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Aux manettes du train

Découverte Les CFF proposent jusqu'en décembre de traverser le massif du Gothard dans la cabine de pilotage, avec les explications d'un passionné. Nous avons testé et apprécié cette expérience unique.

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Perretfoto.ch, SP
01 mai 2016

Sur la ligne du Gothard, trois générations de signalisation se côtoient. Le conducteur de locomotive Hans Kern doit rester très concentré. Hans Kern salue Paul Jauch à la gare dArth-Goldau. Le second a été le maître du premier durant sa formation de mécanicien sur locomotive. Entre conducteurs de locomotives, on se salue. Ici une Re 420. Les trains pendulaires peuvent arpenter les versants du Gothard à 95 km/h. Lentrée du tunnel de base du Gothard, qui sera prochainement mis en service. La centrale hydro-électrique dAmsteg, classée monument historique. Le train passe trois fois, à trois hauteurs différentes, devant léglise de Wassen. Le conducteur doit en permanence appuyer les pieds sur la barre. Sil relâche la pression, un sifflement ly rend attentif. Sil ne réagit pas, le train déclenchera un arrêt durgence. Paul Jauch montre la photo de la statue de Sainte-Barbe quil a prise au beau milieu du vieux tunnel du Gothard. A Locarno, nous avons loccasion de visiter lintérieur de la locomotive.

Hans Kern salue Paul Jauch à la gare dArth-Goldau. Le second a été le maître du premier durant sa formation de mécanicien sur locomotive.

Entre conducteurs de locomotives, on se salue. Ici une Re 420.

Les trains pendulaires peuvent arpenter les versants du Gothard à 95 km/h.

Lentrée du tunnel de base du Gothard, qui sera prochainement mis en service.

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Un monde à part

On ne sait plus où donner de la tête durant les deux heures et demie du trajet. Ici un monument d'ingénierie, là un bâtiment historique, plus loin une catastrophe naturelle qui a coupé le nord du sud pendant quelques jours… «Cette ligne, c'est un monde en soi, on prend son temps, avec une vitesse maximale de 80 km/h à la montée», raconte Paul Jauch. Quand on demande à l'Uranais quel côté du massif il préfère, point de chauvinisme: «Le plus beau, c'est de conduire en hiver, de nuit, à la pleine lune.» Nous entrons dans le premier des sept tunnels hélicoïdaux (cinq à 360°, deux à 180°). Le radius s'élève au moins à 300 mètres, ce qui permet aux trains d'y rouler à 80 km/h (95 km/h pour les trains pendulaires).
Le train s'arrête en gare de Göschenen (UR), juste devant le tunnel. Celui-ci a été inauguré un 1er juin (1882), qui est aussi la date de naissance de Paul Jauch (70 ans) et celle de l'inauguration prochaine du tunnel de base (2016). «On l'a construit pour une seule voie, mais il est assez large pour deux, explique-t-il. Au kilomètre 10 se trouve la frontière cantonale et une statue de sainte Barbe, la Sainte patronne des mineurs et protectrice des tunnels.» Elle est si petite que le conducteur n'a guère le temps de la regarder. Lors de son ultime trajet avant la retraite, l'Uranais a pris la liberté d'arrêter son train en plein tunnel pour aller nettoyer la vitre protectrice de la statue, lui rendre hommage et la prendre en photo.
Côté tessinois, c'est la douche froide. Pluie et épais brouillard. Le train patine et le risque d'aquaplaning s'avère réel. Le conducteur utilise la méthode «en dents de scie»: il laisse le train rouler jusqu'à la vitesse maximale, avant de freiner pour atteindre la vitesse minimale et ainsi de suite. La température du moteur indique 73 °C. Tout va bien.
Au-dessous d'Ambri (TI), un double tunnel hélicoïdal part d'abord à gauche, puis à droite. «Les ingénieurs d'autrefois ne pouvaient pas faire des sondages de la montagne aussi poussés qu'aujourd'hui, mais ils avaient deviné que ce type de roche ne supporterait pas deux tunnels superposés», admire Paul Jauch. Loin d'être un nostalgique, il a également conduit des groupes dans le tunnel de base du Gothard où il ne se lasse pas de raconter les prouesses technologiques.

Profitez d'un rabais de 30% sur un voyage en cabine de conduite sur le Gothard, en Suisse orientale, au pied du Jura ou dans un train ETR610 en Valais! Offre valable du 2 mai au 2 juin 2016 pour un voyage d'ici au 10 décembre 2016.

Plus d'informations

Réservation également possible en gare au guichet Billet événement, chez Ticketcorner ou sur Rail Service 0900 300 300 (1 fr. 19/min depuis un poste fixe). Pour profiter du rabais de 30%, indiquez l'action spéciale Coop et le code de promotion Coop2016.

Saint post mortem

Gothard de Hildesheim (960-1038), évêque

Comment moi, Gothard de Hildesheim, évêque de Basse-Saxe au nord de l'Allemagne, suis-je devenu une montagne suisse? Moine bénédictin, promu évêque à 62 ans, ma réputation n'a guère dépassé les limites de ma région. C'est mort que je deviens célèbre: les aveugles qui se rendent sur ma tombe retrouvent la vue! Les paralytiques leurs jambes! Mes miracles «post mortem» prennent une telle importance que le pape me sanctifie en l'an 1131. Je suis vénéré de la Croatie à la Scandinavie, avec une attention particulière à l'est de l'Allemagne et au nord de l'Italie. Au XIIIe siècle, je deviens le saint protecteur de deux importantes routes commerciales, les cols du Gothard et… du Simplon, où une église m'est encore consacrée aujourd'hui. On me fête le 5 mai.
Vers la fin du Moyen Âge, les habitants de la région du Gothard inventent des légendes pour s'approprier mes origines allemandes. Ils racontent que j'aurais été un ermite vivant dans la montagne, capable de miracles pour protéger les voyageurs des avalanches et d'autres dangers.