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TOURISME

Le cœur du Proche-Orient

S’éclater sur des dancefloors branchés, se régaler de mezzes et plonger dans un Proche-Orient qui vit ensemble. Bienvenue à Beyrouth!

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Gilles Mauron
11 mars 2019

Liban

Beyrouth

Rien ne semble réel dans cette ville de 2 millions d’habitants. Rien de ce que l’on peut dire ou expliquer à son sujet n’est simple, comme le blanc ou le noir. Dire que la circulation y est horrible, l’air parfois asphyxiant ou que les rapports entre ses communautés religieuses sont compliquées n’avancerait à rien. Car je l’ai oublié en trouvant des diamants dispersés dans ce capharnaüm. Ces joyaux, ce sont les Beyrouthins. Entrer dans leurs cafés, bars ou restaurants, voir les joueurs de backgammon tirer sur la pipe de leur chicha et les couples se photographier face aux rochers d’Al Raouché, c’est commencer à voyager.

Beyrouth est fait des rencontres et du mélange de ses 18 communautés.

Se régaler de mezze à toute heure, boire l’arak, le pastis libanais, et parler avec eux de tout, de rien, et de ce Liban déjà chanté dans l’hymne biblique à l’amour, le Cantique des cantiques, c’est commencer à oublier. Poursuivre l’aventure dans la nuit qui rend à Beyrouth le visage lisse d’un enfant, c’est se souvenir que la vie n’est pas une lutte, mais un cadeau auquel nous n’avons rien compris. Enfin danser dans des clubs qui valent ceux de Berlin, c’est faire un pied de nez à ce que l’on croit être la réalité du Proche-Orient.

Une richesse qui se retrouve dans sa gastronomie tels les mezzes.

Pour raconter Beyrouth, nous vous proposons trois rencontres avec ses habitants, dont deux Suisses, qui livrent aussi leurs coups de cœur.

Reportage réalisé avec le soutien de Germania Flug AG et Mövenpick Hotel Beirut

Vue sur Al Raouché à Beyrouth.

Infos pratiques

  • Langues: arabe; anglais et français courants
  • Y aller: 4 heures de vol. La low cost Germania Flug dessert Beyrouth depuis Zurich deux fois par semaine. Elle propose aussi un service de location de voiture (Drive & Fly) depuis votre domicile. Autres compagnies depuis Genève.
  • Monnaie: livre libanaise et dollar américain
  • Conseils aux voyageurs sur: www.eda.admin.ch


 


Nouvelle voix

La journaliste Marie-José Daoud a fondé un nouveau média numérique qui veut toucher tous les jeunes Libanais.

Le labneh est un délicieux fromage blanc fermenté. Pourquoi avoir appelé votre média Labneh & Facts? «Il y a 18 communautés religieuses au Liban, explique Marie-José (40 ans). Les gens ne se connaissent pas. L’un de nos rares points communs c’est de manger tous du labneh au petit-déjeuner!»

L’aventure a débuté en 2016, quand son amie Soraya Hamdan (32 ans), aussi journaliste, lui propose de créer un média qui nous ressemble: «Aucun journal au Liban ne parle de projets faits pour et par les jeunes, de sujets tabous comme la sexualité, la religion, l’écologie ou la santé mentale… J’ai d’abord refusé, car trop cher.» Elles décident alors de le diffuser via le réseau social gratuit Instagram. D’activité annexe, leur projet est devenu un travail à 100%. Elles décryptent, en français et en anglais, leur pays et cherchent ce que les Libanais ont de commun à partager. «C’est une sorte de quête identitaire. Nous voulons toucher et inspirer la jeune génération pour qu’elle agisse et améliore notre pays, et vive en paix.»

Ce qu’elle aime à Beyrouth? «J’aime les petits détails, comme pouvoir appeler mon légumier parce qu’il me connaît, que l’on se dise bonjour dans mon quartier. Et puis, il y a une vie nocturne extraordinaire. J’ai vécu et travaillé à New York, Paris, Madrid, Dubaï… Beyrouth a une énergie spéciale, folle et schizophrène sur les bords.»

www.labnehandfacts.com (articles en français et en anglais)

Les bons plans de Marie-José
 

  • Bar: Anise pour ses cocktails à l’arak – la boisson nationale anisée – et au thym sauvage
  • Restaurant: Onno, très bonne nourriture arménienne
  • A goûter: les courgettes et feuille de vignes farcies
  • Atmosphère: le parc Horsh Beirut, seul grand espace vert de la ville où toutes les classes sociales se mélangent.


 


Noctambule

Camille Najm a grandi entre Genève et Beyrouth. Politologue, jeune papa, il a été un acteur de la vie nocturne de ses deux villes.

Tout le monde embrasse «Camo», comme tous l’appellent ici, quand il entre dans son repère, le bar Torino. En 2012, celui qui n’a rien perdu de sa gouaille genevoise avait fondé avec un ami suisse le Yukunkun au cœur du quartier Gemmayzeh, épicentre avec Mar Mikhael des nuits beyrouthines. «C’était une sorte d’OVNI à l’époque. Il n’y avait que de la techno dans les clubs. Nous avons importé au Liban la culture alternative des clubs genevois tels le Piment rouge ou Artamis, une culture du son, du vinyle, basée sur le groove du funk, du rock ou de la soul.»

Né au Liban quelques mois avant le début de la guerre civile (1975–1990), il a grandi à Genève jusqu’en 1983, date à laquelle il retourne chez son père à Beyrouth. Il y connaît la guerre et la résistance contre l’occupation syrienne. Son activisme politique le mènera en prison. En 1996, il revient étudier les sciences politiques à Genève, avant d’aller écrire une thèse à Paris. Il retourne ensuite à Beyrouth, fait son service militaire, puis travaille au Ministère de la culture. Et il restera quand la guerre menée par Israël éclate en 2006, avant de revenir encore vers l’Europe.

Comment perçoit-il ses deux cultures, suisse et libanaise? «Nous avons en commun la culture du consensus et une identité plurielle.»

Le Yukunkun a aujourd’hui fermé ses portes après sept ans d’activité. Camo (44 ans), est marié, papa d’une fille de 1 an et trois mois. A côté de ses activités de politologue et journaliste, il a ouvert un nouveau bar, le Brazzaville. «J’aime la joie de vivre des Beyrouthins, leur esprit méditerranéen, émotif et accueillant, et leur capacité de s’engager pour tout recommencer depuis zéro. Mais il y a beaucoup de paraître. La simplicité des Suisses me manque.»

Les bons plans de Camo
 

  • Sandwichs: ceux de chez Boubouffe
  • Danser: Beirut Groove Collective
  • Atmosphère: les escaliers et les ruelles d’Achrafieh
  • Cafés: Osteria ou L’internazionale
  • A goûter: le Kebbé bi labniyeh


 


«On ne s’ennuie jamais»

La Neuchâteloise Marie-Fleur Bourquin travaille à Beyrouth depuis 2017. Elle ne se voit pas revenir en Suisse.

«J’ai eu un gros coup de cœur», explique cette Suissesse de 29 ans venue ici pour effectuer un stage pour son Master en droits de l’enfance. «Beyrouth est une ville facile; les gens sont hyper ouverts. On fait tout le temps des rencontres dans les cafés, les taxis, les supermarchés… Parce que c’est un endroit sûr pour la région, la jeunesse du Moyen-Orient, artistes, journalistes, diplomates se retrouvent ici. Du coup, il y a tout le temps des conférences, expos, concerts. On ne s’ennuie jamais!»

Marie-Fleur Bourquin n’est cependant pas en vacances: elle travaille pour deux ONG, une libanaise et une suisse. Avec la première, Salam LADC, elle se rend chaque semaine dans la Bekaa, au cœur des montagnes libanaises, à la frontière syrienne. «C’est par cette vallée qu’arrivent les Syriens qui fuient la guerre. Nous offrons des services à la population vulnérable, tels qu’un centre communautaire dans lequel femmes et jeunes peuvent se réunir en sécurité, des distributions de matériel de première nécessité ainsi que des cours d’anglais et d’alphabétisation.»

Avec l’ONG genevoise Service Social International, ils créent dans tout le Liban des aires de jeux pour les enfants, avec un service d’animation et de prise en charge spécialisé. «Je suis fascinée par le mélange des cultures. Les gens vivent ensemble malgré leurs difficultés et le passé lourd qu’ils ont en commun.»

Pour l’heure, Marie-Fleur ne se voit pas revenir en Suisse, bien que sa famille et ses amis lui manquent, et même si les baignades dans les lacs lui font défaut: «Ici on vit au bord de la mer, dans un climat méditerranéen, mais on ne peut pas se baigner à cause de la pollution. On ne fait que bronzer!»

Les bons plans de Marie-Fleur
 

  • Café: Aaliya’s Books, librairie avec fauteuils confortables, bons cafés et plats du jour
  • Danser: club Ballroom Blitz ou The Gärten; Mezyan, un restaurant qui se transforme en piste de danse, musique arabe
  • Bars: Demo, concerts live et cocktails; Riwaq, terrasse, concerts, cuisine, cocktails; Kalei, calme au cœur de Beyrouth
  • Atmosphère: le quartier arménien Bourj Hammoud, semblable à un village