X

Recherches fréquentes

Zoom
Skier en famille

Les Rasses: les joies du ski pas cher

La neige se fait de plus en plus rare et la pratique du ski coûte cher. Mais plusieurs petites stations romandes proposent encore des forfaits journaliers accessibles. Reportage à Sainte-Croix (VD).

TEXTE
PHOTO
Valentin Flauraud
VIDEO
Geoffrey Raposo
28 janvier 2019

Il y a une certaine effervescence ce mercredi de mi-janvier à Sainte-Croix. La neige a saupoudré les cimes des sapins et le soleil inonde de ses rayons le Balcon du Jura. Le domaine skiable Sainte-Croix/Les Rasses vient d’ouvrir le week-end précédent et son parking affiche bientôt complet en ce début d’après-midi. De nombreuses familles se sont déplacées d’Yverdon, qui se trouve à 20 km, mais aussi de Lausanne et de Neuchâtel. Les Guinchard de Sainte-Croix sont eux venus en voisins. «La proximité, c’est le gros point fort pour nous», nous raconte Didier, qui a lâché son snowboard afin d’accompagner son aînée Noélie (7 ans et demi) sur les skis. 

Didier Guinchard et sa fille Noélie profitent d’une après-midi ensoleillée sur les skis à Sainte-Croix. 

La pratique du ski semble ne plus avoir la cote. C’est en tout cas ce qui ressort d’un rapport publié en 2018 par l’industrie suisse du tourisme, montrant que le nombre de journées de ski a baissé de 23% entre les saisons 2008/9 et 2017/18. Une des raisons invoquées est la mondialisation: pourquoi ne pas s’envoler vers les plages ou visiter New York en hiver plutôt que d’aller se geler à la montagne? Financièrement, un séjour d’une semaine au soleil revient souvent moins cher que des vacances de ski en famille. L’époque où un billet de 100 fr. suffisait pour une journée de ski à quatre semble révolue. Pourtant, plusieurs petites stations romandes proposent des journées accessibles pour une famille. 

La famille Guinchard profite d’un beau mercredi après-midi à Sainte-Croix. 

Une station familiale

«L’aspect financier est l’un des autres avantages de venir skier ici, explique Céline, la maman. Les prix des restaurants sont également abordables.» Pour 100 fr., une famille de deux adultes et deux enfants peut skier une journée à Sainte-Croix. Sur ces petits domaines, des forfaits à l’heure et des cartes à points permettent également de payer pour ce que l’on skie. Noélie et son papa Didier ont prévu d’aller aujourd’hui sur des pistes bleues, alors que Céline observe les progrès d’Angie (4 ans et demi) et les premiers pas de Loan (1 an et demi) sur ses patinettes. «Il y a toute une partie pour les débutants en bas du domaine, puis différentes pentes adaptées à tous les niveaux. C’est idéal pour progresser», explique Didier. 

Arrivés au sommet de la piste, tirés par une arbalète, Noélie et son papa jettent un coup d’œil sur la vallée. «Souvent, je suis à Yverdon au bureau dans le brouillard et rêve d’être ici au soleil», sourit Didier, qui travaille dans les ateliers CFF en plaine. Comme sa fille Noélie, il a appris à skier sur les pentes du domaine de Sainte-Croix/Les Rasses. «Et je continue d’y trouver du plaisir, il y a aussi des pistes plus raides et je connais les meilleures adresses pour passer un bon moment à l’après-ski.» 

Le domaine possède 23 km de pistes, 7 téléskis, 2 téléskis débutants ainsi qu’une piste nocturne.

Des canons à neige indispensables

Père et fille tracent leurs courbes sur la piste bleue entourée de sapins. La faible inclinaison de sa pente la rend facile et prisée des familles. La vitesse adaptée de ses usagers plutôt débutants garantit la sécurité de tous. Noélie a sa piste bien à elle. «Ma préférée, c’est l’autre bleue, parce qu’il y a plein de sauts et des petits passages dans la forêt.»

Les petites stations ont l’avantage de la proximité. On peut y monter facilement pour la journée ou la demi-journée.

Sainte-Croix a retrouvé le sourire en cette mi-janvier, même si Noël ne lui a pas fait de cadeaux cette année. «Nos installations sont restées fermées et nous avons fait 30 à 40% de notre chiffre d’affaires en moins», regrette Henri Criblez, président des Remontées Mécaniques. Situé entre 1150 et 1580 mètres, au cœur de la vaste étendue jurassienne, le domaine skiable connaît le même problème que toutes les autres stations de basse ou moyenne altitude: l’or blanc s’y fait rare. L’enneigement artificiel est devenu une nécessité. «Les canons à neige sont indispensables, mais représentent bien un tiers de notre budget», précise Henri Criblez. 

Après une dernière remontée en télé­ski, Noélie et son papa Didier décident que l’heure de l’après-ski a enfin sonné. Assis dans le chalet-restaurant, le jeune directeur de l’Ecole suisse de ski, Valentin Tissot (29 ans), est lui aussi satisfait de la journée. «Nous avons fait l’un des plus gros mercredis de notre histoire avec 30 heures de cours, se réjouit-il. Ici, nous prenons le temps de connaître les gens. J’ai des clients depuis plus de neuf ans qui sont devenus des amis.» 

Les deux derniers de la fratrie Guinchard, Angie et Loan, prendront probablement quelques heures de cours avant de rejoindre leur grande sœur Noélie dans les petits chemins entre les sapins. 

Cliquez ici et retrouvez une sélection de stations en Suisse romande à moins de 120 fr. pour une famille