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Nouveautés chez Coop: véganissime

Tendance L'Allemand Jan Bredack a créé Veganz, une chaîne de supermarchés ne comprenant que des produits qui ne sont pas d'origine animale. On en trouve désormais chez Coop.

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Fritz Schumann, DR
30 mai 2016

Une oasis de verdure habille la cour intérieure du siège de Veganz, à Berlin, où pose Jan Bredack.


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L'enthousiasme de Jan Bredack est communicatif: «Vous devez goûter ça», nous enjoint-il en nous tendant un sachet de biscuits et de bonbons.
Cet Allemand de 44 ans est le fondateur de Veganz, la première chaîne de supermarchés véganes d'Europe, dont le siège est à Berlin. Au département développement, des cartons remplis de snacks et de douceurs Veganz s'entassent autour des bureaux. «Nous aurons bientôt des glaces dans l'assortiment. Ainsi que des saucisses à griller!» lance, malicieusement, l'homme aux yeux bleus.
Ayant grandi en RDA, ce mécanicien de formation a tout fait très vite: papa à 19 ans, il s'est marié jeune et a fait une carrière fulgurante au sein du groupe automobile Daimler, devenant responsable des ventes de véhicules utilitaires à seulement 29 ans.

Des produits Veganz, dont plusieurs sont disponibles chez Coop.

Un burn-out, une nouvelle vie

Parallèlement à son métier, l'Allemand a décroché un Master of Business Administration (MBA) à l'Université de Saint-Gall. Quand soudain, le clash… En 2008, ce père de trois enfants fait un burn-out. Il a 36 ans. Sa relation avec son épouse vole en éclats.
Il rencontre alors une végétarienne convaincue, qui deviendra sa seconde épouse. «C'est en grande partie elle qui m'a incité à réfléchir à ce que je mange.»
Il change totalement son alimentation ainsi que sa façon de vivre et devient végétarien, puis végane (ndlr: le végane ne mange et ne porte que des produits qui ne sont pas d'origine animale).
En 2011, il crée son premier supermarché totalement végane à Berlin. Aujourd'hui, il existe dix magasins Veganz: huit en Allemagne, un à Vienne et un autre à Prague. Et depuis deux ans, Jan Bredack mise aussi sur des coopérations. Des produits Veganz sont ainsi désormais disponibles chez Coop.
Ce patron emploie près de 220 personnes, dont presque la moitié dans la capitale allemande. La majorité sont des femmes, ce qui n'est pas un hasard: elles constituent environ 70% de sa clientèle. Tous les employés de Veganz doivent-ils être véganes? «Pas forcément», répond Jan Bredack. Mais il précise que c'est un avantage pour le personnel des supermarchés afin de savoir de quoi on parle avec les clients.

Achats insatisfaits inspirants

Jan Bredack sait de quoi il parle. «Mon entreprise est née du fait que je ne trouvais pas ce que je voulais quand je faisais mes achats.» En 2008, après son burn-out, il a continué de travailler pour Daimler et il est parti quelques années en Russie. C'est là qu'il a eu l'idée de Veganz. En juillet 2011, toujours fixé à Moscou, il a ouvert son premier magasin à Berlin. L'inauguration l'a définitivement convaincu qu'il avait vu juste: «Nous avons été assaillis par la presse et les clients. Et le succès est toujours au rendez-vous aujourd'hui.»
Quelques mois plus tard, il quitte Daimler. Dès lors, il se consacre totalement à Veganz. Difficile de faire autrement: l'entreprise croît tellement rapidement qu'il réinvestit immédiatement tout l'argent qui rentre.

Biscuits, mayonnaise ou pizzas surgelées… Dans un supermarché Veganz, tous les produits sont véganes.

Critiques et menaces

Un tel succès a également suscité de l'animosité de la part des véganes purs et durs. «La scène végane originelle est plutôt anticapitaliste», explique le fondateur de Veganz. «Et voilà que surgit un type qui est végane mais utilise les règles du capitalisme.» Pour beaucoup, c'est incompatible. «Lorsque nous avons ouvert le deuxième magasin, nous étions déjà considérés comme de gros capitalistes.» Il y a eu des graffitis ainsi que des appels au vol. Sa famille a même été l'objet de menaces. «Au début, ça m'a beaucoup affecté.» Il s'est senti incompris. «Je voulais juste que le monde devienne un peu plus pacifique et que davantage de personnes se décident à devenir véganes.» Au cours des deux premières années, il avoue avoir souvent douté de lui et de son idée. Entre-temps, il s'est accommodé de la situation. «Je ne prends plus ces pourfendeurs au sérieux et je ne consulte plus les forums véganes et anti-véganes.»
Et comment voit-il l'avenir? Le véganisme sera-t-il de plus en plus tendance? «Oui, mais cela ne veut pas dire pour autant que les gens deviendront tous véganes», répond Jan Bredack. Aujourd'hui déjà, des consommateurs non véganes se mettent à goûter des spécialités véganes. «Beaucoup testent volontiers l'un ou l'autre de ces produits et s'il est à leur goût, ils en rachètent.»

Sucreries à succès

Les spécialité sucrées de Veganz se vendent particulièrement bien. Les plus appréciées sont paraît-il les biscuits fourrés. Ces derniers ne sont plus livrables actuellement en Allemagne. «La production est tellement surchargée que nous avons même dû réserver un certain nombre de palettes pour Coop.»
Une alerte retentit sur le téléphone portable de Jan Bredack. Une collègue frappe à la porte: la prochaine réunion n'attend pas…

Témoignages

Le gérant du Veganopolis Café est fier de travailler en accord avec ses valeurs: «Je suis venu petit à petit au véganisme, pour des raisons environnementales et éthiques. Je suis ravi de travailler au Veganopolis Café, le premier take-away 100% végane de Lausanne. Parmi les plats que j'aime cuisiner au quotidien, il y a les lasagnes. Je remplace la viande hachée par des protéines de soja texturées et je fais une béchamel avec de l'huile et du lait végétal. Les gens sont bluffés: c'est à s'y méprendre avec l'originale.»

Cette chiropraticienne, qui tient le blog Plantastique.com, ne mange plus de produits d'origine animale depuis sept ans: «Le véganisme est un mode de vie sain. Si on aime cuisiner, c'est très simple de manger végane. Il suffit d'être curieux. Avec quelques astuces, on peut avoir une vie très occupée et se concocter des repas rapides. Quand j'invite des gens chez moi, je cuisine végane. Et quand je suis invitée, je prépare les desserts: on me les réclame tellement ils sont bons!»

Propos recueillis par Joëlle Challandes

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