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La Rolls-Royce des brasseries

Ouverte depuis seulement trois ans, à Martigny, la brasserie WhiteFrontier a su s’imposer en Suisse. L’Irlandais Christopher Treanor, son maître brasseur, développe des recettes comme il respire. Il en compte déjà une centaine, tous styles confondus.

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Louis Dasselborne
22 juillet 2019

Christopher Treanor a carte blanche. Ses créations s'adressent aux «beergeeks» et au grand public.

Lorsque le Belge Nicolas Roberti, diplômé en marketing, décide de lancer la marque WhiteFrontier à Martigny, en 2016, il ne fait pas les choses à moitié. Il commence par équiper la brasserie en devenir d’un matériel haut de gamme avant d’engager du personnel qualifié.

Au même moment, Christopher Treanor, diplômé en biotechnologie à l’Université de Dublin, travaille en tant que maître brasseur chez Galway Bay en Irlande. Quand il découvre l’annonce pour un emploi chez WhiteFrontier, il postule sans hésiter. «Il était impossible de dire non à cette Rolls-Royce des brasseries. C’était un projet tellement ambitieux!», explique-t-il. Il ne le sait peut-être pas encore à ce moment-là, mais il va réaliser le rêve de nombreux brasseurs. A seulement 29 ans aujourd’hui, Chris Treanor bénéficie d’une grande liberté puisqu’il a carte blanche sur les produits qu’il souhaite développer.

Il se fait plaisir en explorant divers styles, et en participant de plus en plus à des collaborations avec des brasseries parfois très célèbres. Comme avec les Danois de To Øl, avec qui il a créé la Subtle Twist, une Gose noire aux cerises. Cette mousse agréablement acide et finement salée est actuellement disponible à la pression dans un des vingt robinets du «taproom» de WhiteFrontier.

En plus de la créativité, – qui ne représente certes que 20% de son cahier des charges, une grande part étant dédiée à la bureaucratie –, Chris Treanor bénéficie d’un autre avantage. Il ne porte pas sur ses épaules la pression financière. Contrairement aux brasseurs indépendants, qui luttent parfois durement pour leur survie, il reste un employé.

Déconnecter et profiter de la vie

Ce qui a aussi décidé ce jeune passionné de s’installer en Valais est son amour de la montagne. Le nom de la brasserie ainsi que nombre d’étiquettes, au visuel jeune et dynamique, créés par Adrien Beaujeant, affichent aussi fièrement ces symboles naturels. La Log Out & Live par exemple (en couverture de ce numéro), l’une des trois bières de WhiteFrontier vendues chez Coop, s’inspire de la vie à la montagne. «Son nom signifie déconnecter et vivre. On éteint Internet, on fait une pause pour profiter de la vie», explique le brasseur.

Pour la recette de cette Pale Ale, il s’est inspiré de celle de la brasserie américaine Sierra Nevada, ne serait-ce que pour la couleur. Ce produit fait aujourd’hui partie des cinq bières brassées toute l’année. Les autres étant des «one shot» (brassées une fois seulement).

L’eau de Martigny

La spécificité de la région influence le goût des bières de WhiteFrontier. «L’eau est exceptionnelle ici, insiste le brasseur. Elle est douce, comme l’eau de Pilsen, ce qui est excellent pour les fermentations basses, mais c’est aussi une bonne base pour les autres styles.» La jeune brasserie a tout d’une grande. La première année, elle a produit 1200 hl, l’année dernière 4000 hl, cette année 7000 hl sont prévus, quant à 2020, 12000 hl sont visés. La Suisse représente les 60-70% du marché. A l’étranger on en trouve déjà en France (deuxième marché après la Suisse), en Allemagne, en Italie, au Danemark, en Angleterre, en Irlande et aux Pays-Bas. Bref, on n’a pas fini d’en entendre parler.

Log Out & Live (en couverture), American Pale Ale, est disponible dans tous les points de vente Coop du Valais, 3 fr. 30, la bouteille de 33 cl.

 

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