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Dans les jardins de Weleda

La marque de cosmétiques bio suisse cultive des jardins autour du monde… mais aussi près de chez nous! Un coup d’œil dans les coulisses autour de Bâle.

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Heiner H. Schmitt
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Tatiana Tissot
27 août 2018
Les jardins de Weleda sont cultivés selon les principes de la biodynamie. Ici, le chef jardinier Pierre Kappler brasse une préparation qui sera versée sur les plantations, pour les stimuler.

Les jardins de Weleda sont cultivés selon les principes de la biodynamie. Ici, le chef jardinier Pierre Kappler brasse une préparation qui sera versée sur les plantations, pour les stimuler.

Pour les amateurs de cosmétiques naturels et biologiques, Weleda est une valeur sûre, pionnière dans le domaine. Mais saviez-vous que l’entreprise est basée à Arlesheim, près de Bâle? Si elle compte également des sites de production en France et en Allemagne, c’est ici en Suisse que se trouve son siège et que sont fabriqués 60 produits, dont les gels douche et les lotions. 

Après avoir enfilé une blouse, une charlotte et des lunettes de protection, nous suivons Dieter Burkhard, chef de production, dans les couloirs de l’usine. Il nous entraîne dans la «chambre forte» de Weleda. Une pièce climatisée, où sont stockés d’énormes bidons d’huiles essentielles, dont les effluves nous chatouillent le nez. Ces matières premières précieuses, issues de la distillation des plantes, entrent dans la composition de nombreux cosmétiques de la marque. La crème de douche à la grenade à elle seule en contient une vingtaine différentes!

A l’étage du dessous, j’observe le ballet des flacons qui défilent sur les chaînes de production. Ils sont remplis par des machines qui se chargent aussi de placer les bouchons et de coller les étiquettes par des gestes mécaniques saccadés. Un spectacle hypnotique! «De 90 à 150 flacons sont produits par minute et par chaîne», indique Dieter Burkhard. Des étiquettes en différentes langues sont apposées sur les produits selon les heures, et nous rappellent que la marque exporte ses soins dans plus de 50 pays, y compris le Japon ou le Brésil.

Soudain, un accroc survient et des opérateurs s’affairent autour d’une machine capricieuse, afin qu’elle redémarre au plus vite: le temps, c’est de l’argent! Pas moins de 27 millions de flacons par an sortent de l’usine suisse. Celle-ci mise entièrement sur des énergies vertes, grâce à des panneaux solaires et à l’achat de courant vert.

Entre cosmétique et pharmacie

Si Weleda est bien connue pour ses cosmétiques naturels, l’entreprise est aussi active dans le domaine de la pharmacie. Dès le début de son histoire, en 1921, elle est inspirée par le courant anthroposophique, lié aux forces de la nature. Des pharmacies lui commandent ainsi des préparations à base de plantes, élaborées ici à Arlesheim. Ce lien fondamental avec les plantes, Weleda le cultive dans une dizaine de jardins autour du monde. Ils lui procurent une partie de ses matières premières: le reste est obtenu auprès de fournisseurs, engagés comme elle dans une démarche éthique et durable.

Au milieu des fleurs

Dans la région de Bâle, nous partons visiter deux jardins de Weleda: l’un est situé au Froloo, dans les collines près d’Arlesheim, et le second se trouve de l’autre côté de la frontière, à Bouxwiller, près de Huningue en Alsace. Nous les découvrons début juin, en pleine floraison, accompagnés de Pierre Kappler (55 ans), chef jardinier. Il nous explique que les lieux de culture se trouvent stratégiquement placés près des sites de production suisses et français, pour limiter le temps de trajet jusqu’à la transformation. 

«La récolte s’effectue à la main, le matin, dès que la rosée a séché, pour garantir la qualité et la fraîcheur de la plante.» Différentes parties de celle-ci peuvent être exploitées: fleurs, feuilles (à prélever avant la floraison, comme c’est le cas pour la mélisse), mais également fruits, graines ou racines. Six collaborateurs travaillent l’été sur les sites. «Mais pour les récoltes spéciales, pour lesquelles il faut plus de monde, les autres employés de Weleda viennent volontairement nous donner un coup de main!» 

La culture, bio bien sûr, se fait sans intrant chimique et en prévoyant des espaces dédiés à la biodiversité. Cela bourdonne fort d’ailleurs dans le jardin alsacien: des abeilles butinent une bryone, plante grimpante poussant contre un mur, à quelques pas d’un hôtel à insectes. Plus loin, un petit étang offre un refuge aux grenouilles et libellules. Les jardiniers pratiquent aussi la biodynamie: des préparations à base de plantes médicinales, de bouse de vaches et de cristaux de quartz sont longuement brassées à la main avant d’être utilisées pour stimuler les plantations. 

Une trentaine d’espèces de plantes entrant dans la composition des cosmétiques Weleda sont cultivées en Suisse.  

Cultiver son individualité

Autre point important: chaque jardin de Weleda est différent. «C’est une bonne chose car on ne veut pas être homogène ni normalisé, précise le chef jardinier. Nos jardins autour du monde ont chacun leur individualité.» Si au total 300 espèces de plantes entrent dans les compositions des produits Weleda, la plus grande partie reste cultivée en Allemagne. Ensuite, 30 à 40 espèces de plantes sont produites en Suisse, et le même nombre en France. 

 Le siège de l’entreprise à Arlesheim, près de Bâle.

Mais les jardins ne font pas tout! Certaines espèces ne peuvent être domestiquées ou ont un meilleur rendement à l’état sauvage. La primevère est donc aussi récoltée à la main dans les Vosges et dans le Jura suisse. Finalement, avant que les plantes ne prêtent leurs propriétés et parfums aux produits de la marque bio, c’est un long processus, respectant le rythme de la nature. A cogiter sous la douche, en rebouchant son tube estampillé Weleda.