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Thaïlande

Dans la peau de Robinson

Destination asiatique préférée des vacanciers suisses, la Thaïlande semble avoir dévoilé tous ses secrets. Pourtant, quelques perles (encore) préservées du tourisme de masse, comme les îles sauvages du sud-est, rendent ce pays toujours aussi fascinant.

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Soneva | Getty Images | Jasmina Slacanin
19 novembre 2018

Victime de son succès, la Thaïlande lutte pour préserver sa nature et ses traditions. Elle s’efforce également de restaurer son image ternie par les dérives du tourisme de masse. Mais ce vaste pays d’Asie présente une multitude de visages et une culture riche qui, dès que l’on s’éloigne des circuits habituels, fleure bon la générosité, l’authenticité et la citronnelle.

Bienvenue au «Pays du sourire»

Notre séjour débute à Trat, le chef-lieu de la province éponyme située au sud-est du pays. Cette dernière représente souvent un simple passage pour les touristes en route pour Ko Chang. De là, cette deuxième plus grande île du pays se trouve à seulement 45 minutes de bateau. Avant de prendre le large, nous décidons de nous plonger dans la culture locale, par les sens, en traversant l’un des nombreux marchés de la ville. Une ambiance animée, bruyante et des stands colorés fumants, desquels émanent des arômes de viande grillée, de poissons, de fruits exotiques, de soupes et de currys, nous font vite oublier le jet lag.

La gastronomie thaïlandaise a séduit le monde entier par ses plats parfumés qui allient fraîcheur, épices et esthétique. Que ce soit dans la rue, assis sur un tabouret en plastique entre deux pots d’échappement ou sur une confortable chaise dans un restaurant climatisé, on mange bien partout!

Une halte dans le village de pêcheurs de Ban Nam Chiao où cohabitent les communautés bouddhistes et musulmanes permet aussi une immersion dans la culture locale. Planter un arbre dans la mangrove, pêcher des coquillages ou confectionner des chapeaux en feuilles de palmier font partie des activités de ce village habitué à accueillir les touristes.

Ko Chang ou la vie sauvage

Pour échapper aux foules, il faut certes choisir où partir, mais aussi quand. En janvier de cette année, j’ai passé une partie de mes vacances à Ko Chang, l’île principale d’un archipel de 40 îles, située sur la côte orientale du golfe de Thaïlande, tout près de la frontière cambodgienne. Autant dire qu’en y retournant en septembre dernier, en pleine mousson, l’atmosphère y était tout autre. Alors qu’en haute saison, bien festive, il est parfois difficile de trouver le logement de ses rêves et un peu d’intimité sur ses célèbres plages de sable fin, en basse saison, c’est une île calme, quasiment désertique, qui s’offre à nous. Un moment idéal pour jouer aux Robinsons!

De plus, la saison des pluies, qui s’étend de juin à octobre, ne signifie nullement des averses quotidiennes. Et ces dernières ne durent généralement que quelques heures par jour.

L’est de l’île, couvert de forêt et de mangrove, reste sauvage toute l’année! Pour se déplacer dans cette partie-là de Ko Chang, mieux vaut avoir son propre véhicule (scooter ou voiture de location) car les taxis collectifs y passent rarement.

La forêt tropicale, qui recouvre trois quarts de l’île, est considérée comme l’une des mieux conservées de toute l’Asie du Sud-Est. Le centre montagneux, avec des cascades plus ou moins verti­gineuses, offre d’innombrables possibilités de randonnées et de baignade.

Depuis Ko Chang, des bateaux relient les îles de Ko Wai, Ko Mak ou Ko Kut qui font aujourd’hui partie des rares îles thaïlandaises, relativement faciles d’accès, préservées du tourisme de masse. Ces petits bijoux se caractérisent par des plages de sable fin et des eaux cristallines, riches en espèces sous-marines.

L'île paradisiaque de Ko Chang mêle jungle et plages. Comme dans le reste du pays, on y trouve de nombreuses variétés exotiques tel le «fruit du dragon».

 

Le «fruit du dragon».

«No news, no shoes»

Nous avons visité Ko Kut, la quatrième île du pays par sa superficie, qui reste pourtant l’une des moins peuplées. Le tourisme se développe lentement et on trouve aujourd’hui des logements pour tous les budgets. Dans le très haut de gamme, il y a le Soneva Kiri, un établissement de tous les superlatifs où nous avons eu le privilège de séjourner. Il s’agit d’une expérience hors du commun, où l’écologie et le tourisme responsable s’appliquent à chaque détail.

«No news, no shoes», nous lance notre Mrs Friday en guise d’accueil. Les hôtes et hôtesses portent le nom de Monsieur ou Madame Vendredi en référence au personnage du livre Robinson Crusoé. Nous enlevons nos chaussures, que nous remettrons uniquement pour les excursions ou le jour de notre départ. L’accès aux journaux et aux nouvelles est interdit, ce qui nous oblige à être totalement déconnectés du monde extérieur, enfin presque puisqu’il y a du wifi!

L’établissement pousse même le bouchon jusqu’à créer son propre fuseau horaire. Nous avons avancé notre montre d’une heure, créant ainsi un décalage temporel avec le reste de l’île et de la Thaïlande. La nourriture est locale, bio. Le plastique est totalement banni.

Que ce soit au restaurant ou dans un stand au marché local, en Thaïlande, il est particulièrement compliqué de mal manger.

Les Robinsons grand luxe

Pour se déplacer dans l’immense espace de ce resort où la nuit se chiffre à trois zéros (le prix varie fortement selon la saison, le bungalow choisi et les packages tout compris proposés par nombre d’agences de voyage), des véhicules électriques, type voiture de golf, sont mis à disposition. Un bar à chocolat (créations en chocolat maison à consommer sans modération toute la journée), de glaces artisanales (mention spéciale, personnelle bien sûr, pour la mangue-fromage de chèvre), une chambre froide dédiée aux fromages, une cave à vin design, des espaces de jeux et d’activités pour les enfants de tous âges... J’avais l’impression de retourner en enfance avec cette fois-ci personne pour me freiner sur les sucreries.

Et lorsque j’ai découvert mon bungalow gigantesque avec piscine, plage privée, salle de bains avec jacuzzi et douche à l’extérieur, dans une nature luxuriante (je n’ai vu aucun serpent ou araignée, mais il y en a), je me suis dit que je resterais bien encore quelque temps dans la peau de Robinson Crusoé grand luxe.

La Thaïlande vue du ciel

Un vol en jet privé avec aux commandes les pilotes de la famille royale nous a permis de rejoindre Bangkok, depuis Ko Kut, en moins d'une heure.

Si psychologiquement difficile, le départ de l’île reste physiquement très simple: le resort possède son aéroport et son jet privé avec, aux commandes, les pilotes de la famille royale thaïlandaise! Une heure plus tard, nous étions à Bangkok.

Ce retour contraste «légèrement» avec mon séjour dans la région en janvier dernier, avec un budget radicalement plus modeste, où après un voyage en taxi collectif, assise sur mes bagages, une traversée en ferry depuis Ko Chang, et plus de 7 heures de route dans un minivan bondé, sans clim, roulant à toute vitesse, j’ai enfin rejoint Bangkok, où m’attendait mon vol pour la Suisse, plein à craquer. Mais ça aussi, ça fait partie des charmes des aventures thaïlandaises.

Ce voyage a été réalisé grâce au soutien de l’Office national du tourisme thaïlandais et Thai Airways.

www.thaiairways.com

www.tourismthailand.ch