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Tourisme

Mini-escale au Liechtenstein

Le Liechtenstein a soufflé cette année ses 300 bougies. La principauté, si proche et si liée à la Suisse, passe un peu pour notre 27e canton. Ce mini-pays reste toutefois un grand méconnu. Nous y avons fait un saut en famille.

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Getty Images | Liechtenstein Marketing | Fotolia
02 décembre 2019

Résidence princière, le château de Vaduz domine la capitale.

Et pourquoi pas un crochet jusqu’au Liechtenstein? Au retour d’un séjour aux Grisons, c’est le moment ou jamais de découvrir la minuscule enclave alpine. «On y va à pied?», s’inquiète notre cadet, qui trébuche à chaque syllabe de ce nom: le Liechtenstein, 160 kilomètres − soit un peu plus petit que le demi-canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures − n’a ni gare ni aéroport. Mais Vaduz, sa capitale, ne se trouve qu’à 25 minutes en transports publics de la gare de Sargans (SG).

Partout, les rues sont parées pour le jubilé.

A bord du bus LIEmobil, nous avons vite fait de franchir le Rhin, au milieu duquel court la discrète frontière. Même si la principauté partage avec la Suisse le franc, la Challenge League, le cordon- bleu et... la Coop, elle reste une nation à part entière, forte d’une monarchie milliardaire, de quelque 38000 habitants et de deux fois plus de touristes par an.

De tous côtés se dresse le paysage alpin rugueux qui enserre la vallée. Voici le château médiéval de Gutenberg, à Balzers. Pour nous, ce sera le terminus à l’arrêt de la Poste, à Vaduz. Qui a dit qu’une monarchie, c’est forcément rétro? La zone piétonne aligne des façades futuristes, boutiques et cafés. Et partout des sculptures contemporaines qui transforment le Städtle (centre-ville) en musée à ciel ouvert.

Pour explorer le cœur de la principauté, le nez en l’air, rien de tel qu’un Détective-Trail. Le nouveau Parlement au toit pointu, les étranges gargouilles de l’église Saint-Florin, cathédrale depuis seulement 1997… On longe ensuite le Giessen, un ruisseau renaturé qui invite à la flânerie dans le «Central Park» local.

Au centre-ville, l'art s'expose à ciel ouvert.

Tschüss Vienne!

Enigme n° 6: «Vois-tu le château?» Facile, de sa terrasse rocheuse, la forteresse surplombe le chef-lieu. Résidence princière, elle n’est pas accessible au public, mais le panorama depuis ses hauteurs vaut le détour. En fait, ce n’est qu’en 1938 que l’héritier du trône y fixa son domicile permanent, quittant Vienne en raison des événements politiques. Les maîtres des lieux actuels sont le prince régnant Hans-Adam II von und zu Liechtenstein − le premier de la dynastie natif du pays − et son fils, le prince héritier Aloïs, qui gère les affaires courantes.

Le petit train touristique ne circulant qu’à la belle saison, nous marchons jusqu’aux vignobles princiers. Ces coteaux réchauffés par le foehn produisent le vins des caves du prince. Le Mitteldorf (village du milieu) aux ruelles pavées rappelle qu’en plus de l’industrie et de la finance, le pays cultive son passé rural, visible dans les alpages environnants ou les stations de ski telles que Malbun.

Les Liechtensteiner Käsknöpfle sont les cousins de nos spätzli au fromage.

L’expédition nous a ouvert l’appétit. Le Liechtenstein n’a pas vraiment de gastronomie propre, mais a adopté sans complexes les spécialités helvétiques et autrichiennes. Les steaks hachés, apfel­strudels et Cie font notre bonheur. A la table voisine, des dames bavardent en dialecte local, un mélange d’autrichien du Vorarlberg et de Schwyt­zertütsch oriental. A Zurich, dans le doute, on s’adresse en allemand standard aux sujets du prince. Si ces derniers ne sont pas multilingues, ils ont le français obligatoire à l’école, comme en Suisse.

Jouer les espions au musée

Après une nuitée à Triesen, direction le Musée national et son exposition spéciale jubilé, pour voir la réplique de la couronne princière et la pierre lunaire dans la Salle du Trésor. On y accède par un sas de sécurité: coincés dans le noir, on joue aux espions. Puis changement de décor au Musée des Beaux-Arts, un imposant cube noir de béton et de basalte. Chocolat chaud au café-boutique pour les uns, et pour les autres, un aperçu de la riche collection d’art moderne.

Pour l'an 2000, la principauté s'est offert un nouveau Musée d'art moderne

Il est temps pour nous de repasser le Rhin. Pour une fois, les enfants ont tout retenu de notre halte dans ce pays lilliputien, où chacun se tutoie, à la fois si familier et tellement dépaysant. Et notre cadet peut même en épeler le nom! 


Pour découvrir

A l’occasion du 300e anniversaire, le Liechtenstein a lancé l’appli LIstory (en anglais et allemand). Celle-ci présente 147 points d’intérêt répertoriés le long des 75 km du «Liechtenstein Trail» par monts et par vaux. Pour les familles, l’Adventure Pass, disponible en ligne ou à l’office du tourisme à Vaduz, permet d’obtenir des rabais et entrées gratuites pour différentes activités dans toute la principauté.

Plus d’informations sur le site: www.tourismus.li


Un peu d’histoire

1699/1712
Le prince Johann Adam Andreas von Liechtenstein, un noble viennois proche des Habsbourg, rachète la seigneurie de Schellenberg et le comté de Vaduz.

23 janvier 1719
L’empereur Charles VI élève ces deux territoires unifiés au rang de principauté impériale, renommée d’après la dynastie Liechtenstein.

1806
La principauté devient un Etat souverain au sein de la Confédération du Rhin créée par Napoléon.

1924
Union douanière avec la Suisse et adoption du franc suisse.

1938
Le prince Franz Josef II von Liechtenstein quitte Vienne pour se fixer à Vaduz.

1995
Adhésion à l’Espace économique européen.