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Les insectes, c'est leur combat

Trois jeunes gens ont fondé une start-up dans le canton d’Argovie. Ils élèvent des insectes selon les directives strictes du Bourgeon de Bio Suisse. Le trio est animé par la foi en un avenir meilleur et plus durable.

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Kostas Maros
13 mars 2017

Christian Bärtsch, Benjamin Steiner et Mina Gloor luttent pour l'acceptation de nourriture à base d'insectes. Ils se sont lancés eux-mêmes dans l'élevage de vers de farine et de grillons.

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A Endingen (AG), le temps semble s’être arrêté. Pourtant, là aussi, on trouve des esprits entreprenants qui pensent à l’avenir des générations futures: dans l’une des fermes, trois jeunes gens se consacrent à l’élevage d’insectes.

Des dizaines de cageots rouges s’entassent dans une grande pièce, cageots qui bruissent lorsque l’on écoute attentivement. «Des milliers de ténébrions meuniers vivent ici dans des conditions d’hygiène strictes et passent par les quatre étapes de leur vie», explique Mina Gloor (35 ans). La jeune femme s’est spécialisée dans l’élevage de reptiles, dont les insectes constituent la nourriture préférée. «Jusqu’au jour où j’ai réalisé que ces derniers pouvaient tout aussi bien figurer à notre menu», dit-elle convaincue.

Les vers de farine ne mangent que du son de blé. A part cela, ils ne sont pas exigeants. Ils adorent les cartons à œufs parce qu'ils peuvent bien s'y abriter.

Elevage bio dès le départ

Benjamin Steiner (39 ans) a également été pris de passion pour les insectes. Lui et ses collègues ont installé un élevage dans la maison parentale. «J’ai exercé la profession de vétérinaire de campagne pendant plusieurs années, puis j’ai travaillé dans l’industrie pharmaceutique, raconte-t-il. Les problèmes liés à l’élevage d’animaux de ferme m’ont poussé à trouver d’autres débouchés.»

Pour lui, les insectes constituent une bonne alternative. «Ce sont les animaux les plus efficaces pour transformer les aliments d’origine végétale en protéines animales. Et celles-ci peuvent être plus facilement assimilées par l’homme.» Pour Benjamin Steiner, il était essentiel que l’élevage soit d’emblée biologique. Le jeune entrepreneur cite trois des nombreuses exigences de certification: «Nos insectes ne reçoivent que des aliments bio. Nous nous passons complètement de produits chimiques et notre système de chauffage consomme très peu d’énergie.»

Christian Bärtsch est le troisième membre de l’équipe. Il s’occupe des ventes et du marketing et représente la locomotive de la jeune start-up «Ensectable». Bien qu’il n’ait que 29 ans, c’est un pionnier. «Avec des collègues, nous avons réussi à modifier la loi sur les denrées alimentaires en 2017 pour que certains insectes puissent être vendus comme aliments sans autorisation.» L’économiste et diplômé de l’Université de Saint-Gall n’est pas intéressé à gagner beaucoup d’argent avec les insectes. Ce qui le fascine davantage, c’est le fait que «les insectes ont besoin de beaucoup moins d’eau et de nourriture. Ils produisent aussi beaucoup moins de gaz à effet de serre que les autres sources de protéines animales», explique-t-il. Combien de temps faudra-t-il pour que la nourriture à base d’insectes soit largement acceptée en Suisse? «Nous avons encore besoin d’un peu de temps pour cela. Mais quand je considère qu’en une génération notre alimentation est déjà très différente de celle de nos parents, je suis optimiste.» 

Burgers et boulettes

En qualité Bio Suisse

Les recettes des hamburgers d’insectes (8 fr. 70/170 g) et des boulettes d’insectes (7 fr. 80/150 g) d’Ensectable ont été remaniées et ces produits sont maintenant disponibles dans les hypermarchés Coop. Tous les ingrédients répondent aux directives strictes du Bourgeon de Bio Suisse.