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TOURISME
JUNGFRAUJOCH

La reine des neiges

Destination incontournable pour les touristes asiatiques, le Jungfraujoch voit défiler chaque année plus d’un million de visiteurs qui n’hésitent pas à casser leur tirelire pour atteindre 3454 mètres d’altitude.

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Jungfraubahnen 2017 | Jasmina Slacanin
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Morgane Roth
26 novembre 2018

Si les conditions météorologiques le permettent, la vue sur le glacier d’Aletsch et la Jungfrau marque les esprits.

Retrouvez le second épisode plus bas dans l'article.

Si à la fin du XIXe siècle, Adolf Guyer-Zeller, un industriel suisse, avait pu imaginer le visage et le succès qu’aurait eu son projet un siècle plus tard, qu’en aurait-il pensé? C’est la question que je me suis posée, assise dans le train à crémaillère le plus haut d’Europe, le fameux Jungfraubahn, qui me mène au Jungfraujoch. Cet homme ambitieux a eu l’idée de créer un chemin de fer traversant deux sommets mythiques, l’Eiger et le Mönch, pour rendre accessible le Jungfraujoch au grand public et non uniquement aux alpinistes. Dans des conditions dangereuses et difficiles, des centaines d’ouvriers italiens se sont attelés pour réaliser ce projet de taille. Beaucoup y ont laissé leur vie lors d’accidents liés notamment à l’utilisation de la dynamite, tout cela pour un salaire journalier qui ne dépassait pas 4 fr. 60!

La gare la plus haute d’Europe

Il aura fallu seize ans et 16 millions de francs pour construire ce qui reste encore aujourd’hui la gare la plus haute d’Europe. Elle fut inaugurée en 1912, bien après la mort d’Adolf Guyer-Zeller, emporté par une pneumonie en 1899.

«C’est la montagne la plus haute d’Europe», commente une bloggueuse indienne en souriant à son smartphone. Le slogan de la destination «Top of Europe» induit nombre de touristes en erreur. «Il s’agit de la gare la plus haute d’Europe», les corrige alors ma guide Sandrine Vogt, une Romande installée à Grindelwald. Le jour de notre ascension, en ce mois de novembre, le train était relativement vide. Ce qui contraste fortement avec la haute saison estivale, et son pic en juillet-août, où il est indispensable de réserver ce trajet à l’avance pour avoir une place assise. C’est la clientèle du continent asiatique qui représente la majorité des touristes de cette destination qui fait partie des incontournables dans leur programme millimétré. Pour beaucoup de visiteurs de ces contrées, il s’agit souvent d’une première rencontre avec la neige.

Brouillard ou pas brouillard

Après un tunnel de 7 km, nous arrivons à destination. Le thermomètre affiche –7 °C. Au moment tant attendu, lorsque nous nous précipitons vers la vitre pour profiter du panorama extraordinaire sur le glacier d’Aletsch et la Jungfrau – si souvent admiré sur les affiches publicitaires –, nous découvrons à la place un brouillard épais et généreux. Le vent puissant a aussi décidé de s’exprimer ce jour-là, rendant impossible l’accès à la plateforme d’observation.

En guise de lot de consolation, de nombreux espaces intérieurs attendent le visiteur. Magasin de souvenirs, de montres, restaurants et animations s’offrent à nous. Le «Palais de glace», creusé dans les années 1930, s’étend sur un espace de 1000 m2 et abrite d’innombrables couloirs et sculptures. L’ «Alpine Sensation» propose des salles thématiques contant l’histoire du tourisme dans la région de la Jungfrau. Les clichés de la Suisse réunis dans une boule à neige géante, un mur rendant hommage aux ouvriers italiens ou le développement du tourisme en haute montagne à travers les décennies font partie des thématiques abordées.

Beaucoup de touristes découvrent la neige pour la première fois de leur vie sur le Jungfraujoch.

Nous passons sous quelques perches à selfies pour prendre l’ascenseur le plus rapide de Suisse! Décidément, ce site cumule les records.

Malgré la météo, nous avons pu sortir sur la terrasse du «Sphinx», le célèbre observatoire que l’on voit sur les affiches et cartes postales du Jungfraujoch. La visibilité est toujours aussi mauvaise. Dire que certains jours, on peut même apercevoir les Vosges et la Forêt-Noire… Dommage. Bien que j’aie l’habitude de cette altitude, je me sens rapidement essoufflée lors de la visite. La guide m’apprend qu’il y a toujours une assistance médicale sur place, car il arrive de temps à autre qu’un(e) touriste souffre du mal d’altitude. «Il faut boire beaucoup d’eau et marcher lentement», conseille-t-elle.

Si les conditions météorologiques le permettent, la vue sur le glacier d’Aletsch et la Jungfrau marque les esprits.

Tutoyer les montagnes

La vue reste toujours aussi arrogante. Nous décidons de reprendre le petit train rouge direction Kleine Scheidegg. En sortant du tunnel, un panorama splendide se dresse devant nous. La face nord de l’Eiger semble si proche. Le Mönch aussi. «C’est la proximité avec ces célèbres montagnes qui rend cette région unique», conclut la guide qui ne s’en lasse pas et me promet qu’«il n’y a pas toujours du brouillard sur le Jungfraujoch».


Infos pratiques

Comment y aller

Prendre le train jusqu’à Interlaken, puis Grindelwald ou Lauterbrunnen (on peut prendre une direction à l’aller et l’autre au retour, cela offre des vues spectaculaires distinctes), puis Kleine Scheidegg pour atteindre le Jungfraujoch (pas de toilettes dans le train à crémaillère). Il faut compter 2 heures dans un sens depuis Interlaken. Prix du billet aller-retour demi-tarif, 2e classe depuis Interlaken: 92 fr. 40.

www.jungfrau.ch