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Le ski de fond se rajeunit

Tendance L’image poussiéreuse associée pendant longtemps au ski de fond subit actuellement une véritable cure de jouvence. Les raisons de cet engouement populaire sont nombreuses.

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Peter Mosimann, Xavier Voirol
05 février 2018

Laeticia Rosat (en vert) et Lysiane Fischer pratiquent le skating, plus fun que le style classique selon elles.

 

Reportage

 

Originaires de la région, elles ont renoué avec ce sport il y a peu. Enfants, elles se sont familiarisées avec le style classique dans un club local, les Goupils, avant de se réorienter vers le ski de piste. Mais désormais, c’est à nouveau le ski de fond, – le skating tout particulièrement, «plus fun» –, qui les branche. Si Laeticia pratique toujours le ski alpin de temps à autre, Lysiane, quant à elle, préfère le ski de fond: «C’est plus convivial, plus tranquille mais aussi plus physique, argumente-t-elle. Le ski alpin est trop compétitif. C’est chacun pour soi.» Et son amie d’ajouter: «Ça nous sort, nous fait du bien et en plus c’est cool.»

Dans les magasins de sport des régions près des pistes, cet engouement se confirme. «Il y a de plus en plus d’adeptes du ski de fond, beaucoup plus qu’il y a quinze ans. Les parents qui en faisaient à l’époque s’y remettent en emmenant leurs enfants. Jusqu’à l’âge de 10 ans, c’est le style classique qui domine. Après 10 ans, c’est plutôt le skating. Comme la randonnée en été, le ski de fond a la cote en hiver», constate Jean-Pierre Clerc, responsable du magasin Nordic-Sport au col du Mollendruz (VD). En Valais, à Chevrier Sport aux Haudères, ce sont «surtout les jeunes» qui s’intéressent à cette discipline. Même son de cloche à la Vue des Alpes (NE) où Jean-Claude Chautems, traceur des pistes depuis 22 ans et responsable du Centre nordique constate: «J’ai croisé un homme l’autre jour, la vingtaine, qui m’a demandé où prendre des cours de ski de fond. Je vois de plus en plus de jeunes sur les pistes.»

La densité de pistes en Suisse romande (avec le Jura français) est la plus élevée au monde d’après les experts. Même si elles ont l’embarrasdu choix, les deux amies préfèrent skier aux Mosses.

Écologique, économique, sain

Les jeunes s’y mettent, certes, mais les plus âgés aussi. Par sa technique relativement facile à apprendre et ses mouvements doux, «ce sport peut se pratiquer toute la vie», explique Laurent Donzé (64 ans), président de l’organisation Romandie Ski de Fond, collectionneur de skis et de livres sur cette discipline, et accessoirement professeur de chimie. «Les accidents et blessures sont rares dans ce sport», ajoute-t-il. La sécurité fait en effet partie des principaux arguments qui poussent nombre de personnes à s’y intéresser.

Bien qu’il soit doux pour les articulations, ce sport exige de l’endurance physique. Comparativement, une heure de ski de fond, à un rythme soutenu, permet de brûler jusqu’à deux fois plus de calories qu’en ski de piste.

Autre argument de taille, le prix abordable attire un grand nombre de nouveaux adeptes. Le prix d’un abonnement de saison donnant accès aux pistes tracées dans toute la Suisse est de 140 fr. Il est possible de prendre un abonnement pour seulement une région ou une carte hebdomadaire ou journalière. «C’est moins cher qu’un abonnement de fitness, résume Laurent Donzé. Pour acheter un matériel haut de gamme comprenant skis, bâtons et chaussures, il faut compter plus de 1000 fr. mais pour un matériel d’entrée de gamme, 500 à 600 fr.» Pour les débutants et pour les skieurs occasionnels, la location reste la meilleure option pour la phase initiale (entre 100 et 200 fr. la saison selon le magasin). Ajouter à l’argument budget un accès relativement facile aux pistes, aussi en transports en commun, avec un matériel léger, sans prendre de remontées mécaniques.
 

C’est moins cher qu’un abonnement de fitness

Laurent Donzé (64 ans), président de Romandie Ski de Fond

Un peu d’histoire

En Suisse, avant 1900 et jusqu’aux années 1920, le ski a seulement un côté utilitaire et n’est utilisé que pour les déplacements. Seuls les chasseurs, les facteurs, puis les soldats et quelques rares habitants des régions d’altitude savent en faire. Dans le nord de l’Europe, en Norvège en particulier, le ski s’invite dans les activités de loisirs dès le début du XXe siècle. De jeunes Norvégiens, étudiant à l’École polytechnique de Zurich, y amènent leurs skis et font découvrir cette discipline aux Suisses. Mais il faut attendre les JO de 1924, pour voir éclore le ski de fond sous sa forme sportive. Il devient alors une discipline olympique, une décennie avant le ski alpin! Jusqu’aux années 1980, seul le style classique (dans les tracés) est reconnu mais le style skating (patinage) commence à s’imposer (explications des différences entre skating et classique sur notre site). Le marathon d’Engadine a joué un rôle central dans cette nouvelle discipline en Suisse. Cet événement qui fête cette année sa 50e édition (lire notre encadré ci-contre) a en effet popularisé cette technique «libre» de patinage. Durant les JO de Calgary (Canada), en 1988, le skating est enfin officiellement reconnu comme nouvelle discipline olympique de ski de fond.
 

Laurent Donzé, incollable sur le ski de fond, possède une collection de plus de 3000 skis et 700 livres sur le sujet. Il les expose chez lui, aux Bois (JU).

L’après-ski (de fond)

Laeticia et Lysiane ont effectué une dizaine de kilomètres. Elles ont profité du soleil généreux dans un cadre de carte postale. Après l’effort, elles ont bu une bière dans une buvette où tout le monde se connaît, avant de se donner rendez-vous pour une nouvelle sortie.

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Contrairement au ski de piste, l’après-ski ne fait pas partie du menu lors d’une sortie en ski de fond, ce qui n’empêche pas Lysiane et Laeticia de boire une boisson maltée après l’effort.

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  • 1990 Ski de fond d’une marque autrichienne. Modèle conçu pour la pratique du style skating.
     
  • 1975 Ski de fond ultraléger, d’une marque suédoise. Dernière génération de ski en bois.
     
  • 1974 Ski de fond mythique d’une marque autrichienne. Ces skis ont marqué le passage du bois au plastique.
     
  • 1970 Célèbre ski de fond d’une marque finlandaise. Très connu et apprécié dans le monde de la compétition.
     
  • 1940 Première génération de skis de fond suisses, Müller. La construction en bois lamellé/collé fait son apparition.
     
  • 1930 Ski de fond norvégien sans marque, en bois massif. Premier ski conçu spécifiquement pour le ski de fond.
     
  • 1910 Ski suisse polyvalent en bois, Melchior Jakober. Première fabrique de skis en Suisse.

     

Marathon d'Engadine

Le marathon d’Engadine, dont Coop est l’un des principaux sponsors, compte cette année sa 50e édition. Pour ce jubilé qui se déroulera le 11 mars prochain entre Maloja et S-chanf, 14  200 personnes se sont inscrites (c’est complet!), ce qui représente un véritable record de participation.

La première édition, en 1969, avait réuni 945 coureurs. L’année 1987 a connu une étape clé avec la mise en place de pistes distinctes pour le style classique et le style libre. Aujourd’hui, les participants ne sont plus que 5% à opter pour le style classique.

Cette course attire désormais toutes les générations. Françoise Stahel (80 ans), originaire de Klosters (née en France), est la seule femme à avoir participé à tous les marathons d’Engadine. Nous avons accompagné cette fondeuse charismatique sur les pistes lors de son entraînement (voir la vidéo sur notre site). Durant le mois de mars, outre le célèbre marathon, divers événements sont organisés dans la région. Informations complètes en cliquant ici.
 

Lysiane Fischer (19 ans), fondeuse «pour le plaisir» aux Mosses, son lieu d'origine.

Pour quelle raison y participez-vous?
Pour le cadre magnifique tout d’abord, sur le lac. Et ensuite, parce que j’aime me mettre des défis. Mais la principale raison, c’est peut-être pour la bonne ambiance qui y règne.

Y allez-vous seule?
Non, j’y vais avec mon père et une amie de la famille.

Comment vous entraînez-vous?
Je ne m’entraîne pas beaucoup, j’essaye de faire 15 km de temps à autre. Mais je le fais pour le plaisir de participer, et non pour battre des records. Si je finis en moins de 3 heures, je serai très contente.

Tutoriel

Devenez fondeur avec les conseils de Laurent Donzé, président de Romandie Ski de Fond