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Saveurs

De bon matin: le petit-déjeuner

Que mettre sur la table du petit-déjeuner? C’est avant tout une question de goût! La rédaction de «Coopération» vous dévoile ses préférences.

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Heiner H. Schmitt; Infographie: Caroline Koella source «Manger rapidement et sainement», Étude de coop avec la société suisse de nutrition, 2009.
03 avril 2018

 

Reportage

 

Si beaucoup de personnes ressentent le besoin de refaire le plein d’énergie au réveil, d’autres sont incapables d’avaler quoi que ce soit. Les hommes seraient ainsi plus nombreux que les femmes à sauter régulièrement le petit-déjeuner, selon une étude de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Ils déjeunent en moyenne 5,5 jours par semaine, contre 6,2 pour les femmes (voir notre infographie en page 21). Un choix qui appartient à chacun. «Chez les jeunes, en revanche, le petit-déjeuner a toute sa raison d’être: que ce soit à l’école ou sur le lieu de formation, il favorise la concentration. Si votre enfant ou votre ado rechigne à avaler quelque chose, un verre de lait ou un jus de fruit peut faire l’affaire. L’essentiel étant de redonner au moins un peu d’énergie à l’organisme», précise Ilona Sánchez García.

Rompre le jeûne de la nuit

Il faut savoir que même lorsque nous dormons, notre corps consomme de l’énergie, et donc des calories, pour maintenir les fonctions vitales (circulation, respiration, etc.). «Le petit-déjeuner permet de reconstituer les réserves de l’organisme et nous donne l’énergie nécessaire pour bien démarrer la journée», indique la diététicienne. Plutôt que de prendre un petit-déjeuner à la maison, certaines personnes préfèrent s’accorder un petit pain au chocolat dans la matinée. Ce n’est pas se rendre service selon l’experte! Du muesli, un yogourt ou des fruits s’avèrent de meilleurs choix pour la santé. La crainte de s’empiffrer d’autant plus dans la journée si l’on boude le petit-déjeuner n’est, quant à elle, pas fondée. Des études montrent que les personnes qui sautent ce premier repas mangent peut-être un peu plus copieusement à midi, mais qu’à la fin de la journée, elles auront finalement consommé moins de calories que ceux qui prennent un petit-déjeuner.

Zapper ce premier repas n’est donc pas dramatique. C’est aussi l’avis de l’Office américain de prévention des maladies et de promotion de la santé (Office of Disease Prevention and Health Promotion) qui, depuis peu, relativise l’absolue nécessité de petit-déjeuner.

Commencer la journée à jeun est d’ailleurs une pratique de l’homme qui ne daterait pas d’hier… Un regard sur les temps préhistoriques nous le laisse en tout cas supposer: les paléoanthropologues tentent de reconstituer l’alimentation des premiers hommes. Une tâche ardue. Or l’examen d’anciennes mâchoires nous éclaire sur leur régime
alimentaire (viande, écorces, feuilles, noix, fruits, diverses plantes). Comme ils devaient chasser ou cueillir pour se nourrir, les chercheurs pensent que nos ancêtres mangeaient principalement le soir, autour d’un feu assurant chaleur et protection. On imagine donc qu’ils démarraient la journée le ventre vide, n’ayant pas d’autre choix.

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Plus dynamique le matin

Toutefois, avaler quelque chose le matin apporterait un avantage au niveau physique, selon certaines études. Le nutritionniste James Betts de l’Université de Bath (Royaume-Uni) a ainsi démontré que les personnes prenant un petit-
déjeuner étaient plus actives que celles qui n’en prennent pas. Le corps humain serait en effet programmé pour compenser la perte de calories par une activité réduite. Cette info en tête, à vous de voir quels jours il est crucial de prévoir une dose d’énergie au réveil, selon votre programme!

L’étude de James Betts a révélé un autre élément intéressant: la glycémie des «petits-déjeuneurs» est plus stable l’après-midi et le soir. Reste à présent à déterminer si un petit-déjeuner équilibré pourrait aider à réduire le risque de diabète de type 2.

La plupart des gens déjeunaient autrefois en famille, à la maison. Ces habitudes ont changé, et de nombreuses personnes mangent désormais à l’extérieur. Helmut Haingartner, gérant de deux restaurants Marché dans le canton de Lucerne, observe une clientèle matinale éclectique: familles, hommes d’affaires, touristes viennent petit-déjeuner dans l’établissement. Au niveau du menu, les standards ont toujours la cote: «Notre petit-déjeuner marche très bien: il est composé d’un croissant, d’un petit pain avec du beurre, de la confiture et du café bio équitable.» Des produits à la mode tels que smoothies, infusions, ou chocolats faits maison se sont aussi glissés sur la carte. Une chose en particulier frappe le gérant: «Les gens mangent de manière toujours plus saine et plus consciente. Les hommes aussi. Ils sont mieux informés qu’avant et font plus attention à leurs choix alimentaires.»

Si les envies des consommateurs évoluent au gré des tendances, les classiques comme le miel bio ou les confitures bio voient leurs ventes augmenter dans les magasins Coop. Parallèlement, les alternatives au petit-déjeuner traditionnel ont plus que jamais le vent en poupe. Le porridge, le muesli et les smoothie bowls (un mix de fruits, de yogourt, de graines et de granola, à combiner selon ses envies) sont très populaires. Tout comme les pâtes à tartiner alternatives, telle que la purée d’amande.

L’idéal, diététiquement parlant, reste de se tourner vers des produits qui ne contiennent peu, voire pas du tout de sucre pour ce premier repas. Abstraction faite d’éventuels problèmes de santé, le petit-déjeuner reste sinon une affaire de goût. Et de culture! Si on a tendance à ne jurer que par les tartines et les céréales, dans d’autres contrées, le menu classique du matin est salé, et on retrouve des œufs, de la charcuterie ou du fromage sur la table. Plus exotique, dans certains pays asiatiques, le petit-­déjeuner traditionnel se compose de… riz, de soupe, de nouilles et de poisson!
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INDISPENSABLE: Emmanuelle Peter (38 ans), Cheffe de production

«Peu importe l’heure à laquelle je me lève. Qu’il soit 3 heures ou 9 heures du matin, je dois prendre mon petit-déjeuner. Ce repas est indispensable pour bien démarrer la journée, sinon gare à ma mauvaise humeur! C’est presque un rituel: un long café noir, des tartines de pain avec du beurre et de la confiture. En semaine, je me lève toujours plus tôt − et surtout avant  que mes enfants de 2 et 4 ans ne se réveillent − pour tranquillement petit-déjeuner. C’est un moment sacré, serein, juste pour moi. Une vraie tranche de bonheur.»

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ASIATIQUE: Nadine Bauer (42 ans), responsable de la rubrique «Saveurs» (Coopzeitung)

«Juste au saut du lit, je bois d’abord un thé vert, c’est tout ce que je peux avaler. Mais une fois dehors et en route pour le travail, alors les choses sérieuses peuvent commencer. Mon envie du moment: des œufs Bénédicte (de préférence nappés d’une sauce hollandaise à la truffe), une soupe miso, des nouilles de riz sautées ou des dimsum, le toutbien chaud et goûteux! Oui, mais voilà: où trouver ça à emporter sur le chemin de la rédaction? Seul compromis possible: un sandwich au thon acheté en boulangerie. Les petits-déjeuners asiatiques, il n’y a que ça de vrai!»

VITAMINÉ: Morgane Roth (25 ans), rédactrice multimédia

«Ma mère m’a transmis cette culture du petit-déjeuner: de se prendre un temps, le matin, pour préparer un repas avant d’aller travailler. J’avais l’habitude de manger des tartines ou des céréales. Mais pendant mes études à Strasbourg, il y avait un bar à smoothies près de chez moi et j’ai découvert cet excellent jus vitaminé. Je me suis alors prise au jeu de préparer moi-même mes mixtures en alliant les fruits de saison. En hiver, il s’agit plutôt d’agrumes, de kiwi, de poire. En été, j’aime beaucoup les mélanges de fruits rouges. C’est simple, rapide à faire et très sain pour attaquer la journée!»

VITE FAIT BIEN FAIT: Thierry Délèze (50 ans), rédacteur en chef

«Mon petit-déjeuner dépend du train que je vais prendre le matin pour me rendre au travail. S’il s’agit de celui de 7 heures, ce qui est en règle générale la norme, la version express s’impose et se décline en trois temps: un jus d’orange avant de partir, un yogourt aux céréales dans le train et le café en arrivant à la rédaction. Pour le train de 7 h 30, ce qui m’arrive malheureusement moins souvent, je prends le temps de le manger à la maison: café, croissant ou bol de muesli. Plus copieux, mais ça reste très raisonnable. Le meilleur de la semaine, je le garde pour le dimanche, en famille, où confitures, miel et tresse garnissent la table.»

OPTION SANTÉ: Tatiana Tissot (32 ans), journaliste lifestyle

«Je suis une grande fan de muesli! C’est mon petit-déjeuner idéal pour les matins où je peux prendre le temps. Et c’est très rassasiant! Dans mon placard, un étage entier est dédié à mes bocaux de céréales - flocons d’épeautre, d’avoine ou de riz, mélange de muesli croustillant, etc. Je pioche dedans selon mon inspiration du jour! Par-dessus, j’ajoute encore des graines de courge ou de tournesol, et quelques amandes. Il ne manque plus qu’un fruit: selon ce que j’ai à disposition, des tranches de pomme, de banane ou alors des framboises sorties du congélateur. J’accompagne le tout de lait d’amandes ou d’un yogourt nature.»

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