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Les acrobates des airs

Le Parc des rapaces de Buchs (SG) est unique en Suisse. Quelque 75 espèces d’oiseaux y évoluent avec grâce. Leur vol fascine petits et grands. 

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Christoph Kaminski
29 juillet 2019

Juanita, la buse de Harris est l’une des stars du spectacle de voltige du parc.

Que ce soit dans un clip musical, une scène de film ou une publicité, les faucons, hiboux et autres rapaces ont souvent le premier rôle. Au Parc des rapaces de Buchs, dans le canton de Saint-Gall, ces oiseaux, entraînés par Lucien (65 ans) et Zora Nigg (59 ans), les propriétaires du zoo, se sentent chez eux.

«Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours eu un rêve: celui d’avoir un jour mon propre zoo», explique Lucien Nigg. Grâce à l’ouverture du Parc des rapaces en 2001, son rêve est devenu réalité. Le passionné a grandi dans une ferme avicole et s’était découvert très tôt un lien particulier avec les animaux. Il a investi trois années de sa vie dans ce projet.

Situé en dehors de la petite ville de Buchs avec ses 13 000 habitants et doté d’une superficie de près de 10 000 m2, le zoo abrite 75 espèces d’oiseaux du monde entier, uniquement des rapaces. Au total, 190 oiseaux adultes y vivent.

Zora et Lucien Nigg présentent Carlos, le grand-duc,  et Terzi, l’aigle royal.

Un spectacle unique

«Parmi eux se cachent de véritables stars particulièrement appréciées du public», ajoute Zora Nigg: Jocho, l’aigle des lacs à tête blanche, Ikarus, le condor des Andes , Terzi, l’aigle royal et Carlos, le grand-duc. Ils font tous partie du groupe de voltige composé de 33 oiseaux qui fascinent le public chaque week-end avec leur spectacle.

Aux côtés des stars «étrangères», les espèces indigènes volent aussi avec grâce: l’aigle royal, la chouette hulotte, l’effraie, le hibou moyen-duc, le milan noir et le milan royal, le faucon pèlerin, parmi tant d’autres… Toutes ces espèces ont trouvé refuge au Parc des rapaces du couple. Il existe un grand absent toutefois: le gypaète barbu. Le plus grand oiseau de l’espace aérien suisse n’est quasiment jamais disponible à l’achat. «Cela s’est produit une fois», se souvient la spécialiste, «mais l’animal coûtait près de 20 000 francs».

De nombreuses espèces d’oiseaux sont menacées à l’échelle mondiale. Pour Lucien Nigg, cela n’est pourtant pas un argument contre la détention en captivité. Au contraire. «D’une part, nos oiseaux n’ont pas été prélevés dans la nature, ils sont nés dans le parc, sous notre surveillance, explique-t-il. D’autre part, nous participons aux programmes d’élevage européens ayant pour objectif la conservation des espèces menacées.» Selon lui, l’argument selon lequel ces rapaces majestueux ont un besoin de mouvement naturel et qu’ils ne peuvent s’épanouir en captivité ne tient pas. «Les humains pensent que les oiseaux vivant à l’état sauvage veulent profiter de leur liberté, affirme-t-il. En réalité, ils ne volent que lorsqu’ils chassent. 80 à 95 % du temps, il se reposent sur un arbre et économisent leurs forces.»

La meilleure nourriture

Dans le parc, les oiseaux n’ont pas besoin de chasser car Zora et Lucien Nigg leur préparent de copieux repas. L’année dernière, ils ont servi 19,8 tonnes de viande à leurs pensionnaires, exclusivement carnivores. «Nous leur donnons la meilleure viande», insiste Lucien. Les abats sont proscrits et la nourriture vivante interdite. Les conditions de détention d’animaux sauvages sont strictes. Elles sont devenues encore plus restrictives avec la nouvelle loi sur la protection des animaux de 2008. «Et c’est bien ainsi», commente l’ornithologue. Prenons l’exemple du condor des Andes: avec ses 15 kg et des ailes d’une envergure de plus de trois mètres, son enclos est censé mesurer 240 m3. Le couple en offre 400 à ses oiseaux.

Les naissances au sein du parc sont une preuve du bien-être des oiseaux. Les pygargues empereurs, par exemple, couvent chaque année, tout comme de nombreuses autres espèces du parc. Seul le couple d’aigles royaux n’a pas encore réussi à se reproduire. «Une question de temps», selon Lucien Nigg, l’éternel optimiste.

Parc des rapaces: Buchs (SG)

  • Heures d’ouverture: jusqu’à fin octobre: de mercredi à dimanche, en hiver: de vendredi à dimanche.
  • Spectacles: durant la saison estivale: les samedi et dimanche à 15 h, en semaine sur réservation (pour les groupes).
  • Entrée: 12 fr./8 fr. sans le spectacle, 20 fr./13 fr. avec le spectacle.

 

Autres informations ici: www.greifvogelpark.ch