîtrise de l’appareil). La nouvelle loi pourrait, en outre, introduire un âge minimal de 16 ans pour piloter un drone.


Comparatif des trois drones 

DJI Tello

Le DJI Tello pèse 80 grammes. 

  • Rayon d’action: 100 m
  • Vitesse max.: 30 km/h
  • Autonomie: 13 min
  • Résolution vidéo: HD 1280 × 720
  • Prix: 89 fr. 90 chez Interdiscount
  • Niveau: débutant

Un insecte à hélices aux dons d’acrobate: c’est le portrait qu’on peut brosser du DJI Tello. Ce mini-drone de 80 g fait figure de sympathique jouet. L’engin ravira les tout jeunes si, d’aventure, ils devaient le dénicher dans la hotte du Père Noël. On se pique vite aux pitreries de cette machine volante, tant elle multiplie loopings et rebonds grâce à son agilité de gymnaste chinoise. Sans prétention scientifique ou professionnelle (caméra fixe, inertie dans les mouvements, manque de stabilité), le Tello est un objet ludique qui égaiera petits et grands enfants. En raison de sa facilité de pilotage gérable par une application smartphone, cette machine est taillée pour s’initier au guidage de drone.    

3,5 étoiles sur 5


Parrot Anafi FPV

Le drone français Parrot Anafi FPV possède une autonomie de 26 minutes. 

  • Rayon d’action max.: 4 km
  • Vitesse max.: 55 km/h
  • Résolution vidéo: 4K (Ultra HD)
  • Autonomie: 26 min
  • Prix: 899 fr. 90 chez Interdiscount
  • Niveau: intermédiaire / expérimenté

Avec l’Anafi FPV (First Person View), lancé récemment sur le marché, Parrot livre un produit abouti. Le pilotage au moyen des deux joysticks est aisé, précis et sécurisant. Parmi les autres points forts de cette machine de 315 g figure un vaste choix de paramètres comme la nacelle inclinable à 180 degrés, les différents modes de pilotage, les configurations des cartes de vol (plan, satellite, hybride) ou la géo-barrière (délimitation d’un périmètre de vol). La qualité des photos et des vidéos est à la hauteur, de sorte que ce drone convient à un usage tant ludique que professionnel.

Initiative intelligente du constructeur français, l’Anafi FPV est livré avec un pack. Ce dernier inclut les lunettes Cockpitglasses 2 sur lesquelles on fixe le smartphone. Le dispositif est gage d’expérience de vol en immersion. C’est fun et surprenant, même si la vision se révèle quelque peu floue. Outre les lunettes, le pack comprend des hélices de rechange, une carte mémoire et un sac à dos. Les faiblesses du Parrot Anafi FPV portent sur la finition, la portée et, surtout, l’absence de détecteurs d’obstacles.

4 étoiles sur 5


DJI Mavic 2 Pro Hasselblad

Le DJI Mavic 2 Pro Hasselblad fait quasiment un sans-faute 

  • Rayon d’action max.: 8 km
  • Vitesse max.: 72 km/h
  • Résolution vidéo: 4K (Ultra HD)
  • Autonomie: 31 min
  • Prix: 1399 fr. 90 chez Interdiscount
  • Niveau: expérimenté

Avec son Mavic 2 Pro Hasselblad, DJI réalise quasiment un sans-faute. Au moment de déballer et de prendre en main le drone chinois, force est de constater que celui-ci donne un sentiment de solidité. Le montage est un jeu d’enfant. Particularité introduite par DJI, les joysticks de télécommande et les hélices sont amovibles.

Une fois en vol, l’engin affiche une stabilité remarquable. Muni de multiples capteurs intégrés, il assure, dans certains modes, une détection d’obstacles à 360 degrés. Grâce à la caméra fabriquée par la société suédoise Hasselblad, la qualité des photos et des vidéos est excellente, à tel point que le Mavic 2 Pro fera le bonheur des photographes et vidéastes professionnels.
Pour ceux qui pratiquent ces activités à titre de hobby, il permettra de réaliser des documents de nature à impressionner membres de la famille et amis. L’une des grandes forces du Mavic 2 Pro Hasselblad porte sur son haut degré d’autonomisation. La fonction Active Track, par exemple, permet de programmer l’appareil afin que celui-ci suive des personnes ou des objets en mouvement.

5 étoiles sur 5