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TOURISME

Montreusian Rhapsody

Depuis la sortie du biopic à succès sur le groupe Queen, Montreux connaît une forte affluence touristique. Même si la ville n’apparaît guère dans le film, elle reste indissociable de la vie de Freddie Mercury qui y vécut entre 1979 et 1991.

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Valentin Flauraud
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Jasmina Slacanin
25 février 2019

Un Freddie Mercury en bronze, immortel, lève triomphalement le bras fixant l’horizon du Léman sans fin. Des fleurs fraîches sont posées à ses pieds. Un groupe de jeunes touristes s’arrête pour l’admirer et prendre des selfies. Un passage obligé pour tous les fans de l’artiste avant de se rendre au Casino Barrière, à quelques pas de là, pour admirer le musée consacré à Queen. L’emplacement de cet espace (entrée gratuite) n’a rien d’anodin car c’est entre ces mêmes murs que se trouvait le célèbre Mountain Studios acheté par Queen en 1979. Un lieu chargé d’histoires et d’émotions. C’est là, notamment, que Freddie chanta les dernières notes de sa vie dans un album intitulé «Made in Heaven» sorti en 1995, soit quatre ans après sa mort. Une chanson, «A Winter’s Tale», parle de Montreux et de son calme.

Trouver la paix de l’âme

Pour Freddie, Montreux rimait avec travail et tranquillité. «Comme c’était un perfectionniste, il voulait le meilleur studio et le meilleur ingénieur du son. Le meilleur studio était le Mountain Studios, et le meilleur ingénieur du son était David Richards», explique Norbert Müller (63 ans), un passionné de musique qui possède un magasin de souvenirs et d’objets uniques du groupe Queen face au marché couvert. Freddie était aussi connu pour sa vie trépidante, très médiatisée, où la fête faisait partie du quotidien. Autant dire que Montreux ne répondait pas à ce besoin-là. C’est surtout vers la fin de sa vie que l’artiste a su l’apprécier. Il pouvait se balader librement sans être harcelé par les fans ou les paparazzi. «Ici, les artistes avaient la paix. Nous en croisions tellement dans les bars ou restaurants, mais nous ne les dérangions jamais. Freddie disait, «si tu veux la paix de l’âme, viens à Montreux», ajoute Norbert Müller avec passion. Ce dernier pourrait écrire des romans sur toutes les anecdotes qu’il a vécues dans la région. Il a notamment fait son apprentissage d’employé de commerce à l’Office du tourisme, à l’époque où Claude Nobs en était le sous-directeur. Dans son magasin, il ne compte plus les célébrités venues faire du shopping comme David Bowie ou Michael Jackson. Entre 2002 et 2013, Norbert a mis sur place des visites guidées spéciales Freddie Mercury à Montreux. Une époque où les lieux que fréquentait le musicien étaient bien plus nombreux.

Norbert Müller, un passionné de musique, nous emmène en balade dans le Montreux de Freddie.

Un patrimoine perdu ou presque

La Bavaria, un restaurant populaire servant des plats de brasserie, très apprécié de Freddie, a déménagé. Le célèbre White Horse qui a vu défiler tant de stars n’est plus. La Petit Palais, une salle de concert où tant de célébrités ont joué (dont Queen) est désormais une salle des congrès et de banquets. L’appartement de Freddie, au quai des Fleurs, où il a vécu jusqu’à une semaine avant sa mort, a été vendu et ne peut pas être visité. Idem pour la Lake House (ou Duck’s House), où il a également habité et qui figure en photo sur la pochette de l’album «Made in Heaven». On peut voir cette dernière du lac, mais sans y entrer bien sûr. Alors, que reste-t-il aujour- d’hui? En plus du musée, ouvert en 2013, où l’on peut admirer les costumes, les manuscrits ou tester la table de mixage, les fans, «de plus en plus jeunes» selon Norbert Müller, peuvent se rendre au Fairmont Le Montreux Palace où Freddie Mercury louait une suite. En observant la vue sur les montagnes et le lac, depuis son balcon du dernier étage, on comprend pourquoi le chanteur y résidait fréquemment.

Après «Bohemian Rhapsody»

Si le tourisme lié à Freddie connaît un nouveau moment de gloire, ce n’est donc pas pour le nombre de lieux à visiter, mais grâce à la sortie du biopic «Bohemian Rhapsody».

Au musée, la fréquentation a doublé entre décembre 2017 et 2018 et presque triplé pour le mois de janvier 2019, selon les responsables. Et ce même si Montreux n’apparaît pas dans le film. «The show must go on» dirait Freddie.