X

Recherches fréquentes

Tourisme
Week-end

Trois bonnes raisons d'aller à Rheinfelden

Un massage à la bière? Un bain d’eau salée ou de culture? Ou une visite de la plus grande brasserie de Suisse aux allures de château? La plus ancienne ville du canton d’Argovie cache bien son jeu.

TEXTE
PHOTO
Tourisme Rheinfelden
03 décembre 2018

Il y a 888 ans, la petite cité qui se reflète dans les eaux du Rhin voit le jour. 

Que ceux qui sont déjà allés à Rheinfelden lèvent la main! Pourtant, cette ville pittoresque, à seulement une dizaine de minutes en train de Bâle, présente nombre de curiosités qui mériteraient une visite d’une longue journée, voire d’un week-end. Voici trois bonnes raisons d’y faire un saut cet hiver.

1. Pour les bains d’eau salée

Il y a quelque 200 millions d’années, la mer s’est retirée du territoire suisse laissant derrière elle de la roche salée. Dans la région de Rheinfelden, connue pour ses salines, l’eau pompée présente une forte concentration en sel. On découvre rapidement que cette saumure – que l’on dilue avec de l’eau – a des vertus thérapeutiques lorsque l’on y fait trempette. Au XIXe siècle, la petite ville du bord du Rhin devient un centre de cure mondialement connu, destiné aux familles nobles d’Europe. Des trains directs relient Paris à Rheinfelden, jusqu’à la Grande Guerre. 

Elle est aujourd’hui connue pour ses bains d’eau salée, comme ci-dessus au Sole Uno, où un bassin imite la mer Morte.

Dans les années 1850, on y construit des hôtels avec, en première mondiale, des baignoires dotées de robinets d’eau salée. Les soins portent leurs fruits et les cliniques fleurissent. Aujourd’hui encore, on y vient en cas de burn-out, de troubles alimentaires ou d’autres maladies psychosomatiques. 

A l’hôtel Eden, les patients et les visiteurs se côtoient dans un environnement serein. Les enfants y sont interdits pour garantir un maximum de tranquillité. Outre des bains chauds d’eau salée, un sauna, un hammam et une salle de fitness, l’hôtel propose des soins et des massages à la bière! On peut opter, par exemple, pour un massage du visage à l’huile de houblon ou un peeling corporel au malt. Des forfaits «Bier wellness» permettent aussi de prolonger l’expérience par une dégustation et un repas à la brasserie Feldschlösschen non loin. Se renseigner auprès de l’office du tourisme.

Sole Uno, un immense espace bien-être comptant environ 500  000 visiteurs par an (en hiver, il faut parfois faire la queue longtemps pour y accéder), est devenu une véritable institution. Parmi les «attractions», citons le bassin à 12% de salinité, s’apparentant à la mer Morte. On flotte, couché, en silence, en se laissant bercer par la musique subaquatique.  

2. Pour l’histoire suisse de la bière

La brasserie Feldschlösschen.

Le célèbre château que l’on voit sur les étiquettes des bières Feldschlösschen se trouve aussi à Rheinfelden, à seulement 10 minutes à pied de la gare. De nombreuses visites guidées thématiques permettent de se familiariser avec ce qui reste, encore aujourd’hui, la plus grande brasserie de Suisse – qui depuis l’an 2000 appartient au géant danois Carlsberg. 

«L’histoire de la bière fait partie intégrante de Rheinfelden»

Robert Conrad, guide

Fondée en 1876 par les entrepreneurs Theophil Roniger, un brasseur, et Mathias Wüthrich, un agriculteur, la brasserie avait déjà des idées expansionnistes, grâce notamment à un accès direct au rail.

La salle de brassage avec ses cuves en cuivre marque les visiteurs de la brasserie Feldschlösschen.

Parmi les points forts des visites: la magnifique salle de brassage avec des éléments Jugendstil, ses cuves en cuivre, toujours en fonction, ses tuiles bleues et son escalier en marbre. Une visite des écuries, où les chevaux n’ont aujourd’hui qu’un rôle de marketing, ou de la collection des voitures anciennes ayant servi à livrer la bière au fil des décennies, valent aussi un détour. Les visites individuelles ou en groupe (aussi en français) se font sur inscription. Infos: www.schlossbesuch.ch

3. Pour le charme de sa vieille ville 

«L’histoire de la bière fait partie intégrante de Rheinfelden», explique Robert Conrad, guide de la ville depuis onze ans, dans un excellent français. C’est la brasserie Salmen qui fut la première à y produire de la bière, en 1799 déjà. Pour l’anecdote, elle a été rachetée par Car­dinal qui, à son tour, fut rachetée par Feldschlösschen, revenant ainsi, tel le saumon, sur son lieu d’origine. 

De l’autre côté du Rhin, se trouve la ville allemande de Rheinfelden Baden. «La seule maison ancienne de Rheinfelden Baden est une maison que le brasseur de Salmen avait construite pour sa femme atteinte de tuberculose, dans l’espoir qu’elle guérisse», ajoute Robert Conrad. 

Robert Conrad, propose des visites guidées de la ville, dynamiques et pleines d’humour.

Cette année, Rheinfelden célèbre ses 888 ans. «Son histoire repose sur quatre piliers, quatre époques clés», poursuit le guide passionné. Le territoire où se trouve la ville actuelle appartenait à la Bourgogne jusqu’au XIe siècle. En 1080, Agnès, la fille de Rudolf de Rheinfelden, épouse un comte de Zähringen qui vit dans le château de Rheinfelden. En 1130, le duc Konrad de Zähringen construit Rheinfelden, qui devient la première ville de Suisse des Zähringen et la plus ancienne du canton d’Argovie. «Berne a été construite 61 ans plus tard», ajoute le féru d’histoire. 

Un nouveau chapitre se tourne en 1330, lorsque les Habsbourg louent le terrain des Zähringen pour se rapprocher de la France. Jusqu’en 1802, durant presque un demi-millénaire, la ville restera autrichienne.  

Au XVIIIe siècle, l’impératrice Marie-­Thérèse d’Autriche, cheffe d’Etat autoritaire, épouse et mère de seize enfants, y laisse un héritage important. Citons notamment la réforme de l’école, avec un enseignement obligatoire pour les garçons et les filles!

En 1802, Napoléon chasse les Habsbourg et en 1803, après un refus du canton de Bâle, Rheinfelden est rattachée au canton d’Argovie.

Il fait bon flâner dans ses ruelles chargées d’histoires, boire un verre ou prendre un repas avec vue sur le Rhin au restaurant Rhyblick, par exemple. Ici les habitants sont chaleureux. Ne soyez pas surpris s’ils vous disent «Grüezi», car à Rheinfelden, tout le monde se salue.

www.tourismus-rheinfelden.ch