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TOURISME

Entre sensualité et saveurs

En Argentine, le tango est un art de vivre. Ce deuxième plus grand pays d’Amérique du Sud a plus d’une corde à son arc. Suivez la guide.

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Edelweiss/Melanie Stocker, Getty Images
07 janvier 2019

Argentine

Buenos Aires

Une jambe galbée dessine dans l’air une fougueuse arabesque. Puis le mouvement se fige. Temps suspendu d’une pause intense, avant que le bandonéon ne reprenne sa mélodie lancinante, libérant les mouvements des danseurs. C’est le tango. Bienvenue à Buenos Aires.

Le premier tango à Paris

Tous les Porteños, comme se nomment les habitants de la capitale argentine, n’ont pas été immédiatement séduits par le tango. Trop vulgaires pour les riches, sa musique et sa danse sont restées cantonnées aux couches sociales inférieures. Ce n’est qu’après avoir conquis les Parisiens que cette danse, mélange d’influences européenne et afro-américaine, fut finalement adoptée par la bonne société de Buenos Aires. Lorene Vale, guide de voyage locale en explique la raison: «Paris était alors symbole de modernité. La bonne société adoptait tout ce qui venait de France.»

Lorsqu’on longe l’Avenida Alvear – la «Cinquième Avenue de Buenos Aires» – on comprend pourquoi la mégapole est surnommée «le Paris de l’Amérique du Sud». Vers la fin du XIXe siècle, fuyant la fièvre jaune, la bonne société a construit au nord du centre-ville d’alors un tout nouveau quartier sur le modèle français.

Cela explique aussi que le célèbre cimetière de Buenos Aires, le Cementerio de la Recoleta, autrefois au seuil de la ville portuaire, se trouve aujourd’hui au beau milieu du quartier chic de La Recoleta. Ici repose entre autres «Evita» Perón (1919–1952), dont le mausolée est pourtant loin d’être le plus spectaculaire.

Palermo, le plus grand barrio («quartier» en espagnol) jouxte La Recoleta. Dans les années 1980, Palermo était encore purement résidentiel. C’est aujourd’hui un quartier branché avec des cafés, des bars, des restaurants, des clubs, des commerces et des marchés. Incontournables, les repas dans un restaurante a puertas cerradas, soit un «restaurant à portes fermées», se prennent dans des appartements privés. Si cette pratique existe dans d’autres villes, à Buenos Aires, elle est vraiment dans l’air du temps.

Cécile Adam

Copropriétaire de «Entre Cielos»

«Au début, nous n’aimions pas le malbec»

Dans la Mecque du graffiti qu’est Buenos Aires, chaque quartier possède son caractère propre. Tandis que les touristes préfèrent les quartiers modernes pour y loger ou sortir le soir, il leur arrive de s’aventurer le jour dans des barrios plus chargés d’histoire. Le quartier pauvre de La Boca, autrefois principalement habité par les immigrants italiens, a la cote, grâce à son club de football Boca Juniors et à son stade La Bombonera. C’est aussi ici que se trouve l’un des endroits les plus photographiés de la ville: El Caminito, un petit quartier de maisons colorées où foisonnent les danseurs de tango et les artistes.

Les petites maisons multicolores du quartier d'El Caminito font partie des lieux les plus photographiés par les touristes.

Autre centre d’intérêt historique, San Telmo, le plus ancien barrio de Buenos Aires, a conservé de nombreux bâtiments de l’époque coloniale. La foule y est particulièrement dense les dimanches, lorsque que la Calle Defensa est investie par le marché des antiquités.

Le thé de maté, boisson préparée à base de feuilles de maté séchées infusées, est omniprésent en Argentine. Les autochtones emportent des thermos d’eau bouillante pour remplir leurs gobelets. Traditionnellement, le maté se boit dans une calebasse. Aujourd’hui, on le sert aussi dans des récipients en métal, bois ou plastique. Le vin est l’autre boisson très répandue en Argentine. Le pays est surtout connu pour son malbec, un cépage qui pousse à quelque mille kilomètres à l’ouest de Buenos Aires, à Mendoza, où les conditions sont idéales.

Les Argentins consomment sept fois plus de viande de bœuf que les Suisses. L'asado, le barbecue local où la viande cuit à basse température, est un repas très apprécié des familles, le dimanche.

Consommation de viande

Le beau paysage, avec ses vignes et les Andes, a séduit Cécile Adam. Cela fait neuf ans que cette Bernoise est arrivée à Mendoza, où elle a ouvert, avec ses amis suisses Daniela et David Wäger l’hôtel de luxe Entre Cielos. La propriété inclut un petit vignoble, où pousse principalement du malbec. «Au début, nous n’aimions pas le malbec», reconnaît Cécile. Mais personne ne saurait rester longtemps à Mendoza, où les touristes font la tournée des vignobles, sans succomber au charme de ce vin rouge opulent.

Un vin blanc peu connu sous nos latitudes jouit en Argentine d’une grande popularité: le torrontés. Il s’agit d’un vin originaire de la province de Salta, dans le nord-est de l’Argentine, dont le goût rappelle le muscat. Dans la jolie ville de Salta, au passé colonial encore très visible, une autre spécialité attend les gourmands: les empanadas. Ces petits chaussons de pâte fourrés, que les Argentins ont tendance à cuire plutôt qu’à frire, se trouvent presque partout où l’on parle espagnol.

Au pied des Andes dans les steppes de Mendoza, le malbec pousse dans des conditions idéales.

En Argentine, les repas sont un moment privilégié. La viande de bœuf y est un aliment particulièrement apprécié. Les Argentins en consomment sept fois plus que les Suisses! De nombreuses familles se réunissent tous les dimanches pour l’asado, le barbecue argentin qui possède ses propres règles. Le feu est préparé avec du bois et du charbon, puis différents morceaux de viande – dont des abats et des saucisses – sont disposés sur la grille de fonte réglable.

Puis il faut patienter. Les Argentins grillent leur viande à basse température, pendant longtemps. Cela laisse largement le temps de cultiver l’aspect social de l’asado, qui dure souvent toute la journée. Le temps de cuisson prolongé de la viande possède aussi un avantage gustatif, comme en témoignent les steaks argentins, dont la notoriété internationale rivalise avec celle du tango.

 


Conseils pratiques

Ce qu’il faut savoir

Voyage
L’Argentine ne possède pas de réseau ferroviaire étendu. Pour voyager à l’intérieur du pays, mieux vaut privilégier l’avion ou les bus, souvent luxueusement aménagés.
 
En quelle saison?
En raison de l’étendue du pays, la saison idéale varie fortement d’une région à l’autre. Si l’on souhaite visiter les villes de Buenos Aires, Mendoza et Salta, les mois d’avril à mai ou de septembre à novembre constituent le meilleur compromis.
 
Monnaie
En Argentine, on paie en pesos, mais les dollars US sont acceptés presque partout. Et si tous deux ont $ pour symbole, celui-ci représente le plus souvent des pesos. 
 
Horaires d’ouverture
Ils varient de province en province. Le soir, les restaurants ouvrent généralement à partir de 20 heures, mais restent ouverts bien après minuit. Quant aux commerces, qui ouvrent le plus souvent vers 10 heures, ils ferment pour la sieste entre midi et 16 heures. À Buenos Aires de nombreux magasins ouvrent plus tard, mais renoncent alors à la sieste.
 
Plus de bons plans?
Le site internet de l’Instituto Nacional de Promoción Turística propose plus de 200 attractions (www.argentina.travel).