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Fondus de fondues décalées

Le plat national se décline avec originalité chez les Valaisans Jennifer et Arnaud Favre. Ils ont créé un livre de recettes de fondues, une pour chaque semaine de l’année, et l’association des Compagnons du Caquelon.

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Valentin Flauraud
30 septembre 2019

Ranger un caquelon dans ses valises pour les vacances d’été? Pour Jennifer et Arnaud Favre, cela va de soi. Car «une semaine sans fondue est une semaine perdue», affirment-ils dans leur livre «Haute Fondue» (Ed. Helvetiq).

Nous les rencontrons, lui, éducateur de rue, elle, gouvernante générale, chez eux à Riddes (VS), en famille. Dehors, il doit faire au moins 25 °C, mais l’enthousiasme dont ils font preuve pour ce plat nous gagne tout de suite. L’odeur non plus ne nous dérange pas. Et puis, il n’y a pas que l’ingrédient principal qui compte dans la fondue. Mais aussi l’esprit de convivialité qui entoure le réchaud posé au milieu de la table et qui fait de ce plat le champion du repas en commun.

Jennifer et Arnaud sont «publiquement» liés à la fondue depuis l’été 2012: «Nous étions au Café du Midi, à Martigny, célèbre pour sa grande carte de fondues, au fromage de vache, mais aussi de chèvre ou de brebis. Avec des amis et un bon verre à la main, nous nous sommes demandé comment déguster en une seule soirée la dizaine de fondues proposée. Nous avons tout de suite adopté une idée à l’unanimité: organiser le premier festival de fondues dans ce même restaurant», nous explique Arnaud.

Le succès a largement dépassé leurs attentes et les frontières du canton, à tel point que le groupe d’amis a jugé utile de créer une association, les Compagnons du Caquelon, mettant la fondue au centre de l’attention. «Et dire que nous ne pensions organiser qu’une seule édition», sourit Jennifer.

Aujourd’hui, cette association organise le «Festival de fondues», qui comptait quelque 2000 participants en août dernier, et «La grande caquelonnade», événement mêlant marché des accessoires de la fondue et art visuel sur le sujet. Puis il y a eu le livre «Haute Fondue» avec les 52 recettes de nos deux interlocuteurs. Clin d’œil à la «haute couture», il propose des recettes inédites, une pour chaque semaine de l’année.

Un brainstorming aux apéros

Le livre, d’une certaine manière, nous habitue à considérer la fondue comme un plat pour toutes les saisons. «Tous les ingrédients sont permis, sans jamais vouloir supprimer le goût du fromage», souligne Jennifer. Mais alors comment naissent les mariages, à première vue risqués, du fromage avec le sirop d’érable, le cervelas, les orties ou bien les abricots secs? «Brainstorming», répond Jennifer. «A l’occasion d’apéritifs», renchérit Arnaud. «La fondue-fraîcheur gingembre citron nous est venue à l’esprit en sirotant un thé froid l’été; celle au crumble de viande séchée en observant une planchette.» Des essais ont-ils été peu concluants? Jennifer et Arnaud se regardent: «La fondue à la liqueur de fleur d’edelweiss! Mais nous avons encore beaucoup d’autres idées», se hâtent-ils de dire. «Te souviens-tu de cette fondue au mojito que nous avons essayée dernièrement?», lui demande Jennifer. Elle nous donne un conseil: «Commencer la fondue avec la moitié des ingrédients complémentaires, ensuite la goûter. Et ajouter les autres progressivement, afin que la fondue corresponde au goût de chacun.» C’est ce qu’elle est en train de faire avec sa fondue à la purée de courge, jusqu’à ce que la consistance lui convienne.

De la ratatouille pour Arnaud

A table, Ewan veut nous montrer sa fourchette à manche télescopique qui l’aide à compenser l’inconvénient d’être le plus petit à table. C’est la première fois qu’il goûte la fondue à la courge: «J’adore!» Son papa n’apprécie guère les légumes. «Mais dans la fondue, j’arrive même à lui faire manger la ratatouille», explique sa femme.

«Fondue-fusion poivrons Grappa», «miraculeuse fondue chèvre miel noix», «fondue entre amis ail et échalotes»: ce ne sont que trois des 52 recettes du livre. «Nous essayons de moderniser ce mets, sans jamais perdre le goût du fromage. Nous avons la réputation d’être un peu fous, mais même les plus récalcitrants sont souvent surpris en bien quand ils goûtent l’une des nôtres», dit Arnaud en souriant, certain que la fondue aide à socialiser. Et cela le réjouit: «Cela me semble très important de nos jours. Les gens devraient avoir plus de temps à consacrer à la convivialité», conclut-il.

 

Recette

«L’ensorceleuse fondue à la courge»

Recette - étape 1

Faire cuire des morceaux de courge.

 

Recette - étape 2

Réduire les morceaux de courge en purée, assaisonner.

 

Recette - étape 3

Ajouter peu à peu la purée au fromage.

 

Recette - étape 4

Servez-vous d'une courge évidée comme caquelon pour présenter votre fondue.

 

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