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Le tunnel dans le porte-monnaie

Numismatique Le portail nord du tunnel ferroviaire du Gothard est représenté sur une pièce en argent. Le portail sud suivra fin mai, frappé sur une pièce en or. C'est Swissmint qui a été chargée de battre monnaie.

11 janvier 2016

Le graveur Remo Mascherini contrôle sur lordinateur les détails de la pièce de monnaie.

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Pour l'éternité

Depuis 1853, Swissmint, autrefois nommé «La Monnaie», commence à battre monnaie, sur mandat du Conseil fédéral et selon les quantités commandées par la Banque nationale. La firme compte aujourd'hui 22 employés. Toutes les pièces, de 5 francs à 5 centimes, sont produites ici: «Nous nous occupons également des pièces commémoratives liées à des événements ou à des jubilés importants pour la Suisse, explique Urs Liechti, responsable commercial de Swissmint. Le nouveau tunnel du Gothard en fait naturellement partie.» Aussi celui-ci s'invite sur deux pièces: l'une de 20 francs (en argent) représentant le portail nord du tunnel à Erstfeld, et l'autre de 50 francs (en or) avec le portail sud de Bodio (cette dernière sera en vente dès le 26 mai). Les pièces ont cours légal mais la valeur des pièces en or est supérieure à la valeur nominale.
Les travaux de préparation ont débuté, il y a environ 18 mois, par une ébauche de Fredy Trümpi mandaté par Swissmint. «Cela a été un véritable honneur, raconte l'artiste. Ce n'est pas tous les jours que l'on crée une pièce de monnaie! Pour un ouvrage aussi exceptionnel, il fallait quelque chose de spécial.» La principale difficulté a été de transmettre des émotions sur un espace aussi réduit et sans pouvoir utiliser la couleur. «J'ai exploité le relief en insérant les éléments proéminents tels que le portail, les montagnes, la locomotive et, dans le cas de la pièce tessinoise, le centre de commande.»

Une œuvre d'art technique

Une fois le dessin achevé, les traits sont dessinés en trois dimensions sur une pièce en plastique d'environ 21 cm de diamètre, grâce à la modélisation par ordinateur: «Cette méthode permet de voir en relief tous les détails», précise Remo Mascherini.
La pièce est ensuite réduite avec une fraiseuse sur un support en acier. Le graveur travaille les petits détails. On trempe cet outil «originel» dans de l'acier doux afin de créer les étampes, qui devront encore être polies.
La véritable frappe est réalisée avec une pièce vierge polie, insérée à la main dans le moule.

Le visionnaire

Alfred Escher (1882), politicien et entrepreneur

Les Escher sont une ancienne et grande famille zurichoise, dans laquelle la faillite de mon grand-père avait provoqué pas mal de dégâts. Dès que mon père eut reconstitué une petite fortune, il fit construire une demeure hors de la ville, baptisée le «Belvoir», qui fut mon refuge. À plus forte raison après le décès de mon épouse, qui me laissa seul avec notre petite fille. Dès mes études en droit, je me suis engagé dans la vie politique, comme élu cantonal puis conseiller d'État zurichois. En 1848, à 29 ans, j'ai été élu au Conseil national, où j'ai siégé jusqu'à ma mort. J'ai fondé, entre autres, la ligne de train reliant le nord-est de la Suisse, et un établissement bancaire, qui a permis au pays de passer d'une économie agricole à un État moderne. En temps que président de la direction de la ligne du Gothard, j'y ai consacré toute mon énergie, c'était l'œuvre de ma vie. Les opposants et les politiciens jaloux ont utilisé comme prétexte les dépassements de coûts pour exiger ma démission – deux ans avant le percement, auquel on ne me convia même pas. Lors de l'inauguration, en mai 1882, j'étais déjà très malade. Un an et demi plus tard, je suis mort, aigri, à 63 ans.

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