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Healthy food, mode d'emploi

L’alimentation dite healthy, c’est-à-dire saine, a le vent en poupe, en particulier sur les réseaux sociaux. Tant mieux, à condition de respecter l’équilibre dans l’assiette.

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StockFood_Avalos Flores, Maricruz, Heiner H. Schmitt
18 novembre 2019

Féculents, légumes  et protéines: c’est parti pour un mets healthy équilibré.

Beaucoup de crudités, des dressages colorés de mets élaborés maison, avec des céréales complètes, des graines de chia, du tofu. Des assiettes majoritairement végétariennes ou véganes, souvent exemptes de gluten. C’est ça, la healthy food (nourriture saine). Hyper tendance sur les réseaux sociaux – ce hashtag compte près de 69 millions de publications sur Instagram –, le phénomène prend de l’ampleur. «Des cafés et des restaurants se distinguent à Genève en proposant des plats sains. On met cela en lien avec le plan cantonal de promotion de la santé et de prévention de 2006», observe Lucie Haye (26 ans), assistante d’enseignement à la Haute école de santé de Genève.

La diététicienne salue ce mouvement issu de la contre-culture des années 1960 aux Etats-Unis, prônant un retour à la nature et une méfiance pour les agents conservateurs, additifs et autres colorants: «Vouloir se responsabiliser davantage face à sa santé, c’est très positif.» Dans un contexte de préoccupation pour le climat, avec la nécessité de consommer moins de viande pour protéger la planète, elle estime que cette tendance alimentaire n’est pas près de s’essouffler. Mais avaler en nombre des avocats n’est pas forcément compatible avec un mode de vie durable… Lucie Haye l’admet: «Il est très en vogue parce que considéré comme de la superfood, particulièrement intéressante sur le plan nutritionnel. En voulant bien faire, on ne se rend pas nécessairement compte de certains paradoxes.»

Proximité et variété, de bons choix

La spécialiste recommande de consommer en priorité des produits locaux et de saison, à l’image de la betterave rouge, des lentilles ou du quinoa de Suisse romande: «Au-delà de l’aspect environnemental, récoltés à maturité, les fruits et les légumes sont plus riches en vitamines et en minéraux. Regardons d’abord ce qui pousse dans nos régions!»

Autre conseil: garder en tête que le corps a besoin d’une variété de denrées. En respectant les principes de l’assiette optimale, on veille à l’équilibre alimentaire. Celle-ci se compose de deux cinquièmes de féculents (quinoa, riz, sarrasin, lentilles, pommes de terre) deux cinquièmes de légumes ou de fruits et d’un cinquième de protéines, d’origine animale ou végétale. En termes de saveurs, Lucie Haye est convaincue que la healthy food peut exceller: «Il est important d’inclure des huiles dans l’assiette. Elles aident à donner du goût aux mets.»

Si les enseignes healthy fleurissent, elles ne sont pas les seules… Celles à burgers font le plein! «En étant toujours dans le contrôle et la recherche de l’alimentation parfaite, l’excès devient un interdit super attrayant», analyse la diététicienne. Moralité: pour tendre à un équilibre, il vaut mieux éviter les restrictions à l’excès qui conduisent aux écarts. Et privilégier les conseils individualisés des professionnels de l’alimentation à ceux diffusés sur les réseaux sociaux et les blogs. Enfin, Lucie Haye invite à éviter l’isolement. Pour bien manger, prenons le temps de savourer les aliments, bien accompagnés!

Claudia Neves, de Fribourg, a proposé le sujet de la healthy food

«La healthy food, c’est un style de vie que je cultive avec beaucoup de plaisir depuis quatre mois grâce à un coach en nutrition et en sport. On recherche l’équilibre dans l’assiette, sans restriction. Je ne fais pas de régime!»

 

Sherife Hamzaj, de Château-d'Œx (VD), pas inspirée par la healthy food

«J’associe la healthy food au bien-être et au sport. Pour ma part, je choisis ce que je mange en fonction du goût. J’aime découvrir les cuisines du monde. Mon plat préféré, c’est le poulet au curry rouge.»