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Du ski de fond gratuit à Davos

Et si l’on testait les pistes de ski de fond chez nos voisins suisses alémaniques, le temps d’un week-end ou durant les vacances de février? A Davos, qui dépense chaque année un million de francs pour les skieurs de fond, pas besoin de forfait. Et la neige est garantie!

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Stefan Schlumpf, Thomas compagno
04 février 2019

Les Davosiens sont des petits malins. Depuis maintenant une dizaine d’années, ils fabriquent de la neige, la stockent comme du foin pendant l’été, puis la «vendent» en hiver sous forme de pistes de ski de fond. Pour cette activité «rurale», appelée «snowfarming», les Davosiens mettent à profit l’altitude de leur région (1500 mètres). «C’est grâce à cela que nous pouvons garantir de la neige de fin octobre jusqu’à Pâques», déclare Norbert Gruber. Ce responsable des services techniques de Davos est l’inventeur du snowfarming.

En hiver, lorsque le thermomètre descend largement au-dessous de zéro, Norbert Gruber et son équipe mettent en route les canons à neige dans la vallée de la Flüela. L’idéal est d’avoir une température d’environ -15 °C. «Nous pouvons alors produire avec la même quantité d’énergie près de quatre fois plus de neige que lorsqu’il fait -4 °C», explique Norbert. La montagne de neige d’environ 20 000 m3 – soit près de 1000 camions – est ensuite recouverte de 40 cm de copeaux de bois et reste stockée ainsi pendant tout l’été.

Une meilleure solution

Environ 20% de la neige fond pendant cette période, mais cela est prévu, évidemment. Ce qui reste, permet de créer une piste de ski de fond de 4 km de long et de près de 50 cm d’épaisseur. Du point de vue écologique, malgré les pertes observées pendant l’été, le snowfarming serait une meilleure solution que la production de neige en début de saison, selon Norbert: «Il n’est plus possible de renoncer complètement à la neige artificielle, car aujourd’hui, la neige naturelle n’est plus assez fiable.»

Davos est une station très prisée des fondeurs. Les vacanciers qui viennent en haute saison ont à leur disposition 75 km de pistes classiques, plus 55 km de pistes de skating. Il est clair que l’offre de cette station de sports d’hiver ne dépend pas entièrement du seul snowfarming. Les Davosiens peuvent aussi compter sur les chutes de neige hivernales. Entre Davos Wolfgang et Davos Frauenkirch, ainsi que dans les magnifiques vallées de Sertig, de Dischma et de la Flüela, les skieurs et skieuses de fond peuvent s’en donner à cœur joie. Leur randonnée ne sera interrompue que par la traversée de quelques routes, ici ou là. «C’est le compromis que nous devons accepter. Tout le village est situé à proximité des pistes», déclare Christian Flury, directeur du centre national de performance pour le ski de fond. Nombre des fondeurs suisses parmi les plus talentueux de ces dernières années habitent et s’entraînent à Davos. Parmi eux, le champion olympique Dario Cologna.

Le grand retour du style classique

Ernst Kasper (70 ans), moniteur de ski de fond, connaît la région depuis maintenant 50 ans. «Nous avons observé ces quinze dernières années une augmentation constante du nombre d’élèves, ce qui suit la tendance générale en matière de ski de fond», explique-t-il. Ce n’est pas seulement la technique de skating qui est demandée. Beaucoup veulent aussi réapprendre ou améliorer le style classique. «Il y a quelques années, on annonçait la fin du ski de fond classique. Il regagne aujourd’hui ses lettres de noblesse», déclare-t-il. Le phénomène est dû entre autres à l’arrivée sur le marché de nouveaux skis nordiques à peaux qui ont détrôné les skis à écailles. «Ils sont relativement rapides, ils montent bien et il n’est pas nécessaire de les farter.»

Le style classique n’est pas moins exigeant que la technique du skating, mais l’effort est plus variable. «Le skating suppose que le skieur travaille constamment.» En ski de fond classique, on peut glisser très confortablement, en prenant le temps d’admirer le paysage. C’est le cas dans la vallée de Dischma ou de Sertig, par exemple, où passent deux chemins des randonnées préférées du moniteur.

La piste de la vallée de Sertig est préparée pour le ski classique et le skating jusqu’au moulin de Sertig. Après, seuls les skieurs de fond classiques peuvent continuer. La trace longe ensuite le ruisseau de Sertig à travers une forêt étroite, puis le paysage s’ouvre en haut sur une vue des sommets de la Plattenfluh, du Mittaghorn et du Hoch Ducan. Le sentiment de bonheur suscité par ce magnifique panorama se mêle à la fierté d’être venu à bout des 12 km de piste et 300 m de montée.

Aucun forfait à payer

Davos débourse chaque saison près d’un million de francs pour entretenir les pistes, une somme financée par la commune et les taxes de séjour. «En ce moment, le financement est assuré», déclare Norbert Gruber, qui est également responsable de l’entretien des pistes. Les skieurs de fond n’ont pas de forfait à payer quand ils viennent à Davos – sauf pour les pistes de snowfarming, en début de saison.

Il faut noter par ailleurs que les amateurs et les athlètes de haut niveau doivent respecter leurs créneaux horaires, pour ne pas se gêner les uns les autres.

Quant à la piste de neige artificielle de 4 km, elle séduit non seulement les amateurs, mais aussi de nombreux grands athlètes venus de toute l’Europe. 

 

Le fondeur Ernst Kasper (70 ans) aime traverser le paysage de la vallée de Sertig.


 

Ski de fond

A ne pas manquer à Davos

120 km de pistes de ski de fond pour le skating et le classique.

Centre de performance pour le ski de fond avec bistro et salle de séjour, vestiaires, toilettes et salle de fartage communs.

Musée des sports d’hiver de Davos avec exposition sur les débuts du ski alpin et du ski de fond. On apprend notamment qu’en 1934, Davos a mis en service la première remontée mécanique du monde!

Musée Kirchner. La piste de la vallée de Sertig passe près de la demeure d’Ernst Ludwig Kirchner (1880–1938) sur le Wildboden et la Stafelalp, où sont nées bon nombre de ses peintures.

www.davos.ch